ESPN DeportesJalen Williams y Wallace, de OKC, a cirugíaESPNZendaya, Dinah Jane headline celebrity appearances at WNBA FinalsCNN TürkMilas Belediye Başkanı Topuz, görevden uzaklaştırıldıPunchFG offers scholarships as RHV plans to train 400 robotic specialistsThe Jerusalem PostTrump says Brazil election looked 'rigged', defeated Bolsonaro's party recognizes Lula winInquirerDOT urges establishment owners to step up water conservation amid El NiñoZDF heuteEntdecken Sie das ZDF-Nachrichtenstudio한겨레손흥민에 “니하오” 외친 관중…팬들 “인종차별, 입장 권한 박탈하라”UOLLíder da oposição na Câmara pede explicações sobre pedido da PF para Flávio entregar passaporteSky TG24Carotenuto: Lula vince, ma a sinistra mancano giovani leader
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 27, 2026

Élections en Colombie-Britannique | Comment un inconnu a-t-il remporté une super majorité ?

Translate

Presque personne ne connaissait Lorne Doerkson lorsqu’il a été porté à la tête du Parti conservateur de la Colombie-Britannique le 20 septembre. Samedi, cinq semaines plus tard, le chef intérimaire a remporté les élections provinciales haut la main, avec une majorité convaincante de 64 sièges sur 93. Comment expliquer cette ascension fulgurante ?

Publié à

Quel était le contexte des élections ?

David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique et chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) provincial, a déclenché des élections anticipées deux ans avant la fin de son mandat actuel. Ses adversaires conservateurs venaient de connaître un été tumultueux sous la direction controversée de Kerry-Lynne Findlay, ex-ministre fédérale du gouvernement Harper.

« Quelques semaines avant la campagne, une douzaine de députés ont quitté le parti ou ont été expulsés », explique Stewart Prest, politologue à l’Université de Colombie-Britannique (UBC), à La Presse. « Elle avait un style populiste, repoussait des efforts de réconciliation [avec les Premières Nations] et a aliéné une part de sa base en embauchant des employés liés au séparatisme albertain. »

PHOTO RICH LAM, LA PRESSE CANADIENNE

Kerry-Lynne Findlay a été cheffe du Parti conservateur pendant seulement quatre mois, de mai à septembre 2026.

Quels sont les résultats ?

Le 24 octobre, avec 48 % des votes provinciaux, le Parti conservateur a remporté 64 sièges – bien au-delà du seuil de la majorité de 47. Le Nouveau Parti démocratique, dirigé par le premier ministre sortant, a chuté à 27 élus, avec 37 % du vote populaire. En complément, le Parti vert est allé chercher 11 % des voix et deux places à l’Assemblée législative de Victoria. Sa cheffe, Emily Lowan, l’une des deux élus, n’est âgée que de 26 ans.

Les élections ont cependant battu le record du pire taux de participation dans cette province de l’Ouest, seulement 48 % des électeurs inscrits se sont présentés aux urnes.

Qui est Lorne Doerkson ?

Député provincial d’arrière-ban depuis 2020, M. Doerkson a d’abord été élu sous la bannière du Parti libéral de la Colombie-Britannique, avant de troquer son veston pour celui du Parti conservateur en 2024. Le 20 septembre, il est devenu le leader intérimaire des conservateurs après la démission de Kerry-Lynne Findlay, qui s’était butée à une importante pression interne. Avant de faire le saut en politique, le nouveau chef de gouvernement a été cavalier au rodéo, éditeur de journaux locaux, conseiller financier et membre d’organisations communautaires.

PHOTO CHRIS HELGREN, REUTERS

Lorne Doerkson est devenu le 37e premier ministre de la Colombie-Britannique, samedi, à l’âge de 58 ans.

Dans la presse anglophone, il a été qualifié de « premier ministre le plus inattendu » au Canada. En fait, c’est la première fois de l’histoire du pays qu’un chef intérimaire est porté au pouvoir.

Quelles raisons expliquent ce dénouement ?

Il faut le voir comme une défaite du NPD plutôt qu’une victoire des conservateurs, indique Stewart Prest, de l’UBC.

« Eby n’a pas été capable de justifier cette élection. Il a parlé de Donald Trump, puis du coût de la vie… mais rien de nouveau par rapport à cela n’expliquait son choix. Sa propre campagne insistait sur la polarisation politique, mais c’est un script qui était clairement écrit pour critiquer Findlay. Ça ne marchait pas avec M. Doerkson », analyse-t-il, ajoutant que cette manœuvre a contribué à démotiver plus de 250 000 électeurs néo-démocrates qui ne se sont pas présentés aux bureaux de vote.

PHOTO JENNIFER GAUTHIER, REUTERS

David Eby était député depuis 2013 et premier ministre depuis 2022, avant d’être défait.

M. Eby a signé son propre arrêt de mort. C’est une véritable leçon de prudence sur les dangers de l’opportunisme politique et sur les campagnes négatives.

Stewart Prest, politologue à l’Université de Colombie-Britannique

En quoi le profil de Doerkson était-il convenable ?

Contrairement à Mme Findlay, qui était carrément perçue comme une « agente de chaos », son successeur est un conservateur modéré : un « type simple et accessible, à qui on peut s’identifier, et qui donne l’impression d’être une valeur sûre », comme le décrit M. Prest. « Le fait qu’il ne souhaitait pas activement assumer le leadership du parti a aidé sa cause », ajoute-t-il.

Est-ce un résultat historique ?

Certains médias le présentent ainsi. Techniquement, c’est vrai, car le Parti conservateur lui-même n’a pas remporté de victoire électorale en Colombie-Britannique depuis 1928, il y a près d’un siècle.

Il y a cependant une nuance importante à faire : d’autres gouvernements alignés au centre droit ou à droite ont gouverné durant plusieurs décennies en Colombie-Britannique. C’est le cas du Parti crédit social (1952-1972, 1975-1991) et du Parti libéral provincial (2001-2017), qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme fédéral.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour Ottawa et les autres provinces ?

Dans sa province, Lorne Doerkson promet de réduire les impôts des particuliers de 1000 $, d’accélérer la remise de permis en exploitation minière et forestière, puis de tripler la production de gaz naturel d’ici 2035.

Dans le Canada, la Colombie-Britannique fait l’objet d’un projet d’intérêt national : le pipeline Pacific Link, qui permettrait d’exporter le pétrole brut canadien à travers le monde. Long de 1250 km, l’oléoduc partirait de l’Alberta jusqu’à Robert Banks, au sud de Vancouver. Sa construction doit débuter en septembre 2027. Avec l’arrivée de Doerkson, les deux provinces, de même que Mark Carney, soutiennent ce mégaprojet. Ses chances d’aboutir sont donc très bonnes.

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.