Pouvoirs en immigration | Québec doit s’allier à l’Alberta, croit Éric Duhaime

(Québec) Au lendemain du référendum albertain, Québec doit saisir « l’occasion en or » de s’allier à l’Alberta pour réclamer à Ottawa des pouvoirs accrus en immigration, croit Éric Duhaime. Le chef conservateur propose même de jouer les entremetteurs entre Danielle Smith et Paul St-Pierre Plamondon.
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« On peut dire que l’Alberta a dit, au cours des dernières heures, non à la séparation, oui à l’autonomie. Et je pense que ça marque une occasion en or pour le Québec », a lancé M. Duhaime qui se proclame désormais comme la seule « voie autonomiste » présente à l’Assemblée nationale depuis l’effondrement de la CAQ.
Son premier geste comme parlementaire sera de déposer une motion d’appui à « la démarche autonomiste de l’Alberta » pour que l’Assemblée nationale affirme notamment sa volonté « de renforcer l’autonomie du Québec, d’accroître ses pouvoirs et de faire respecter pleinement ses compétences constitutionnelles ».
Le chef conservateur a dans sa ligne de mire le contrôle accru de l’immigration, le respect des compétences provinciales et la participation des provinces à la sélection des juges. « C’est une occasion de se donner un rapport de force beaucoup plus important », affirme M. Duhaime. Selon lui, il existe au Québec « un consensus » dans la société civile sur ces trois enjeux. Pas besoin, donc, de tenir au Québec un référendum sur ces questions.
En 2022, le premier ministre François Legault avait envisagé de tenir un référendum pour réclamer à Ottawa tous les pouvoirs en immigration. Il avait également demandé aux électeurs de lui confier un mandat fort pour faire pression sur le gouvernement de Justin Trudeau, à l’époque.
Mardi, le premier ministre Mark Carney a ouvert la porte à accorder davantage de pouvoirs en immigration à l’Alberta, mais a fermé celle des changements constitutionnels. Sur les dix questions soumises aux électeurs lors de ce référendum d’initiative populaire, cinq portaient sur des façons de restreindre l’arrivée de nouveaux arrivants dans la province.
Le gouvernement albertain souhaite obtenir davantage de pouvoirs, à l’instar du Québec, afin d’abaisser les seuils d’immigration, de prioriser l’immigration économique et de donner la priorité aux Albertains aux nouveaux emplois.
« Il y a une volonté claire d’accroître leurs pouvoirs en immigration. Nous aussi, il y a cette volonté-là. Moi, ça fait des années que je milite pour qu’on ait tous les pouvoirs en matière d’immigration », a-t-il plaidé.
En campagne, Éric Duhaime a promis de réduire le panier de services offerts aux demandeurs d’asile, en amputant de 25 % les versements de l’aide sociale.
Contexte minoritaire
Il tend donc la main à ses adversaires pour faire front commun à l’ouverture de la nouvelle législature le 24 novembre.
Allié de Danielle Smith, Éric Duhaime offre même son aide au premier ministre désigné pour tisser des liens avec l’Alberta. « La voie autonomiste, pour nous, c’est la voix qui est capable de rassembler les Québécois, qui est capable de rassembler maintenant les gens d’autres provinces canadiennes », a expliqué M. Duhaime.
J’ai l’intention d’appuyer le gouvernement s’il veut que je l’aide dans cette démarche-là, même pour bâtir des ponts avec les conservateurs autonomistes du Canada anglais, que je connais très bien. Je suis prêt à jouer ce rôle-là. Je suis prêt à l’aider pour que le Québec accroisse ses pouvoirs, notamment en matière d’immigration.
Il croit que son initiative aura de l’impact dans le contexte d’un gouvernement péquiste minoritaire. « Si jamais le Québec a une position sur l’immigration, bien, elle va être transpartisane. Et ça, je pense que ça va être beaucoup plus fort par rapport à Ottawa », a-t-il indiqué.
Son geste vise aussi à forcer le chef libéral Charles Milliard à réclamer les pleins pouvoirs en immigration-comme Québec solidaire et le Parti québécois-et à prendre position sur les enjeux constitutionnels. « [Les libéraux] vont avoir un rôle à jouer important. Il va falloir qu’ils choisissent leur loyauté parce que je n’ai pas aimé ce matin le message de M. Milliard par rapport au référendum en Alberta », a dénoncé le conservateur.
Mardi, sur le réseau X, le chef des rouges a écrit : « Hier, les Albertains ont parlé. Une très large majorité ne souhaite pas la tenue d’un référendum sur la souveraineté. Les résultats témoignent d’une volonté de s’unir et de travailler à bâtir le Canada plutôt que de le diviser. Le Canada fait l’envie de tous à travers le monde. »
Selon M. Duhaime, le libéral passe à côté des neuf autres questions sur l’autonomie de la province.
Le Parti québécois n’a pas réagi mardi aux résultats référendaires en Alberta.
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