Ottawa signe une entente préliminaire avec Saab pour l’acquisition d’avions radars
Le gouvernement fédéral a franchi une nouvelle étape dans ses négociations avec l’entreprise suédoise de défense Saab, alors qu’il envisage d’acquérir ses avions de surveillance de pointe pour l’Aviation royale canadienne.
Ottawa a indiqué vendredi avoir convenu avec Saab d’un protocole d’accord non contraignant qui servira de base à des négociations plus détaillées concernant une flotte d’appareils GlobalEye.
Lors d’un salon de la défense, ce printemps, le premier ministre Mark Carney avait annoncé que le Canada avait sélectionné Saab comme fournisseur privilégié pour des avions de détection lointaine et d’alerte avancée, bien que cela n’engage pas Ottawa à acheter cette plateforme.
Bien qu’Ottawa n’ait pris aucun engagement contraignant quant à l’achat de cette plateforme, il a manifesté une ferme intention de conclure un accord.
L’appareil est fabriqué en partenariat avec la société canadienne Bombardier, s’appuyant sur son jet d’affaires Global 6500. Il est construit dans la région de Toronto, puis envoyé en Suède pour y être défait et réassemblé avec les composants de surveillance.
M. Carney a indiqué que si le Canada acceptait d’acheter ces avions à Saab, ils seraient militarisés au Canada.
Le gouvernement souhaite acquérir six avions équipés d’une plateforme aérienne de détection avancée et de contrôle afin de détecter les menaces à longue portée dans le ciel, en mer et au sol. Il souhaite également les utiliser comme centres de commandement et de contrôle aéroporté.
Ce projet d’acquisition dispose d’une enveloppe budgétaire prévue de plus de 5 milliards $ et nécessiterait de nouvelles infrastructures, telles que des hangars et des installations logistiques.
Lorsque M. Carney a désigné Saab comme fournisseur privilégié pour cette plateforme au printemps dernier, l’annonce a pris le secteur par surprise.
Elle a également écarté les entreprises américaines qui souhaitaient soumissionner pour ce marché.
Boeing fabrique l’E-7 Wedgetail, tandis que L3Harris commercialise l’Aeris X. Cette dernière plateforme utiliserait par ailleurs la même cellule Bombardier que le GlobalEye de Saab.
La décision de sélectionner rapidement Saab comme soumissionnaire privilégié a mené à une confrontation politique visant à déterminer si le gouvernement libéral achetait ce que l’armée souhaite et ce dont elle a besoin.
Les conservateurs se sont tournés vers la vérificatrice générale et la directrice parlementaire du budget pour leur demander d’examiner si le gouvernement libéral avait respecté toutes les procédures requises lors de la sélection de cette plateforme.
Le nouveau protocole d’accord n’est pas public, mais le gouvernement fédéral a indiqué qu’il reflétait des mois de négociations avec Saab et précisait comment l’entreprise pouvait répondre aux exigences du gouvernement, notamment en matière de participation industrielle et de calendrier de livraison.
Le directeur général de Saab, Micael Johansson, a déclaré dans un communiqué de presse que ce dernier accord « établit un cadre clair pour la prochaine phase » des négociations, et que son entreprise démontrera comment sa « solution éprouvée et hautement performante [d’alerte précoce et de contrôle aéroporté] peut répondre aux exigences du Canada ».
En ce qui a trait aux avions de combat furtifs, le gouvernement de M. Carney n’a toujours pas pris de décision concernant son projet d’acquisition de 88 appareils F-35.
Cet examen, lancé en réponse aux tensions diplomatiques et commerciales avec l’administration Trump, aurait dû s’achever il y a un an.
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