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Sunday, October 4, 2026

Conclave budgétaire à Bruxelles : les négociations budgétaires de la Cocom sur leur fin, le budget régional en suspens

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Les négociations sur le budget régional ont débuté samedi à 9h00, mais se sont avérées de plus en plus ardues au fil des échanges. Des tensions auraient éclaté entre le ministre du Budget, Dirk De Smedt (Anders), et la ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Samedi soir, les négociateurs se sont quittés après avoir constaté une impasse concernant les revenus supplémentaires que la Région pourrait tirer de la Stib, la ministre de la Mobilité y faisant obstruction.

Ce point a encore fait l'objet de tensions dimanche après-midi. Les méthodes de travail de M. De Smedt auraient par ailleurs également suscité de la frustration chez certains.  

Dimanche soir, le ministre du Budget a donc opté pour des entretiens bilatéraux, suspendant temporairement les négociations sur le budget régional pour laisser place aux discussions en séance plénière sur le budget de la Cocom (notamment les allocations familiales, le bien-être et la politique en matière de sans-abrisme).

Ces négociations semblent toucher à leur fin, tandis que les travaux sur le budget régional se poursuivent en parallèle.   Un accord définitif ne semble pas encore en vue.

De gauche à droite, Ahmed Laaouej (PS), Boris Dilliès (MR) et Elke Van den Brandt (Groen) © Belgaimage

Le but est simple pour l’équipe dirigée par le libéral Boris Dilliès : confirmer les pistes d’économies fixées lors des négociations pour former le gouvernement, au mois de février dernier.

En chiffres, cela veut dire passer d’un déficit de 957 millions d’euros, prévu cette année, à 719 millions d’euros l’an prochain. En 2028, la trajectoire gouvernementale MR-PS-Engagés-Groen-Anders-Vooruit (et CDenV) prévoit de descendre ce montant à 416 millions d’euros et, enfin, de pouvoir atteindre l’équilibre budgétaire en 2029. Des chiffres scrutés en Belgique, mais aussi à l’international où les agences de notations maintiennent une épée de Damoclès au-dessus du gouvernement régional, avec le risque de dégrader la note bruxelloise à l’avenir.

Et qui dit diminuer le déficit, dit aussi réduire des dépenses. Les principaux axes pour y arriver, et qui ont déjà été annoncés ces derniers mois, ne devraient pas bouger, ou presque : gel des embauches dans la fonction publique et non remplacement des départs à la retraite, réforme des différents organismes publics bruxellois ou encore mise sur pause de gros projets comme les travaux pour une nouvelle ligne de métro 3.

Par contre, une nouvelle tuile s’est invitée dans les discussions, nous dit-on de source gouvernementale : un montant de 129 millions d’euros d’aides européennes qui avaient été prévues dans le budget de l’an prochain ne devrait finalement pas rejoindre les caisses bruxelloises. Il faudra donc probablement procéder à de nouvelles coupes dans les dépenses permises pour chaque ministre et secrétaire d’État.

Qui va devoir dépenser moins ?

Pour baliser le terrain, des sources au sein des cabinets nous confirment tous la même chose. Le ministre du budget, Dirk de Smedt, dont c’est le premier exercice du genre dans un gouvernement de plein exercice, a préparé le terrain cette semaine par des négociations bilatérales. Autrement, dit, en tête à tête avec les équipes de chaque autre ministre, en évoquant les pistes d’économies à réaliser. Sauf que, "ça signifie que l’ensemble des propositions faites à chacun ont été découvertes seulement au lancement des négociations samedi matin", glisse une source gouvernementale. "Ça peut crisper les esprits. On découvre le jour même ce que les autres vont devoir faire comme effort. Et c’est seulement alors qu’on peut le comparer à ce qu’on nous demande à nous. En terme des sommes à économiser, mais aussi en terme de symbolique sur des projets qui nous tiennent à cœur".

Parmi les pistes d’économies qui nous sont rapportées : des dossiers liés à la Cocom, les aides à l’emploi, alors que le ministre Laurent Hublet (Les Engagés) avait assuré encore au mois d’avril sur nos antennes qu’on ne toucherait pas par exemple aux contrats subventionnés ACS. 

On pourrait aussi reporter l’achat de nouveau matériel pour la STIB, ou le calendrier de certaines étapes à venir de la LEZ - la zone Basse émission - censée bannir progressivement des routes bruxelloises les véhicules les plus polluants, en vue aussi de respecter les exigences européennes en matière de qualité de l’air.

Les membres du gouvernement bruxellois. © Belgaimage

Et qui va devoir gagner plus ?

Pour réduire le déficit, on peut aussi augmenter les recettes. Et l’une pistes envisagées était de relever les tarifs en vigueur pour les transports publics de la STIB, à l’instar de ce qui vient d’être annoncé pour les TEC en Wallonie. Un préaccord pour indexer/augmenter ces tarifs avait été pris en gouvernement il y a plusieurs mois, nous glisse-t-on, sauf que lors de ces négociations, certains partis voudraient visiblement revenir dessus. La question du prix des sacs poubelles serait aussi sur la table. 

On évoque aussi des dossiers qui ne sont pas directement liés au budget, mais plutôt à la vie du gouvernement et les relations entre ses membres, qui s’invitent à la table des négociations, peut-être pour faire pencher la balance ou servir de "monnaie d’échange" pour accepter l’une ou l’autre concession.

On chuchote à ce propos le cas de l’avenir de Lotfi Mostefa (PS) à la tête du Foyer anderlechtois, qui crispe un peu les relations MR-PS ces derniers temps. Il y a aussi le dossier de la désignation du ou de la futur(e) boss d’Actiris. Ou encore une volonté du PS de mettre en place un système dit de "conventionnement", qui consisterait pour le gouvernement à proposer une aide ou des garanties à des propriétaires privés qui accepteraient de louer leur bien à des prix moins élevés, histoire de soulager un peu le marché du logement à Bruxelles.

Quoi qu’il arrive, différentes sources de cabinet nous confirment que le gros des tensions du samedi autour de la table s’est passé entre Dirk de Smedt et Elke Van den Brandt, les deux ministres néerlandophones du gouvernement. La ministre Groen aurait même quitté un moment les négociations. Des tensions qui durent depuis quelques mois, nous glisse-t-on encore. Ces différends pourront-ils être mis de côté pour aboutir à un accord ce dimanche ? Réponse, et là tous les membres de cabinet contactés l’espèrent, "le plus tôt possible dans la journée". Les négociations ont repris à l'Iris Tower juste après 10h. 

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