Le Canada ne s’engage à acheter que 8 sous-marins sur 12 pour l’instant

Le gouvernement fédéral souhaite scinder l'acquisition de nouveaux sous-marins 212CD auprès du consortium européen TKMS en deux tranches, garantissant une première commande de huit navires assortie d'une option pour quatre autres ultérieurement.
Selon des sources au fait du dossier, le Canada a fait cette proposition la semaine dernière auprès de représentants de la firme allemande TKMS et de la société norvégienne Kongsberg dans le cadre des négociations d’un contrat final.
Le Canada a fait part de son intention de scinder sa commande lors de rencontres en Europe en septembre, avant de faire son offre plus précise à la fin octobre, affirment des sources de CBC.
Le premier ministre Mark Carney avait annoncé l’intention d’acheter jusqu’à 12 sous-marins
à propulsion diesel-électrique du consortium germano-norvégien en juillet, sans fournir de détails supplémentaires. À ce moment, le Canada avait préféré la proposition de TKMS à celle de la compagnie sud-coréenne Hanwha Ocean.

Le 6 juillet à Halifax, le premier ministre du Canada, Mark Carney, annonçait que son gouvernement avait choisi l’entreprise allemande TKMS pour construire jusqu’à douze sous-marins.
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
Le coût d’achat de 12 sous-marins est évalué entre 20 et 24 milliards de dollars. Au cours des 20 premières années, le projet est évalué à plus de 100 milliards.
En raison de la demande du Canada de scinder la commande, le gouvernement allemand doit réévaluer la promesse d’offrir 86 milliards de dollars en retombées économiques faite lors de l’appel d’offres.
La firme TKMS est aussi en discussion avec des centaines de fournisseurs pour s’ajuster à la taille de la commande canadienne.
Début des livraisons dans les années 2030
La livraison des navires ne débutera pas avant le milieu des années 2030 et devrait s'échelonner sur plus d'une douzaine d'années, ce qui explique pourquoi le gouvernement souhaite préserver la marge de manœuvre budgétaire des futurs gouvernements.
Il reste aussi à voir si les sous-marins, avec leurs importants équipages, ne seront pas aussi remplacés un jour par des drones marins.

La maquette d’un sous-marin de classe 212CD de TKMS est présentée lors du salon annuel de l’industrie de la défense CANSEC, organisé par l’Association canadienne des industries de défense et de sécurité, à Ottawa, le 27 mai 2026. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
La demande pour une flotte de 12 sous-marins est basée sur le besoin d’effectuer des opérations le long des côtes des océans Pacifique, Atlantique et Arctique, en plus de pouvoir participer à des missions à l’étranger.
Le Canada espère pouvoir signer un contrat d’ici la fin 2027. Un porte-parole de TKMS n’a pas voulu commenter l’état des négociations.
Radio-Canada a accordé la confidentialité à des sources qui n’avaient pas l’autorisation de divulguer publiquement des détails liés aux négociations en cours.
Un message clair aux alliés
Expert en questions de défense, Stéphane Roussel affirme que le Canada a voulu envoyer un message clair à ses alliés en augmentant ses dépenses militaires, mais qu’il a raison d’être prudent quand vient le temps de s’engager à long terme.
Selon le professeur à l’École nationale d’administration publique, le gouvernement sera prêt s’il y a d’autres priorités qui viennent bousculer
ses plans actuels.
Une porte-parole du secrétaire d'État à l’approvisionnement en matière de défense a indiqué qu’Ottawa maintient sa promesse d’acheter jusqu'à 12 sous-marins modernes qui contribueront à protéger les Canadiens en remplaçant la flotte vieillissante de la classe Victoria
.

Le NCSM Corner Brook, construit à la fin des années 1980 pour la Royal Navy britannique, a été acheté par le Canada et mis en service le 29 juin 2003. Sur la photo, le sous-marin canadien quitte la base de Pearl Harbor pour prendre part à l’exercice d’envergure mondiale Rim of the Pacific, en juillet dernier. (Photo d'archives)
Photo : U.S. Navy / Second maître Nicholas Russell
Sofiya Sapeha a précisé que l'Agence de l'investissement pour la défense poursuit les négociations avec le soumissionnaire privilégié et s'efforce de conclure un contrat qui maximise les retombées pour l'ensemble des Canadiens
.
Le processus d'approvisionnement étant toujours en cours, nous ne sommes pas en mesure de commenter le contenu ni l'état d'avancement des négociations
, a-t-elle ajouté.
Thomas Röwekamp, président de la commission de la défense du Parlement allemand, s'est dit convaincu que le Canada, l'Allemagne et la Norvège — également partenaire dans cette entente — parviendront à aplanir leurs différends.
Nous y travaillons ; il s'agit d'une relation de gouvernement à gouvernement dans le cadre de laquelle nous avons abordé de nombreux aspects de cet accord
, a souligné M. Röwekamp, de passage à Ottawa la semaine dernière.
Ce n'est pas uniquement un contrat entre une entreprise allemande et le gouvernement canadien, cela s'inscrit aussi dans un partenariat stratégique.
M. Röwekamp a ajouté que cette entente revêtait également une importance majeure pour l'OTAN.
Nous espérons qu'ils en commanderont 12, et nous déployons d'importants efforts pour concrétiser cette entente
, a-t-il affirmé, rappelant la décision de l'Allemagne et de la Norvège de céder des créneaux de production afin de permettre au Canada de recevoir quatre navires d'ici 2036.
Alors oui, nous tenons vivement à ce que l'entente soit conclue dans sa totalité.
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