Mobilisation en baisse lors des manifestations en France, peu de heurts

Les manifestations « contre la vie chère et pour la jeunesse » ont mobilisé nettement moins de monde que les précédentes samedi, pour le quatrième week-end consécutif et après une forte mobilisation jeudi.
Les organisateurs regroupés dans une intersyndicale de la jeunesse
ont revendiqué 250 000 manifestants dans toute la France, dont 75 000 à Paris, bien loin des 800 000 ou 500 000 revendiqués lors des précédents samedi.
Les autorités ont de leur côté compté 146 000 personnes dans toute la France, dont 46 000 à Paris, là encore en nette baisse par rapport aux précédents samedi, et à l'imposante mobilisation intersyndicale de jeudi qui avait réuni entre 575 000 et 1,6 million de personnes, selon les sources.
Les manifestations de samedi se sont globalement déroulées dans le calme, même si des heurts ont éclaté comme à chaque fois en fin de cortège, où certains manifestants ont lancé des projectiles contre les forces de l'ordre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Le ministère de l'Intérieur a recensé au moins 360 interpellations.

Des agents de la police antiémeute, équipés de casques et de gilets pare-balles, chargent des manifestants vêtus de noir, en utilisant des matraques et des boucliers antiémeute, lors d’une manifestation à Clermont-Ferrand.
Photo : Getty Images / ROMAIN COSTASECA / hans lucas / AFP
Cette journée de mobilisation vise à maintenir la pression avant une conférence sociale convoquée pour lundi par le gouvernement : patronat et syndicats convoqués dans la matinée, rencontres avec les organisations lycéennes et étudiantes l'après-midi.
À moins de six mois de l'élection présidentielle pour laquelle la candidate d'extrême droite Marine Le Pen est favorite, le gouvernement de Sébastien Lecornu ne peut compter sur une majorité à l'Assemblée nationale et le pouvoir d'Emmanuel Macron est englué dans une nouvelle crise sociale dont le candidat de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon - que les sondages donnent au second tour - entend tirer profit.
Le septuagénaire a tenu samedi son rassemblement de lancement de campagne.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du parti de gauche « La France Insoumise » (LFI) à l’élection présidentielle française de 2027, lève les poings à la fin du congrès présidentiel de LFI organisé pour marquer la publication de son programme gouvernemental « L’Avenir en Commun ».
Photo : Getty Images / KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Amendes de 135 euros
La crise a été amorcée à la rentrée de septembre par un mouvement de lycéens contre la décrépitude de l'éducation nationale sur lequel se sont greffées plusieurs colères contre le coût de la vie ou contre Emmanuel Macron, qui quittera la présidence en mai après 10 ans au pouvoir.
Dans un courrier envoyé vendredi aux partenaires sociaux, Sébastien Lecornu a assuré [entendre] les attentes exprimées sur les salaires et le pouvoir d’achat
, mais aussi les inquiétudes
des employeurs. La conférence sociale permettra de présenter les réponses concrètes aux attentes des Français
, affirme-t-il.
De son côté, la coordination des gilets jaunes - résurgence d'un mouvement de contestation sociale né en France en 2018 - avait, elle, appelé à un rassemblement distinct et interdit par les autorités, place de la Concorde, près de l'Assemblée nationale, mais n'a mobilisé que peu de monde.

Environ 500 manifestants se sont rassemblés lors de cette quatrième journée de manifestations pacifiques contre le coût élevé de la vie, à Pau.
Photo : Getty Images / JEAN-CHRISTOPHE CHARTRE / hans lucas/ AFP
Une centaine d'entre eux s'y sont rassemblés samedi en début d'après-midi. Les manifestants — sans gilets jaunes pour la plupart — ont été rapidement entourés d'un cordon de policiers, et un des chefs de file du mouvement a été interpellé devant l'Assemblée nationale, a constaté une journaliste de l'AFP.
Plusieurs dizaines de personnes ont été verbalisées, et se sont vu infliger des amendes de 135 euros chacune.
Les gilets jaunes prévoyaient quelque 120 actions samedi partout sur le territoire, loin des quelque 1700 actions revendiquées le 17 octobre, premier samedi de manifestations, émaillées de violences dont les images avaient fait le tour du monde.
Ne pas attendre la présidentielle
Quelque 70 000 policiers et gendarmes sont mobilisés sur toute la France, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Des policiers se tiennent en rang lors d’une manifestation à Lille, dans le nord de la France, le 7 novembre 2026.
Photo : Getty Images / SAMEER AL-DOUMY / AFP
Le risque est exactement le même que pour les samedis précédents
, a-t-il dit vendredi, mettant en garde contre des phénomènes plus éclatés, voire sporadiques, dont le niveau de violence ne baissera pas en intensité
.
Des arrêtés d'interdiction de manifestation ont été pris dans certains centres-villes, comme à Rennes en raison des graves violences
survenues jeudi dans la ville.
Les huit principaux syndicats nationaux ont d'ores et déjà indiqué qu'ils prendraient position dès lundi soir.
La seule chose qui arrêtera la mobilisation c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités
, ont écrit vendredi ces organisations.
L'ampleur de la manifestation de jeudi doit inciter le gouvernement à comprendre qu'il ne peut pas attendre la présidentielle
, a ajouté Marylise Léon, la secrétaire générale de la CFDT, premier syndicat français, qui réclame une hausse de 100 euros net mensuel du SMIC, le salaire minimum.
Le gouvernement laisse entendre depuis plusieurs jours être ouvert à une mesure sur le SMIC, mais son ampleur n'atteindra sans doute pas les exigences des syndicats.
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