Sénégal: la grève générale se poursuit, les syndicats se félicitent d'une première journée «bien suivie»

À quelques jours seulement des Jeux olympiques de la jeunesse qui s'ouvriront le 31 octobre dans le pays, le Front syndical pour la défense du travail, une plateforme qui réunit 13 centrales syndicales, appelle les Sénégalais à trois jours de mobilisation pour améliorer leurs conditions de travail dans différents secteurs. Commencé mercredi, le mouvement doit durer jusqu'au vendredi 23 octobre.
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Avec notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier
La grève générale de 72 heures se poursuit ce jeudi 22 octobre au Sénégal. Après une première journée de mobilisation mercredi, le Front syndical pour la défense du travail (FSDT), à l’origine du mot d'ordre, parle d’un succès et affirme que l'appel a été bien suivi par les 13 syndicats des secteurs de l’enseignement, de la santé, des transports ou encore de la justice qu’il représente.
À Dakar, les effets de la grève étaient effectivement bien visibles ce 21 octobre, notamment avec la large paralysie des transports en commun, la plupart des bus publics étant restés au dépôt de la société nationale, ce qui n'a pas manquer d'agacer certains usagers. « Ce n’est pas bon, il faudrait mieux qu’ils travaillent. Au moment où je vous parle, je ne sais pas quel car je vais prendre. Le trajet sera plus long et plus compliqué. La grève ne nous arrange vraiment pas », affirme ainsi Saliou Khouma, un étudiant qui confie avoir l'habitude de prendre la ligne 7 de la capitale sénégalaise.
À l'inverse, un agent de mairie en grève qui profite d’un café Touba derrière un stand se réjouit que le mouvement remporte un certain succès. « C'est une obligation de le respecter. On ne peut pas organiser les JOJ [les Jeux olympiques de la Jeunesse qui se déroulent au Sénégal du 31 octobre au 13 novembre, NDLR] avec des milliards en jeu alors qu’actuellement, les travailleurs sénégalais ne sont pas respectés. Aujourd’hui, il devrait y avoir un dialogue réfléchi pour essayer de canaliser la situation plutôt que d’intimider les travailleurs », explique-t-il.
Réquisitions
Selon les secteurs toutefois, la grève a été diversement suivie. Si elle a l'habitude de se mobiliser, cette enseignante syndiquée d'une école du quartier de Ouakam, a, par exemple, décidé cette fois de passer son tour. « Il n'y a pas beaucoup d'intérêt à respecter des mots d’ordre qui n’ont pas d’aboutissement avec, à la fin, un terrain d'entente trouvé entre le gouvernement et les syndicats qui n’est jamais respecté. Car à l'arrivée, les perdants sont les enfants : à la fin de l’année, les évaluations ont lieu malgré tout, si bien qu'on a préféré rester en classe pour le moment », se défend-t-elle.
Après les agents de la Senelec, la compagnie nationale d'électricité, le gouverneur de Dakar a lui annoncé, mercredi 21 octobre toujours, la réquisition de certains conducteurs de la compagnie de bus publics Dakar Demm Dik. S'il justifie cette décision par la nécessité d'assurer la continuité du service public durant le mouvement social, les syndicats jugent la mesure abusive. « Le gouvernement utilise des subterfuges, les moyens du bord, pour empêcher le déroulement de la grève avec des méthodes archaïques. Nous dénonçons la réquisition collective de travailleurs ! En utilisant leur arme favorite - la répression -, les autorités démontrent qu'elles sont en panique. Mais nous restons ouverts au dialogue, tant que cela est possible », réagit Pape Birama Diallo, le Coordonnateur technique du FSDT.
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