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Tuesday, November 3, 2026

Le nouveau traversier Rimouski-Forestville arrive au Québec

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Le traversier qui doit faire revivre la liaison entre Rimouski et Forestville arrive au Québec cette semaine. Si tout va bien, il entrera en service le 1er mai 2027.

Le navire, qui prendra le nom de H.-Journault, a été acheté en Grèce en février dernier par l’entrepreneur rimouskois Louis-Olivier Carré, qui pilote ce projet de 22,5 millions de dollars. L’arrivée du bateau a été plusieurs fois reportée ces derniers mois.

« Il y avait des sceptiques. Maintenant, il n’y aura plus de sceptiques », affirme avec fierté M. Carré, en entrevue avec Le Devoir lundi, à environ 24 heures de l’arrivée du navire, si la mer le permet. « C’est le couronnement de trois ans d’efforts. »

Le H.-Journault pourra transporter 350 passagers et 90 automobiles. Le navire, qui porte encore officiellement le nom hellène de Perseas, a été bâti en 2024. Il servait de traversier en Grèce jusqu’en mai dernier. Il a entamé sa traversée de l’Atlantique le 24 septembre.

M. Carré a déniché le Perseas lors d’un voyage en Europe destiné à visiter des bateaux usagés pour son projet de traverse. Ce navire était le plus proche des normes canadiennes. « Mais il n’était pas à vendre, raconte-t-il. Il a fallu convaincre son propriétaire. »

Les derniers mois ont été consacrés à la « canadianisation » du navire, notamment en matière de sécurité. Les travaux se poursuivront à Rimouski ces prochains mois. Le traversier devrait être fin prêt au printemps.

La relance de la traverse

Un traversier, le CNM Évolution, a longtemps relié Rimouski, une ville de 50 000 habitants au Bas-Saint-Laurent, à celle de Forestville, 3000 habitants, sur la Côte-Nord. Mais son promoteur a mis un terme au service en août 2022 en raison de pertes financières.

Le promoteur actuel croit qu’il existe une demande, notamment en saison estivale, pour le retour de cette traverse, qui s’ajoute à celles de Matane–Baie-Comeau–Godbout (180 véhicules), de Trois-Pistoles–Les Escoumins (42 véhicules) et de Rivière-du-Loup–Saint-Siméon (100 véhicules).

Et il est convaincu que son plan d’affaires permettra d’atteindre la rentabilité. Le CNM Évolution brûlait 1000 litres de diésel pour faire traverser 25 véhicules ; le H.-Journault consommera 30 % moins de carburant pour transporter jusqu’à 90 véhicules, illustre-t-il.

Les mairies de Rimouski et de Forestville soutiennent le projet de traverse de M. Carré. En mars dernier, la Ville de Rimouski a d’ailleurs promis de consacrer 500 000 $ à la mise à niveau des infrastructures portuaires pour accueillir le nouveau traversier.

Québec interpellé

Dans les deux ports, les rampes existantes permettent l’embarquement de véhicules légers, mais pas de gros camions. M. Carré a déjà demandé une aide de 9 millions de dollars du ministère des Transports du Québec pour réaliser les travaux de mise à niveau. Au Devoir, il confirme que les discussions « vont bien ».

S’il le faut, la saison 2027 pourra s’amorcer sans les rampes pour les camions, avec un service destiné exclusivement aux automobiles. Cependant, les poids lourds font partie du plan d’affaires du promoteur. M. Carré veut donc pouvoir les embarquer au plus vite.

Le gouvernement du Québec « se doit de s’investir » dans le projet, selon lui. « Je pense qu’on a prouvé que la traverse va fonctionner. Et puis, c’est un service public qui est destiné aux citoyens », argue M. Carré, qui est aussi directeur général des Industries Rilec, une entreprise spécialisée dans la mécanique industrielle.

Yohann St-Pierre, le nouveau député péquiste de Rimouski, avait reconnu durant la campagne électorale le caractère essentiel du retour de la traverse vers Forestville. Il n’avait toutefois promis aucune subvention.

Le H.-Journault pourra traverser l’estuaire du Saint-Laurent en 1 heure 50 minutes. Dans le cœur de la saison estivale, il fera deux traversées par jour. Ses activités débuteront le 1er mai et se poursuivront jusqu’au 31 octobre.

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