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Wednesday, November 4, 2026

JOJ 2026: les jeunes surfeurs sénégalais ne veulent pas rester dans le creux de la vague et rêvent d'olympisme

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Présent aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar comme sport d’engagement, le surf ne figure pas parmi les 25 disciplines en compétition. Une petite déception pour les jeunes surfeurs sénégalais, qui voient leur échapper une belle chance de médaille sur une vague qu’ils connaissent depuis l’enfance.

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Dans l’eau turquoise de la baie de Ngor, à la pointe de la presqu’île de Dakar, huit surfeurs venus de plusieurs pays africains, comme l’Afrique du Sud, l’Angola, le Liberia, le Mozambique ou le Ghana, attendent la vague. Au large de l’île de Ngor, les planches s’élancent. Le rendez-vous doit « montrer au monde entier comment l’Afrique surfe », résume René Pierre Laraise, directeur technique de la fédération sénégalaise de surf.

Pour cette démonstration organisée en marge des JOJ, difficile d’imaginer meilleur décor que cette vague de Ngor, entrée dans l’histoire du surf avec le film The Endless Summer. « Le surf est entré par cette droite au Sénégal, raconte René Pierre Laraise. Les premières images datent de 1966. Depuis, on surfe à Ngor. »

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Sur les rochers, Assane Guèye et Mame Seydi Mbengue ne perdent rien du spectacle. Assane, 16 ans, a suivi un copain dans les vagues avant de tomber amoureux du surf. Admirateur du Brésilien Gabriel Medina, il aime la compétition et se voit déjà professionnel : « Je veux gagner de l’argent grâce au surf. » À ses côtés, Mame Seydi, 15 ans, surfe depuis ses sept ans. Il a pris sa première licence à Malika Surf et rêve, lui aussi, d’une carrière à l’image de son idole, le Brésilien Yago Dora. Mais le chemin reste difficile : « On manque de matériel et de sponsors pour mieux s’entraîner et défier les champions dans le monde. »

Cette passion, Tidiane Ndour l’a vue grandir. Ancien gardien de l’Olympique de Ngor, passé par la première division sénégalaise de football, il s’émerveille encore de voir « des petits de 9 ans défier des vagues de deux mètres ». Il connaît aussi le revers de cet engouement : certains, dit-il, « délaissent l’école pour passer leurs journées sur les spots. Même sans combinaison pendant les mois les plus frais, ils s’entraînent. Pour leur ouvrir une voie vers l’international, il faut davantage de moyens. »

Marc, sculpteur français installé à Ngor depuis 26 ans, observe la même transformation. Il a commencé à surfer il y a une quinzaine d’années pour partager une activité avec ses enfants. Aujourd’hui, il voit les 5-12 ans progresser à une vitesse qui l’étonne. « La grande évolution, c’est la démocratisation du surf. Des aînés, dont Chérif Fall, ont montré l’exemple. Les enfants les regardent avec les yeux qui brillent ; les parents, autrefois plus réticents, perçoivent désormais des opportunités dans ce sport. »

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Chérif Fall, neuf fois champion du Sénégal, est lui aussi venu accompagner les plus jeunes. Mais il regrette qu’aucune épreuve de surf ne leur permette de concourir aux Jeux olympiques de la jeunesse. « Il y a un très bon niveau ici », assure-t-il, chez les filles comme chez les garçons. Une compétition leur aurait donné l’occasion de se mesurer à d’autres et de progresser. Selon lui, le surf reste moins connu dans le pays que le football et demeure concentré sur quelques lieux de pratique, notamment Ngor et Ouakam.

L’ancien champion français Michel Bourez va plus loin. À ses yeux, l’absence du surf au programme représente « une chance de médaille perdue » pour le Sénégal. « Les jeunes du pays auraient pu faire la différence sur une vague qu’ils connaissent parfaitement. »

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