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Thursday, August 27, 2026

Guerre commerciale | Le représentant américain au Commerce laisse planer la menace d’une escalade

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(Ottawa) Les États-Unis ne resteront pas les bras croisés face aux contre-tarifs annoncés par le gouvernement Carney, avertit le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, dans une longue entrevue accordée au réseau CBC. Elle survient au moment où la pression d’élus démocrates et républicains s’est accentuée sur l’administration Trump après la rupture des négociations vendredi.

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« Nous avons une politique commerciale. Elle est de portée mondiale. Nous la mettons en œuvre. Si le Canada devait prendre de nouvelles mesures de rétorsion, nous ne resterions évidemment pas les bras croisés, a-t-il affirmé. Notre position est la suivante : il ne faut pas recourir aux représailles. »

Plus tôt dans la journée, le premier ministre ontarien Doug Ford de même que ses homologues saskatchewanais et albertain, Scott Moe et Danielle Smith, plaident tous pour un retour à la table des négociations. Mais l’ambassadeur Greer a indiqué que les canaux de communications entre lui et le ministre Dominic LeBlanc « ne sont pas ouverts » depuis que l’équipe de négociation canadienne a quitté la table.

Quatre ministres du gouvernement Carney – François-Philippe Champagne (Finances), Mélanie Joly (Industrie), Patty Hajdu (Emploi), Evan Solomon (Innovation numérique) – avaient dévoilé mardi la réponse du gouvernement Carney à la dernière salve tarifaire du président Donald Trump.

Les contre-mesures entreront en vigueur le 8 septembre et toucheront plus de 700 produits et frapperont notamment les exportations américaines d’acier, de produits laitiers, de produits de la mer, d’électroménagers, de matériel agricole, de pâtes et papiers et de produits électroniques – soit les catégories dans lesquelles les produits canadiens sont les plus touchés par les droits de douane américains.

La réplique canadienne est essentiellement identique aux assauts tarifaires de Washington depuis l’an dernier – des surtaxes de 15 %, de 25 % et de 50 % sur les produits visés par les droits de douane décrétés par les États-Unis en vertu des articles 338 (depuis minuit samedi) et 232 (depuis l’an dernier).

Jamieson Greer a passé la semaine dernière à la table des négociations à Washington avec le ministre responsable du Commerce Canada – États-Unis, Dominic LeBlanc. Le représentant américain au Commerce a accordé une entrevue de près de 20 minutes à la journaliste Rosemary Barton diffusée à heure de grande écoute à l’émission Power & Politics sur CBC.

Il a défendu la politique commerciale américaine agressive mise en place peu de temps après l’assermentation du président Donald Trump en janvier 2025. « Nous cherchons à réindustrialiser le pays après 25 années de souffrance liée à la mondialisation, période durant laquelle nous avons perdu 5 millions d’emplois et 7000 usines », a-t-il souligné.

Je comprends pourquoi les Canadiens cherchent à obtenir le maximum et tentent d’arracher des concessions aux États-Unis, mais nous nous concentrons sur ce qui est bon pour l’Amérique, tout en tenant compte du Canada dans la mesure du possible.

Jamieson Greer, représentant américain au Commerce

Il a de nouveau fait valoir que le Canada et la Chine sont les deux seuls pays qui avaient répliqué aux droits de douane américains. Il a qualifié « d’extrêmes » certaines mesures canadiennes, comme le retrait de l’alcool américain des tablettes, le fait que certains biens et services américains soient écartés des appels d’offres publics et la réduction de quotas d’importation sans droits de douane.

L’ambassadeur Greer a évité de se prononcer sur les attaques de l’administration Trump sur les réseaux sociaux envers le Canada. Quelques heures plus tôt, la Maison-Blanche avait de nouveau publié la photo d’un aigle écrasant une bernache, symbole de la domination américaine sur le Canada.

Le français n’était pas une ligne rouge

Comme l’avait rapporté le New York Times mardi, l’ambassadeur Greer a confirmé que les États-Unis n’étaient pas prêts à faire tomber une entente commerciale avec le Canada sur la question du français et de la découvrabilité des contenus francophones en ligne, contrairement à ce qu’avait suggéré le premier ministre Mark Carney dans sa conférence de presse samedi.

Il a reconnu que le français « fait partie intégrante de l’identité canadienne et québécoise ». « Le président Trump, moi-même et le gouvernement américain reconnaissons l’importance et la sensibilité de la langue française au Canada – au Québec ainsi que dans certaines régions des Maritimes – et nous sommes conscients qu’il s’agit d’un enjeu très sensible et très important, a-t-il dit. En fait, nous soutenons l’usage du français. »

Les lois au Canada imposant des redevances aux diffuseurs de contenu en ligne et les forçant à promouvoir le contenu canadien et le contenu francophone constituent toutefois des irritants dans la relation commerciale entre les deux pays, mais pas au point de torpiller une entente.

C’est un point sur lequel les États-Unis ont toujours eu des questions. Nous en avons discuté, mais nous avons fait preuve d’une grande souplesse. Et nous estimons qu’il est hors de question de laisser passer un bon accord pour quelque chose comme ça.

Jamieson Greer, représentant américain au Commerce

Sa version contredit celle du premier ministre Mark Carney, qui avait affirmé samedi que les Américains avaient exigé des concessions de dernière minute « inacceptables pour son gouvernement ». Il avait précisé que l’administration Trump voulait s’en prendre à la découvrabilité du contenu culturel et des médias francophones en ligne, aux subventions à la culture et à la langue française et aux renseignements en français sur les produits vendus au Canada.

« Ça a été présenté dans la presse au Canada comme si nous y tenions mordicus. Ce n’est pas vrai du tout », a insisté M. Greer.

Il a également nié que les Américains avaient exigé l’ajout de clauses pour limiter la portée d’ententes commerciales avec d’autres pays, ce qui aurait réduit le Canada à l’« équivalent économique d’un 51État », comme l’a affirmé le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby.

« Nous n’avions pas de texte de ce genre, a-t-il soutenu. Vous savez, nous avions évoqué une coordination sur une base bilatérale. Il ne s’agissait pas d’une manœuvre occulte ou quoi que ce soit de ce genre. Il s’agissait simplement d’en discuter. »

Il a plaidé que les États-Unis ont offert « la meilleure entente » au Canada par rapport à leurs autres partenaires commerciaux et qu’ils voulaient protéger « la forteresse nord-américaine ».

« Si nous devons abaisser nos droits de douane et vous offrir les meilleures conditions au monde pour l’acier et l’aluminium, nous ne pouvons pas permettre que le Canada devienne une porte d’entrée détournée vers les États-Unis en se faisant inonder d’acier et d’aluminium en provenance d’autres pays », a-t-il soutenu.

Les Américains avaient offert au Canada de diminuer les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium de 50 % à 25 %, puis ceux sur les automobiles de 25 % à 15 % et potentiellement jusqu’à 7 %.

Un nombre croissant d’élus américains, démocrates et républicains, ont dénoncé publiquement au cours des derniers jours le traitement hostile de l’administration Trump envers le Canada.

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