Le conseil électoral haïtien annonce la tenue d’élections le 18 juillet 2027
Les autorités électorales haïtiennes ont annoncé la tenue d’élections présidentielle et législatives à l’été 2027, après un énième report, dans un pays ravagé par la violence des gangs.
Le premier tour des différents scrutins doit se tenir le 18 juillet et le second tour le 4 octobre, selon le calendrier publié par le Conseil électoral provisoire (CEP). La proclamation définitive des résultats est fixée au 23 octobre.
Il s’agit de la troisième date retenue pour ces élections dans le pays le plus pauvre des Amériques.
Début octobre, le CEP avait annoncé repousser sine die les scrutins initialement prévus pour la fin d’année 2026.
Les autorités électorales avaient alors expliqué vouloir tenir compte des « exigences techniques et opérationnelles du processus ainsi que des conditions nécessaires à la bonne conduite des différentes étapes du processus électoral ».
L’État haïtien n’a plus connu d’élections depuis 2016 et son dernier président, assassiné en 2021, n’a pas été remplacé.
Sur le site du CEP, 19 personnes se sont déjà enregistrées comme candidats à la présidence de la République, dont deux anciens présidents.
Haïti subit depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s’est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols ou recrutements d’enfants.
Sur environ 11 millions d’habitants, près de 1,5 million est déplacé à cause des violences, selon une estimation rendue publique par l’Organisation internationale pour les migrations, soulignant que les attaques ne concernaient pas uniquement la capitale Port-au-Prince.
Quatre soldats disparus
Au moins 5 700 personnes ont été tuées ou blessées depuis le début de l’année en Haïti, selon l’ONU début octobre.
Une Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l’ONU est en cours de constitution pour assister les forces de police locales dépassées. Le Salvador, le Guatemala, la Jamaïque, la Mongolie, le Tchad et le Sri Lanka ont envoyé des contingents, pour un total d’environ 2 000 personnes déployées à ce stade, avec l’objectif d’atteindre 5 500 agents.
Depuis le 18 octobre, quatre soldats salvadoriens membres de cette force internationale sont portés disparus, après avoir subi une attaque près de la capitale haïtienne Port-au-Prince.
Le ministère des Affaires étrangères salvadorien a annoncé mercredi l’envoi d’un contingent de 2 000 militaires « pour secourir les quatre spécialistes de l’aérotechnique » disparus.
L’insécurité compromet également les préparatifs électoraux : plusieurs communes échappent au contrôle des autorités et ne disposent pas de centres d’inscription.
Dans ce contexte, moins de 900 000 personnes se sont inscrites sur les listes électorales dans un pays qui compte environ 7 millions d’habitants en âge de voter, selon les données du Conseil électoral provisoire.
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