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Saturday, October 31, 2026

Les démocrates peuvent-ils gagner une ou les deux chambres du Congrès?

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À mi-chemin dans la présidence de Donald Trump, les électeurs sont appelés aux urnes mardi pour réévaluer la balance du pouvoir aux États-Unis : choisiront-ils d’élire des républicains, qui permettront au président de poursuivre son programme, ou opteront-ils pour des démocrates, qui feront barrage au pouvoir exécutif ?

Les 435 sièges à la Chambre des représentants, le tiers des postes au Sénat (35 sièges) et plusieurs postes de gouverneurs d’État, de procureurs généraux et de shérifs, entre autres, sont en jeu. Les résultats de ces élections de mi-mandat seront déterminants pour l’avenir démocratique du pays. Le Devoir fait le point.

Les démocrates remporteront-ils la Chambre des représentants ?

Tout porte à croire que oui. Les modèles de prévision estiment à 80 % la probabilité que les démocrates remportent la chambre basse. « Il faudrait un revirement spectaculaire par rapport à la situation actuelle pour que ça ne se produise pas », souligne John Mark Hansen, professeur de science politique à l’Université de Chicago.

Pour parvenir à ravir la Chambre aux républicains, les démocrates devront mettre la main sur trois sièges de plus. Cette tâche est complexifiée par le fait que plusieurs bastions démocrates, situés dans des circonscriptions à majorité noire du sud des États-Unis, ont été redécoupés par les autorités pour diluer le poids électoral de ces communautés.

En 2025, Trump avait encouragé de tels changements dans l’espoir de conserver la majorité républicaine à la Chambre. « Au Texas, en Alabama, au Tennessee, des redécoupages particulièrement agressifs ont eu lieu. Il pourrait y avoir quatre ou cinq sièges qui étaient auparavant démocrates qui ne le seront plus », relève le professeur Hansen.

Le Sénat pourrait-il basculer entre les mains des démocrates ?

C’est moins sûr, mais c’est aussi possible. Pour faire basculer le Sénat, les démocrates doivent réaliser un gain net de quatre sièges. De nombreuses courses sont serrées, particulièrement pour des postes actuellement détenus par des républicains.

Les démocrates pourraient surprendre au Texas avec James Talarico. « Les démocrates obtiennent de bons résultats dans plusieurs courses où, normalement, ils ne seraient pas compétitifs, comme au Texas », note Ray La Raja, professeur de science politique à l’Université du Massachusetts.

Les démocrates fondent aussi beaucoup d’espoir dans le Maine, où ils tentent de détrôner la sénatrice républicaine modérée Susan Collins. « Ce sont les deux courses les plus incertaines, mais qui indiqueraient que les démocrates [s’ils les gagnent] sont en voie de connaître une très bonne soirée électorale », souligne le politologue.

Les regards seront aussi tournés vers le Michigan, où les démocrates tenteront de conserver leur siège grâce au progressiste Abdul El-Sayed. « S’ils obtiennent de bons résultats avec un candidat très à gauche comme El-Sayed, un Américain musulman d’origine égyptienne, alors les démocrates pourraient remporter de nombreux sièges au Sénat et obtenir une majorité plus importante que prévu », analyse Ray La Raja.

Quels ont été les thèmes de la campagne ?

Les élections de mi-mandat sont souvent perçues comme un référendum sur la présidence. « Le principal facteur qui détermine l’issue des élections de mi-mandat est la cote de popularité du président, relève John Mark Hansen. Les présidents qui bénéficient d’une cote de popularité élevée obtiennent de meilleurs résultats que ceux dont la cote est faible. »

Selon plusieurs sondages, le taux d’approbation de Trump se situe autour de 38 %. « Les Américains ne sont pas satisfaits de la situation économique, surtout en ce qui concerne le coût de la vie », mentionne Ray La Raja, ajoutant que beaucoup d’électeurs font un lien direct avec la guerre en Iran et les tarifs douaniers.

« Trump avait fait deux grandes promesses : baisser le coût de la vie et l’inflation et ne pas déclencher de nouvelle guerre », rappelle-t-il. Devant ce bilan, plusieurs républicains modérés pourraient décider de ne pas aller voter. Les démocrates ont aussi fait mousser un autre thème pendant la campagne : la corruption au sein du gouvernement Trump.

L’équilibre des forces sera-t-il remodelé ?

Si les démocrates remportent le Congrès, un rééquilibrage des pouvoirs va s’opérer. « Le Congrès va réellement exercer son rôle de surveillance de l’exécutif [contrairement à actuellement]. Nous allons assister à énormément d’enquêtes parlementaires. Et ces enquêtes peuvent être très, très embarrassantes », soutient John Mark Hansen.

Même si le Congrès n’a pas le pouvoir de sanctionner le président à la suite de ces enquêtes, celles-ci peuvent avoir un coût politique élevé. De telles procédures pourraient être lancées sur les politiques d’immigration du gouvernement Trump, les atteintes aux droits fondamentaux, les licenciements sans motif de fonctionnaires, cite le politologue.

Les responsables de ces décisions pourraient refuser de témoigner devant le Congrès. Mais John Mark Hansen rappelle que beaucoup de hauts placés ont été renvoyés dans les deux dernières années. « Il y a beaucoup de personnes qui connaissent très bien ce que ce gouvernement a fait, et ce qu’il voulait faire, et qui seront probablement ravies de venir témoigner devant le Congrès. »

Des procédures de destitution pourraient aussi être lancées contre des figures de proue du gouvernement Trump. « Pete Hegseth [secrétaire à la Guerre] est probablement dans la ligne de mire, tout comme possiblement Kash Patel [directeur du FBI] », mentionne le professeur Hansen. Les deux politologues croient néanmoins peu probable que Trump soit de nouveau visé par une telle procédure, après les deux échecs subis durant son premier mandat.

Y aura-t-il une paralysie ?

Si les démocrates remportent le Congrès, le système de poids et contrepoids (checks and balance) fonctionnera à plein régime. Même si une seule chambre bascule, une impasse politique est à prévoir. « Tout ce que Trump proposera, les démocrates s’y opposeront. Par conséquent, très peu de projets de loi seront adoptés. Les démocrates contesteront le président sur ses tarifs douaniers, sur ses politiques concernant l’Ukraine et sur la guerre en Iran », prédit Ray La Raja.

Trump ne sera pas complètement muselé pour autant. Il pourra encore gouverner par décrets et apposer son veto sur des lois adoptées par le Congrès. D’autant plus qu’il s’agit « d’un gouvernement qui ne semble pas considérer qu’il doit respecter la loi, il continuera donc à défier le Congrès ouvertement », croit John Mark Hansen.

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