«Animals» : kidnapping électoral
Dans le film Animals (V.F.), Mark et Abigail Kimball vivent le cauchemar de tout parent, soit le kidnapping de leur enfant. En théorie, réunir l’argent de la rançon ne devrait pas poser de problème au couple très à l’aise financièrement. Seulement voilà, Mark, candidat à la mairie de Los Angeles, a tout investi dans sa campagne. D’où l’entrée en scène de Dayle Burton, une spécialiste en matière de situations périlleuses nécessitant un afflux d’argent… et plus si besoin est. C’est le genre de personne sur qui le moins on en sait, le mieux c’est.
Toutefois, un autre imprévu, dont on taira la teneur, mais qui touche à la démographie et qui pourrait changer le cours de la campagne de Mark, survient. Et il y a les tensions matrimoniales croissantes entre Mark et Abigail…
Au rayon de la mise en scène, Animals s’avère plutôt banal : la facture est typique des productions destinées aux plateformes numériques. En matière de réalisation proprement dite, Ben Affleck a fait mieux avec Argo, The Town et Gone Baby Gone, son premier film, qui était lui aussi un « thriller d’enlèvement ».
Cela étant, Animals se distingue sur quelques aspects clés. Tout d’abord, le scénario est assez ingénieux, notamment dans son recours à un imbroglio (qu’on taira) aux ramifications insoupçonnées.
Surtout, le film se révèle tout disposé à assumer jusqu’au bout son cynisme vis-à-vis des classes politiques (qu’importe l’allégeance politique alléguée) et bourgeoises (qu’importent les valeurs revendiquées).
Visées sociopolitiques
Les questions d’image et de perception, et la manière dont celles-ci pourraient influencer le vote en faveur ou en défaveur de Mark, donnent en outre lieu à des échanges musclés entre des personnages aux perspectives divergentes. Ce n’est jamais subtil, mais c’est assurément punché.
Du reste, on n’ira pas se plaindre de ce qu’un gros film de divertissement ait des visées sociopolitiques.
Enfin, il y a le jeu, uniformément solide. À ce chapitre, Ben Affleck surprend agréablement. Habituellement, disons, peu captivante, la star prend ici un plaisir évident à camper un homme peut-être moins bon que tout le monde le dit. Toutefois, c’est Gillian Anderson, dans le rôle croustillant de la « gestionnaire de crise », qui vole la vedette, pour ne pas dire la rançon.
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