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Thursday, October 8, 2026

Pluies d’étoiles filantes à l’horizon

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Le ciel d’automne est lui aussi traversé par d’innombrables météores, ces phénomènes lumineux qu’on nomme poétiquement étoiles filantes. Du crépuscule du jeudi 8 octobre jusqu’à l’aube du 9 octobre, des Draconides strieront un ciel obscurci par l’absence de la Lune. Dans les heures précédant l’aube du 22 octobre, une pluie d’Orionides issues de poussières éjectées par la comète de Halley il y a 5000 ans zébrera la voûte céleste. Le mois prochain, les Taurides du Sud culmineront le 5 novembre et les Taurides du Nord le 12 novembre. Puis, le spectacle le plus impressionnant de l’année sera celui des Géminides qui aura lieu dans la nuit du 13 au 14 décembre.

« On peut observer toute l’année des météores dits sporadiques, qui ne sont pas associés à des pluies d’étoiles filantes. Au cours d’une belle nuit, si on est loin de la pollution lumineuse, on pourra en voir de 2 à 10 par heure. Mais à quelques moments précis dans l’année, la Terre, qui parcourt toujours la même orbite autour du Soleil, va rencontrer des essaims ou des rivières de débris laissés principalement par des comètes, ce qui augmente le nombre de météores qu’on peut observer », fait remarquer Maxime Pivin Lapointe, concepteur et éducateur scientifique au Planétarium de Montréal.

Les comètes sont des boules de glace, de poussières et de roches dont l’orbite autour du Soleil est plutôt elliptique et assez éloignée de notre étoile. Lorsque la comète passe près du Soleil, celui-ci fait fondre sa surface. Des débris sont ainsi libérés et se retrouvent dans le sillage de la comète. Ces essaims de poussières vont continuer à orbiter dans le système solaire, mais ils seront affectés par le rayonnement et le vent solaires, qui les ralentissent.

Conditions idéales pour les Draconides

Il y a 130 pluies d’étoiles filantes au cours de l’année. La plus célèbre est celle des Perséides, qui sont des reliquats de la comète Swift-Tuttle, qui passe près du Soleil tous les 133 ans.

Les conditions d’observation de la pluie de Draconides qui culminera autour de 21 h le jeudi 8 octobre seront idéales, car le mince croissant de lune ne se lèvera qu’à 4 heures, le matin du 9 octobre. On pourra alors observer cinq météores par heure. « C’est relativement peu par rapport à ce qui avait été observé en 2018 et en 2011, où la Terre avait croisé de grandes concentrations de particules éjectées par la comète Giacobini-Zinner », affirme M. Pivin Lapointe, qui travaille ces jours-ci sur un film sur les Perséides qui sera présenté au Planétarium l’automne prochain.

En octobre, la Terre traversera encore cette année une rivière de débris laissés par la comète de Halley lors de ses passages près du Soleil, qui ont lieu tous les 74 ans. Cela produira une pluie d’Orionides qui atteindra son paroxysme tard dans la nuit du 21 au 22 octobre, où 20 à 30 Orionides pourraient être détectés dans un ciel exempt de pollution lumineuse.

« Les débris que la Terre va croiser cette année seront composés principalement de particules qui ont été éjectées de la comète de Halley il y a 5000 ans », explique M. Pivin Lapointe. D’une année à l’autre, la Terre ne rencontre pas les mêmes particules, tout comme lorsque l’on navigue sur une rivière, on ne glisse pas toujours sur les mêmes molécules d’eau.

Des essaims plus ou moins denses

La chercheuse Auriane Egal, du Planétarium de Montréal, s’applique à modéliser l’évolution de ces poussières dans le système solaire dans le but de prédire si on risque de croiser un essaim plus dense qui pourrait augmenter les dangers pour les satellites ou les astronautes de la Station spatiale internationale, souligne M. Pivin Lapointe.

« Moins connues que les Perséides, probablement parce qu’il est moins tentant de sortir dehors à la mi-décembre pour regarder des étoiles filantes, les Géminides sont pourtant plus spectaculaires. » Elles produisent des étoiles filantes plus brillantes et plus nombreuses, soit 150 par heure, contre 100 pour les Perséides. Le moment le plus intéressant pour les observer cette année sera dans la nuit du 13 au 14 décembre. Les Géminides proviennent d’un astéroïde nommé Phaéton.

La luminosité d’une étoile filante dépend de la taille du débris, de sa composition et de sa vitesse d’entrée dans l’atmosphère terrestre. Ce qui nous apparaît lumineux dans le ciel est « le corridor d’atmosphère qu’il traverse, un corridor d’une largeur d’à peu près un mètre sur une longueur de plusieurs kilomètres ». Et ce sont les gaz de l’atmosphère qui sont chauffés par l’énergie thermique générée lors du passage de ce débris qui émettent de la lumière.

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