Notre sélection coup de cœur (et 100 % subjective) de la rentrée littéraire
Chaque fin d’été, c’est le même raz-de-marée: des centaines de nouveaux romans envahissent les rayons pour la rentrée littéraire. L’occasion pour nous de faire un (gros) tri. Notre méthode? Elle est 100% subjective: on aime lire... et c’est tout. Un peu comme on l’aurait fait en flânant au hasard dans les allées d’une librairie, on craque sur un nom familier ou une quatrième de couverture intrigante. De l’incontournable rendez-vous belge au cold case captivant, voici les cinq livres qui nous font le plus de l’œil.
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“Rochebrune” – Sophie Divry (parution le 19 août aux éditions Actes Sud)
Le pitch: Un couple en crise, accablé de deux enfants, décide de partir en vacances à la montagne pour ressouder les liens. Dès leur arrivée au village de Rochebrune, une menace rôde. Xavier maintient son projet d’alpinisme au mépris des alertes météo. Isabelle flirte avec le voisin pendant que les enfants fêtent Halloween. Quand la pluie redouble, et qu’une à une les digues physiques et morales cèdent, chacun doit faire face à son destin.
Pourquoi ça nous tente: Avec ce roman, Sophie Divry prend une situation de départ hyper classique (les vacances de la dernière chance pour sauver les meubles) pour la transformer en huis-clos étouffant. On aime cette idée de voir la météo s’emballer en même temps que les tensions du couple. Un drame intime qui vire au thriller psychologique? C’est exactement ce qu’il nous faut pour aborder l’automne en douceur.
“Fanny à la folie” – Émilie de Turckheim (parution le 19 août aux éditions JC Lattès)
Le pitch: “Ta mère et moi nous sommes aimées comme s’aiment les deux couleurs du panda, la bouche et le baiser, le fou et sa folie. On nous appelait Maudéfanny, en un seul souffle. Je te souhaite de connaître un jour une si belle et fatigante amitié. Peut-être as-tu déjà rencontré ta Maud à toi, dans ton école? Si ce n’est pas le cas, garde les yeux bien ouverts. Qu’elle soit rousse, grosse ou bleue, tu la reconnaîtras entre toutes.” Quand sa fille et son gendre décident de placer Fanny, 82 ans, en maison de retraite et de la déloger de la rue Dante, c’est toute son existence qu’elle doit ranger: les haïkus de son grand amour Pierre, les Bulletins de l’Institut des Petites Soeurs où est née sa relation incandescente avec Maud, La vie illustrée de Thérèse d’Avila qui fascinait les deux adolescentes, et l’impensable secret qui n’a cessé de l’habiter...
Pourquoi ça nous tente: Parce qu’on a un faible pour les histoires de vie. Et celle-ci semble avoir tout pour plaire. Émilie de Turckheim y mêle humour, poésie du quotidien, fantaisie et une part de mystère avec un impensable secret enfoui depuis l’adolescence qui titille notre curiosité. On veut forcément en savoir plus.
“L’inconnue du quai de Javel” – Philippe Jaenada (parution le 12 août chez Flammarion)
Le pitch: Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain: c’est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d’un roman de Simenon, mais l’inspecteur-chef Ferrière n’a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l’affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Septante-cinq ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l’enquête à partir du dossier retrouvé.
Pourquoi ça nous tente: Si on ne dit jamais non à un bon cold case, c’est surtout pour le style qu’on fonce. On adore cette écriture très journalistique (quelle surprise), ultra-documentée et sans fioritures. Habitué des enquêtes, l’auteur a sa méthode désormais bien assise, et diablement efficace: il plonge dans les archives, arpente les lieux originaux du crime, semble remonter le temps et parvient à ressusciter une affaire classée avec humanité. Sans jamais se départir d’humour, non plus. Le petit plus? Pour ce livre, il a relu l’intégralité des 75 enquêtes de Maigret.
“L’adolescence du perroquet” – Amélie Nothomb (parution le 19 août aux éditions Albin Michel)
Le pitch: “L’amour n’est pas un dû.” Alban, un orphelin de 17 ans passionné d’art et animateur radio, hérite d’un compagnon pour le moins inattendu: Joe, un perroquet Gris du Gabon à la parole facile... mais profondément dépressif.
Pourquoi ça nous tente: Peut-on vraiment évoquer la rentrée littéraire sans parler d’Amélie Nothomb? On pourrait, pour tenter de sortir du lot. Mais l’auteure belge réussit la prouesse de sortir un nouveau livre chaque année à la même période depuis 1992. On la suit depuis notre adolescence. Et pour ne rien gâcher, le pitch de “L’adolescence du perroquet” attise notre curiosité. Une ôde à l’amour avec des protagonistes qu’on n’attendait pas.
“Baignade surveillée” – Laura Kasischke (parution le 27 août chez Gallimard)
Le pitch: Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969? Le matin, tous les regards étaient médusés par les premières images d’une fusée décollant vers la Lune. L’après-midi, le petit Richie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon du quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître-nageuse était pourtant présente - une splendide étudiante, aux longs cheveux blonds et aux jambes parfaitement bronzées. Mais derrière ses lunettes de soleil, surveillait-elle vraiment la baignade?
Pourquoi ça nous tente: On n’a jamais prétendu avoir des goûts très originaux: ce livre fait, lui aussi, partie des sorties les plus attendues de la rentrée. Notre amour pour les romans choraux est né très jeune avec “Ensemble, c’est tout” d’Anna Gavalda, et ne nous a plus jamais quittés. On aime aussi les grandes plumes américaines et ces histoires qui nous plongent dans le quotidien d’apparence tranquille d’une banlieue chic dont on finit par découvrir les plus sombres secrets. Ce bouquin semble avoir tous les ingrédients qu’on aimait déjà chez Joël Dicker (avec notre chouchou “Le Livre des Baltimore) ou Taylor Jenkins Reid (“Malibu Rising”). On signe tout de suite.
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