Ce robot transforme le sol en batterie : l'invention chinoise qui pourrait changer l'avenir de la robotique

Grâce aux avancées de la miniaturisation, les microrobots sont aujourd'hui très prometteurs. Ces minuscules robots peuvent se faufiler dans des interstices trop petits pour les robots classiques ou les humains. Toutefois, ils restent assez limités à cause d'une autonomie bien trop faible. Sur un robot d'un poids de 1,7 gramme, une batterie classique ne tiendrait que quelques minutes. Pour atteindre une autonomie de deux heures, la batterie devrait représenter 94 % du poids de la machine.
Des chercheurs de l'université Fudan en Chine ont eu l'idée de transformer le monde entier en batterie. Dans un article publié dans la revue National Science Review, ils présentent un dispositif qui alimente un robot grâce à une membrane sous ses pieds. Constituée d'un polymère de polyacrylate de potassium formé directement sur la surface des pieds du robot, cette « peau » ne mesure, au minimum, que 135 μm d'épaisseur sur 1 mm².
Une membrane sous les pieds d’un microrobot lui évite de transporter une batterie très lourde. © National Science Review
Une membrane qui transforme le sol en batterie
Elle est reliée à un film de platine et de carbone, qui permet une réaction avec l'eau et l'oxygène. Placé sur un substrat à base d'aluminium, de zinc ou de silicium, le robot peut ainsi générer de l'énergie. Le substrat perd des électrons, tandis que l'eau et l'oxygène sur le film de platine et de carbone acceptent des électrons pour produire des ions hydroxyde. Cette réaction génère 133 mW cm⁻² sur du zinc, ou 103 mW cm⁻² sur de l'aluminium, et a permis au robot d'accomplir un voyage de 10 000 pas. Grâce aux différences de réactions, cette membrane permet au robot de déterminer la nature de la surface sur laquelle il est posé, le transformant en capteur.
Des chercheurs américains ont mis au point des robots microscopiques autonomes, capables de se déplacer et de réagir à leur environnement grâce à la lumière. De par leur taille et leur coût négligeable, ces machines ouvrant la voie à de nouvelles applications médicales et scientifiques.... Lire la suite
La membrane est collante, ce qui évite au microrobot de glisser, et lui permet même de grimper sur des surfaces inclinées. Toutefois, il ne peut pas s'alimenter sur d'autres surfaces comme de la terre, du plastique ou du verre. Les chercheurs lui ont ajouté un supercondensateur pour qu'il puisse traverser des zones « mortes ».
Plutôt que de s'encombrer de batteries lourdes et volumineuses, les microrobots peuvent donc s'alimenter via leurs pieds, ouvrant la voie à des machines dotées d'une grande autonomie, même si les environnements restent encore limités.
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