La facture d’électricité pourrait s’alourdir pour les centres de données

Deux consultants mandatés par Hydro-Québec estiment que la demande en électricité des centres de données devrait plus que doubler entre 2024 et 2030, surtout à cause d'une industrie d'intelligence artificielle (IA) en croissance.
Les analystes du cabinet de conseil en énergie et en climat Dunsky ont fait part de ces prévisions lors d'une audience publique consacrée à l'examen de la proposition d'Hydro-Québec visant à augmenter les tarifs facturés aux centres de données.
La Régie de l'énergie, l'organisme de régulation de l'énergie au Québec, examine actuellement cette hausse tarifaire potentielle.
Hydro-Québec a confié à Dunsky le mandat d'analyser comment différentes juridictions nord-américaines ont réagi à la forte hausse de la demande énergétique des centres de données.
Alexis Renaud-Bezot, l’un des analystes, a déclaré que la consommation d’énergie des centres de données en Amérique du Nord pourrait augmenter de 133 % entre 2024 et 2030.
Il a affirmé lors des audiences qu'on faisait face à une croissance de demande énergétique qui est beaucoup plus importance que ce qu'on a pu voir sur les deux dernières décennies. Il a ajouté qu'une grande partie de cette croissance est relative aux centres de données.
Il a ajouté que ceux qui étaient utilisés pour entraîner les modèles d'IA pouvaient varier en taille, allant de 20 mégawatts à plusieurs milliers de mégawatts.
Il a précisé que d’autres juridictions avaient augmenté les tarifs applicables aux centres de données afin de minimiser l’impact sur les clients résidentiels.
En quoi consiste cette augmentation?
Les modifications proposées par Hydro-Québec feraient doubler les tarifs actuellement payés par les centres de données en tant que gros consommateurs d'électricité. Ainsi, ils paieraient en moyenne 13 cents par kilowattheure, plutôt que 6,82 cents, ce qu'ils déboursent actuellement, selon la société d'État.
Avec un coût moyen de production énergétique à environ 12 cents par kilowattheure en augmentation, Hydro-Québec a soutenu au début des audiences vouloir s'assurer de ne pas continuer à vendre de l'électricité à rabais aux centres de données qui laisseraient les autres consommateurs payer la différence.
Hydro-Québec a dit que les centres de données qui seraient assujettis au nouveau tarif consomment présentement 190 mégawatts à leur pic, et que ce niveau pourrait atteindre 1000 mégawatts d'ici 2035.
Selon l’analyse de la firme, même avec le tarif augmenté, l'électricité d'Hydro-Québec demeurerait moins dispendieuse pour les centres de données comparativement aux régions voisines, mais ce n'est pas le cas.
Les centres trouveraient des options de rechange moins chères en Ontario et au Nouveau-Brunswick, ainsi que dans certaines parties des États-Unis.
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M. Renaud-Bezot a affirmé que des douzaines de nouveaux tarifs avaient été créés en Amérique du Nord pour cibler les centres de données.
Il s'est posé la question suivante : quel est le but de la création de tels tarifs? Il a répondu que le but était de minimiser ou d'éviter l'impact sur d'autres consommateurs.
Il a également souligné les préoccupations grandissantes sur l'effet des centres de données sur les coûts énergétiques, les ressources locales et l'environnement.
Il a observé que peu de résistance populaire avait été vue au Québec, mais qu'elle risquait d'arriver bientôt.
Les avocats représentant des joueurs de l'industrie qui s'opposent à la proposition ont interrogé les consultants sur la pertinence de leurs comparaisons entre les marchés énergétiques du Québec et ailleurs en Amérique de Nord, précisant qu'Hydro-Québec détient le monopole comme fournisseur d'électricité.
Marie-Pierre Boudreau, qui représente la Coalition des centres de données, a souligné qu'il n'y avait pas de choix, au Québec, en matière de fournisseurs énergétiques.
Hydro-Québec propose également d'augmenter les tarifs pour le minage et l'échange de cryptomonnaie à une moyenne de 19,5 cents par kilowattheure.
La première partie de ces audiences doit finir vendredi. Des représentants de Google ainsi qu'une coalition de groupes environnementaux doivent présenter leurs perspectives sur cette augmentation proposée en décembre.
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