Fraude fiscale : "Une affaire est introduite aujourd’hui devant la cour d’appel de Bruxelles ne sera traitée qu’en 2039 !", déclare Michel Claise

De la même manière, il n’existe pas non plus officiellement de chiffres qui permettent de déterminer avec précision le montant annuel de la fraude fiscale en Belgique.
Il y a quelques années, le SPF Finances estimait le manque à gagner fiscal à 30 milliards d’euros par an. Mais pour Michel Claise, le juge d’instruction en charge des plus importants dossiers de corruption, de fraude fiscale ou de blanchiment d’argent, ce montant est bien en dessous de la réalité. "Aujourd’hui, je pense qu’on a triplé le montant. Et je ne parle ici que de la fraude commise par des gens qui ont une entreprise normale. A cela, il faut rajouter ceux qui ont une entreprise anormale", explique-t-il.
Car il y a tout un vocabulaire. La fraude fiscale, c’est le fait d’enfreindre délibérément la règle en ne déclarant pas un revenu ou en gonflant ses frais professionnels. Mais toutes les fraudes fiscales ne se valent pas. C’est pourquoi le système distingue les fraudes fiscales graves et organisées des fraudes fiscales moins importantes.
"Dans les fraudes fiscales graves et organisées, il y a les fraudes commises par les entreprises dites "normales" et celles commises par celles entreprises dites "anormales", c’est-à-dire celles destinées à pratiquer la fraude. Ce sont des fausses opérations commerciales avec des sociétés bidons qui servent à piller le trésor, détourner de l’argent de la TVA notamment", détaille Michel Claise.
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