Mondiaux de cyclisme : le « pari » réussi des organisateurs

Pendant que Montréal se remet encore du spectacle enlevant des Championnats du monde de cyclisme sur route, l’heure est déjà au bilan. Pour Sébastien Arsenault, le président du comité d’organisation, le succès de la semaine a dépassé « ses rêves les plus fous. »
S'il est encore trop tôt pour quantifier l’achalandage de l'événement, M. Arsenault estime qu’il devrait assurément surpasser la barre des 250 000 spectateurs, ce qui correspond à l’achalandage habituel des Grands prix cyclistes de Montréal et Québec.
J’ai l’impression qu’on va avoir des chiffres dont tout le monde va être fier
, a déclaré M. Arsenault à l'émission Tout un matin, lundi.
Selon lui, les observations à l’œil nu sont évocatrices du succès de la compétition. Aujourd’hui, en voyant les foules sur le parcours et tous les jours, pas juste pour les grandes courses le week-end, […] on peut dire que Montréal a pleinement répondu présent
, a-t-il constaté.
Ce sentiment est partagé par l’ancien cycliste professionnel canadien, Dominique Perras, qui a remarqué des foules bien plus grandes qu’à l’époque où il pédalait encore.
Je pense que ça a été un succès monstre, ces championnats du monde, au-delà de mes attentes. Je pensais qu’il allait y avoir du monde, mais peut-être pas autant que ça
, a-t-il affirmé sur les ondes d’ICI Première.
Tourisme Montréal se réjouit également de la popularité de l'événement, même si l’organisation n'a pas encore mesuré toutes les retombées économiques.
On va calculer les retombées dans les hôtels et les restaurants. On comprend que les retombées ne peuvent pas être égales partout. Sur certaines artères, ç’a peut-être été un peu plus difficile, mais on sait que d’autres restaurants étaient pleins et ça faisait la file
, soutient la porte-parole de Tourisme Montréal, Aurélie de Blois.
Pour Tourisme Montréal, c’est mission accomplie
, reconnaît-elle en entrevue avec Radio-Canada.
Une course à la hauteur
Le niveau de cyclisme présenté lors de la compétition a également été remarqué, notamment par Dominique Perras, qui souligne que les courses ont été enlevantes
et exceptionnelles
.
Dimanche, l'américain Brandon McNulty a causé la surprise en remportant l'épreuve masculine. La veille, la néerlandaise Demi Vollering remportait le volet féminin de la course en ligne élite.
Le niveau de difficulté du parcours de dimanche a toutefois poussé à l’abandon près du deux tiers des cyclistes masculins. La championne du monde en titre, la Canadienne Magdeleine Vallières Mill, a également dû abandonné la compétition, samedi, après une chute.
C’est cruel, le sport. […] Elle est encore toute jeune et elle va avoir plein d’autres expériences, mais mon dieu que c’est cruel. On n’a pas un match jeudi prochain et un autre mardi pour se reprendre. Ce sont les Olympiques du vélo
, a-t-il dit au sujet de l’abandon de Magdeleine Vallières Mill.
Sébastien Arsenault défend toutefois son choix d’avoir opté pour un parcours plus relevé : Avec ces grands défis-là, arrive des podiums qui sont toujours relevés.
Quant au taux élevé d’abandon, il explique que cela fait partie du métier. L'année dernière, 135 des 165 compétiteurs de la course masculine n'avaient pas pu compléter le circuit lors l'épreuve phare.
Entre ambitions et critiques
Les Championnats du monde de cyclisme sur route ont aussi causé de nombreuses entraves à la circulation dans la métropole, ce qui a été critiqué par de nombreux citoyens et commerçants.
Mais pour Christian Quezada, copropriétaire du Edmond Café Cantine, situé au cœur du parcours, l’événement a eu des retombées positives pour son commerce.
Samedi et dimanche, c’étaient de très grosses journées. Dimanche, je pense qu’on a fait la plus grosse journée qu’on a jamais faite
, a-t-il affirmé au sujet de l’achalandage dans son café pendant les deux derniers jours de l'événement.
Le commerçant déplore cependant certains messages envoyés par la Ville à la population.
Ils ont tellement fait peur aux gens de venir dans ce carré de la ville que ç’a fait que les gens ont hésité [à se déplacer]. […] La mairesse qui dit : " Ça va être l’enfer ", pas nécessairement une bonne idée non plus
, estime M. Quezada en entrevue avec Radio-Canada.
En rétrospective de ces Mondiaux de cyclisme sur route, qui se sont déroulés du 20 au 27 septembre en plein cœur de la métropole, M. Arsenault estime que cela a prouvé que Montréal peut encore être la ville-hôte de grands rendez-vous internationaux. Il ne faut pas avoir peur d’avoir de l’ambition pour la suite
, soutient-il, avec espoir.
À lire aussi :
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.