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Friday, October 23, 2026

Meurtre de son beau-fils de 4 ans en 2008 | « J’ai pris cet enfant-là pour un punching bag »

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« Aujourd’hui j’ai conscience que c’est monstrueux ce que j’ai fait. […] Je reconnais avoir causé la mort de Jérémy. » Stéphanie Meunier a commencé à livrer son témoignage, dans sa tentative de « dernière chance » d’être libérée plus tôt, après 18 ans de détention.

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« J’avais de la rage à l’intérieur de moi et c’est Jérémy que j’ai pris pour me défouler. J’ai levé la main et j’ai pris cet enfant-là pour un punching bag », a raconté Meunier devant le jury, vendredi matin au palais de justice de Montréal.

En décembre 2008, Stéphanie Meunier bat, mord puis tue Jérémy Bastien-Perron, 4 ans. L’enfant, le fils de son conjoint, a subi des violences extrêmes avant sa mort.

« Je reconnais l’avoir mordu, lui avoir donné des coups de poing et des coups de pied. Quand je voyais noir, je frappais », explique la meurtrière, qui n’arrive pas à mettre un chiffre sur le nombre de fois qu’elle a levé la main sur l’enfant.

« Je me souviens au moins de cinq fois. […] Quand ça arrivait, c’était beaucoup de coups », a-t-elle répondu à une question de son avocate, Me Marie-Claude Lacroix.

Trois ans après la mort de Jérémy Bastien-Perron, Stéphanie Meunier a été déclarée coupable de meurtre prémédité, puis condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Elle se présente toutefois devant 12 jurés dans le cadre de « la clause de la dernière chance », où elle leur demande d’être immédiatement admissible à une libération conditionnelle totale.

Enfance « difficile »

Stéphanie Meunier a grandi dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Élevée par une mère monoparentale, elle raconte avoir grandi dans un environnement violent. « Ma famille était dysfonctionnelle. J’avais un grand-père alcoolique, un père consommateur d’alcool et de drogue et une mère dépressive. »

« Quand ma mère n’était pas là, [mon frère] s’amusait à se défouler sur moi et ma sœur », a expliqué Mme Meunier.

Elle commence à consommer de la drogue à partir de 12 ans. Rapidement, après avoir essayé le cannabis, elle se met à consommer régulièrement de la cocaïne puis du crack.

Consommer pour moi était une béquille libératrice, c’était pour ne pas ressentir ce que je vivais

Stéphanie Meunier

Engrenage violent

Au fil des années, elle s’entoure de conjoints comme elle, qui consomment énormément. Puis, la violence s’installe au sein de ses relations.

« J’allais vers ce que je connaissais et j’ai choisi des hommes qui étaient eux aussi violents », a témoigné Meunier, mère de quatre enfants issus de deux relations.

Le 18 mai 2007, alors qu’elle sort tout juste d’une relation avec le père de trois de ses enfants, elle rencontre pour la première fois Francis Bastien. L’homme sort à ce moment lui aussi d’une relation. Un mois plus tard, celui-ci lui présente son fils, Jérémy. « Je l’ai invité à venir vivre chez moi avec mes enfants et son garçon. »

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK « EN MÉMOIRE DE JÉRÉMY »

Jérémy Bastien-Perron a été tué à 4 ans.

Selon son témoignage, les premiers signes de violences dans le domicile grimpent rapidement. « Un soir, Francis a donné un coup de poing à deux pouces de la tête de ma fille. […] Je sais que Francis s’en prenait à Jérémy alors ça me donnait l’impression que j’avais le droit moi aussi », témoigne Meunier.

« Avec le recul, je regarde ma vie, je regrette tout. J’ai fait beaucoup de mauvais choix : la drogue, les conjoints, ce que j’ai fait à Jérémy », avoue la meurtrière de 47 ans. « Si je n’avais pas choisi la drogue, aujourd’hui ma vie et celle de Jérémy seraient différentes », a-t-elle ajouté.

Plus de 300 sorties

Depuis qu’elle est incarcérée, Stéphanie Meunier est passée d’une prison à sécurité maximale à un établissement de niveau minimum. En prison, elle a enchaîné les petits boulots, travaillant à la couture, au ménage ou à la cuisine.

Stéphanie Meunier, qui avait lors de son procès tout nié, raconte avoir cheminé en prison. « Longtemps j’ai dit avoir été une victime de la jeunesse que j’ai vécue. Je comprends maintenant que ce sont les mauvais choix que j’ai faits qui ont mené là où j’en suis aujourd’hui », a-t-elle affirmé.

Son risque de récidive violente est évalué comme étant modéré à faible.

Dans les dernières années, elle a bénéficié de plus de 300 sorties avec escortes. Son comportement a été « irréprochable » lors de ces sorties, témoignaient les autorités.

Une quinzaine d’autres témoins de la défense, dont des citoyens qu’elle a côtoyés dans la communauté lors de ses sorties, seront appelés à témoigner.

La Couronne tentera ensuite de convaincre les 12 jurés de maintenir à 2033 la première admissibilité de la meurtrière à la libération conditionnelle. Le ministère public est représenté par Me Philippe Vallières-Roland et Me Sarah-Audrey Daigneault.

Le jury a été avisé par la juge Hélène Di Salvo que leur décision doit être prise en fonction du caractère de la délinquante, sa conduite pendant son incarcération, la nature de l’infraction, les témoignages de la famille de la victime et tout autre renseignement pertinent.

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