Un troisième béluga de Marineland meurt après avoir été déplacé
Un troisième béluga, qui faisait partie d’un transfert massif de baleines depuis Marineland, est décédé.
Jelly Bean, âgée de 19 ans, est décédée « soudainement et de manière inattendue » vendredi, a déclaré l’Oceanografic de Valence.
Fin août, l’aquarium espagnol avait accueilli Jelly Bean et un autre béluga nommé Cléopâtre, en provenance du parc d’attractions fermé de Niagara Falls, en Ontario, ainsi que quatre grands dauphins (ou dauphins à gros nez).
« Ces derniers jours, Jelly Bean avait des difficultés à s’alimenter, ce qui a incité l’équipe vétérinaire à intensifier sa surveillance, a indiqué Oceanografic dans un communiqué. Au cours de cette période, elle a montré des signes d’amélioration et est restée réactive vis-à-vis de ses soigneurs, tout en continuant à faire l’objet d’une surveillance 24 heures sur 24. »
Deux bélugas de Marineland, Rain et Peekachu, ainsi qu’un béluga résidant au Shedd Aquarium de Chicago, Beethoven, sont morts quelques semaines après leur transfert. L’enquête menée par l’aquarium est toujours en cours.
Dix-neuf bélugas et la seule orque de Marineland, Kiska, sont morts au sein du parc entre 2019 et 2025.
Le parc abritait la plus grande collection de bélugas en captivité au monde, avec 30 individus. L’ancienne propriétaire, Marie Holer, avait mis le parc en vente en 2024 avant de le fermer définitivement à la fin de cet été-là. Elle est décédée quelques jours après la fermeture, après avoir pris la relève de John Holer, fondateur du parc en 1961 et décédé en 2018.
Selon certaines sources, le parc aurait été provisoirement vendu à condition que tous les animaux aient quitté les lieux avant la fermeture. Plusieurs centaines de cerfs se trouvent encore sur le site.
Marineland et Oceanografic ont transféré les deux bélugas ainsi que quatre dauphins en Espagne au cours d’un périple de vingt heures, le 27 août.
« À l’heure actuelle, il n’est pas possible de déterminer la cause du décès, a indiqué Oceanografic. Les vétérinaires d’Oceanografic procéderont à une autopsie en collaboration avec l’équipe de pathologie de l’université CEU Cardenal Herrera afin de tenter de déterminer les facteurs qui ont pu contribuer à sa mort. »
Marineland a dit que ses baleines étaient en bonne santé au moment où elles ont quitté le parc. La ministre des Pêches, Joanne Thompson, avait également donné son feu vert au déplacement des baleines et des dauphins.
Marineland a transféré ses baleines et ses dauphins vers cinq parcs en l’espace de six semaines : les sites de SeaWorld à San Diego et à San Antonio, le Georgia Aquarium d’Atlanta, le Shedd Aquarium de Chicago et l’Oceanografic de Valence.
« Nous avons été profondément attristés d’apprendre le décès de Jelly Bean, a affirmé Marineland dans un communiqué. Nos pensées vont aux personnes qui ont pris soin d’elle : le personnel et les soigneurs qui la côtoyaient au quotidien, ainsi qu’à tous ceux qui ont suivi son histoire. »
En 2019, le gouvernement fédéral a interdit la captivité des baleines et des dauphins, mais a accordé une dérogation aux animaux de Marineland. Il a également interdit la reproduction, ce qui a contraint Marineland à séparer ses mâles et ses femelles. La loi a également interdit les spectacles.
Décès liés aux changements
Le parc attribue en partie ces décès à ces changements.
L’année dernière, Marineland avait conclu un accord pour vendre toutes ses baleines et tous ses dauphins à Chimelong Ocean Kingdom, un aquarium chinois inscrit au Livre Guinness des records comme le plus grand aquarium du monde. C’était le seul endroit au monde que Marineland avait pu trouver qui acceptait de tous les accueillir.
La ministre Thompson a toutefois rejeté cet accord, estimant qu’il n’était pas dans l’intérêt des baleines, car celles-ci seraient soumises à des lois différentes, notamment en matière de reproduction et de numéros de spectacles.
En réponse, Marineland a fait la une de la presse internationale en déclarant qu’il était à court d’argent et qu’il avait besoin d’une injection de fonds fédéraux, faute de quoi il serait contraint d’euthanasier toutes ses baleines.
Cette menace d’euthanasie est restée d’actualité tant que le parc n’avait pas réussi à faire partir les baleines.
Le parc s’est alors tourné vers un consortium d’aquariums américains et espagnols pour obtenir de l’aide. Mme Thompson a finalement approuvé cette décision, bien que les baleines et les dauphins se soient retrouvés dans des lieux où la reproduction et les spectacles étaient autorisés.
La dernière baleine en captivité au Canada, Tofino, a quitté les eaux de Marineland le 31 août.
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