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Thursday, October 29, 2026

Le propriétaire de Stelco espère réembaucher les employés mis à pied avant Noël

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Lourenco Goncalves, chef de la direction de Cleveland-Cliffs, affirme qu’il espère réembaucher les travailleurs de Stelco qui ont été mis à pied avant Noël si un plan visant à accroître les ventes au Canada porte ses fruits.

Dans une déclaration écrite adressée à La Presse canadienne, M. Goncalves indique que l’entreprise mise désormais sur une augmentation des achats d’acier fabriqué au Canada plutôt que sur un resserrement des restrictions à l’importation pour rétablir les emplois dans ses installations ontariennes.

Tout dépendra de la volonté des clients canadiens d’acheter de l’acier canadien, fabriqué par Stelco, a-t-il écrit. Si notre plan fonctionne, j’ai l’intention de rappeler l’ensemble des 175 salariés avant Noël.

Lourenco Goncalves a précisé que le nombre de mises à pied n’a jamais été de 500, mais plutôt de 175, malgré une lettre interne de Stelco adressée aux employés le 28 septembre qui avertissait que jusqu’à 500 travailleurs des usines Stelco de Hamilton et du lac Érié, à Nanticoke, en Ontario, pouvaient être touchés.

Le sidérurgiste a invoqué les droits de douane américains, la faiblesse de la demande d’acier canadien et la concurrence des produits sidérurgiques importés pour justifier ces licenciements.

Ron Wells, président de la section locale 1005 du syndicat des Métallos, qui représente les salariés de l'usine Stelco de Hamilton, a confirmé que 175 salariés avaient été licenciés à Hamilton, tandis qu'aucun licenciement n'avait encore eu lieu au lac Érié.

Il a accusé Cleveland-Cliffs de se servir de ces licenciements pour faire pression sur Ottawa afin que celui-ci durcisse les restrictions sur les importations d’acier étranger.

Il vient de causer beaucoup de souffrance et de chagrin à 175 personnes, a déploré M. Wells. Il va sans dire que nous sommes opposés à ce que nos adhérents soient utilisés comme des pions.

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, prend la parole durant la période des questions à la Chambre des communes, sur la colline du Parlement, à Ottawa, le lundi 5 octobre 2026.

La ministre de l'Industrie du Canada, Mélanie Joly, a mis Stelco en demeure la semaine dernière.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, a mis Cleveland-Cliffs en demeure la semaine dernière pour que l'entreprise mette fin aux violations présumées de ses engagements au titre de la Loi sur Investissement Canada, notamment en matière de garanties d’emploi, sous peine de faire l’objet de poursuites judiciaires.

Dans un courriel envoyé mercredi en réponse à l'intention affichée par M. Goncalves de rappeler les travailleurs, Mme Joly a réitéré que l’entreprise devait présenter un plan concret et un calendrier précis pour la réintégration des employés avant qu’elle n’accepte de le rencontrer.

Nous avons besoin d’un véritable plan de leur part pour nous montrer qu’ils agissent de bonne foi, a-t-elle déclaré. Le temps presse.

Un important rachat

Ces mises à pied interviennent environ deux ans après le rachat de Stelco par Cleveland-Cliffs en 2024. Pour obtenir l’approbation d’Ottawa, l’entreprise s’était engagée à maintenir des niveaux d’emploi minimaux et à respecter d’autres engagements.

Nous pensions pouvoir vendre de l’acier laminé à froid et galvanisé sur le marché intérieur canadien, mais cela ne s’est pas concrétisé et la situation ne s’est pas encore améliorée, a expliqué M. Goncalves dans la déclaration.

Il a ajouté que, puisqu'Ottawa n’est pas disposé à restreindre davantage les importations d’acier laminé à froid et galvanisé, Stelco devra compter sur ses propres efforts et sur ses clients canadiens pour relancer ses ventes, sa production et ses emplois.

Par ailleurs, il a également indiqué que Stelco ne serait pas vendue avant au moins un an.

Je ne m'entretiendrai avec aucun acheteur, réel ou imaginaire, ni maintenant ni au cours de l'année civile à venir, a assuré M. Goncalves. En revanche, après avoir affiché des chiffres de production en hausse pendant un an et réintégré l'ensemble des 175 salariés à leur poste, je serai ravi de vendre l'entreprise, à condition que j'en décide ainsi d'ici là.

Mélanie Joly a averti que Cleveland-Cliffs pourrait être contrainte de vendre Stelco si elle ne respectait pas les engagements contraignants pris lors de l’acquisition du sidérurgiste canadien en 2024.

Selon Lourenco Goncalves, Mme Joly décourage les investissements étrangers au Canada en évoquant publiquement des acheteurs potentiels pour Stelco et en critiquant les décisions commerciales de l’entreprise.

Si j’avais su – ou même soupçonné – que je serais soumis à ce genre de traitement lorsque je prenais une décision commerciale dans le respect des engagements que je respecte pleinement, je n’aurais certainement pas investi au Canada, a-t-il dit.

Les deux se sont également affrontés au sujet des droits de douane américains, que M. Goncalves a soutenus et qui, selon Ottawa, ont porté préjudice aux sidérurgistes canadiens et contribué aux licenciements.

Entrevue polémique

Mélanie Joly a déclaré mercredi aux journalistes que le gouvernement fédéral consultait ses avocats au sujet des propos de Lourenco Goncalves laissant entendre qu’il avait racheté Stelco pour protéger les activités américaines de son entreprise de la concurrence canadienne.

Nous sommes en contact avec nos avocats […] pour voir quelles pourraient être les conséquences de tels aveux, a-t-elle indiqué aux journalistes, faisant référence aux propos tenus par M. Goncalves lors d’une entrevue télévisée.

Lourenco Goncalves, PDG de Cleveland-Cliffs, prononce un discours.

Lourenco Goncalves, PDG de Cleveland-Cliffs. (Photo d'archives)

Photo : Associated Press / John Kuntz

M. Goncalves a déclaré mardi à CBC qu’il avait racheté Stelco parce que l’entreprise canadienne inondait le marché américain d’acier avec des prix inférieurs à ceux du marché.

J’ai racheté Stelco parce que je ne pouvais plus me permettre que cette entreprise inonde le marché américain au détriment de ma propre entreprise, a-t-il déclaré à David Cochrane, animateur de l’émission Power & Politics.

Mélanie Joly avait récemment déclaré qu'on ne peut pas défendre les droits de douane américains, qui nuisent aux travailleurs des deux côtés de la frontière, et s’en attribuer le mérite, puis faire volte-face et prétendre que les conditions du marché ont changé.

M. Goncalves a demandé à rencontrer Mme Joly pour discuter des licenciements.

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