Paul St-Pierre Plamondon durcit le ton face à Carney sur l’immigration
Aux portes du pouvoir, Paul St-Pierre Plamondon commence à tracer ses premières lignes rouges face au gouvernement de Mark Carney. Alors que le premier ministre canadien envisage de relever les seuils d’immigration au pays, le chef du Parti québécois (PQ) ferme la porte à une nouvelle hausse imposée par Ottawa, un gouvernement qu’il accuse d’être « basé sur l’abus de pouvoir ».
« Le Québec est une démocratie et nous allons nous-mêmes déterminer les niveaux d’immigration qui correspondent à notre capacité d’accueil », a déclaré le chef péquiste mercredi matin, lors d’un arrêt en Abitibi.
Selon l’aspirant premier ministre, l’augmentation « subite » de l’immigration, « orchestrée » par le gouvernement fédéral au cours de la dernière décennie, était « antidémocratique » et n’a jamais suffisamment tenu compte des « impacts » sur le logement, les services publics et le français au Québec.
« Ce que le fédéral fait, c’est qu’il contrôle les aéroports, les frontières, il augmente le nombre de temporaires. Puis ensuite, il envoie le message qu’un temporaire, c’est un permanent. Puis, on n’a pas le choix de se plier à leur volonté unilatérale », a lancé PSPP lors d’une mêlée de presse.
Le premier ministre Mark Carney a indiqué, dans une entrevue accordée au New York Times, qu’il envisage désormais que le Canada puisse entamer une « augmentation contrôlée » de sa population, estimant que le système d’immigration canadien était à nouveau stabilisé.
Le gouvernement fédéral a amorcé la réduction de ses seuils d’immigration à l’automne 2024. Son dernier plan d’immigration prévoyait l’admission de 385 000 résidents permanents en 2026, puis de 370 000 en 2027 et en 2028.
À cinq jours du scrutin, PSPP se présente comme le principal rempart contre une éventuelle hausse des seuils d’immigration d’Ottawa. « C’est là que le Parti québécois est nettement le plus solide et le plus fort pour tenir tête [au fédéral] », a-t-il plaidé mercredi.
Son adversaire libéral, Charles Milliard, rejette toutefois cette posture de confrontation, qu’il juge « dangereuse ». Il plaide lui aussi que sa formation serait la mieux placée pour défendre les intérêts du Québec, affirmant qu’il n’aurait « pas de difficulté à tenir tête » au gouvernement Carney sur ce dossier. « Être fédéraliste, c’est collaborer et tenir tête au gouvernement fédéral lorsque nécessaire », a-t-il fait valoir.
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