Pressé d'en finir en Ukraine avant ses élections, Donald Trump sème la confusion

C'était un week-end de confusion dans le dossier ukrainien. D'abord avec l'annonce d'un accord de fourniture de diesel russe pour les marchés américains et mondiaux, à la grande colère des autorités ukrainiennes. Donald Trump a ensuite appelé au remplacement de Volodymyr Zelensky. Et enfin l'annonce par le président américain d'un accord de cessez-le-feu énergétique entre les deux belligérants.
C'est une annonce qui a surpris tout le monde. Elle est comme souvent venue d'une publication de Donald Trump sur les réseaux sociaux. Et elle a surpris le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui se dit prêt à l'accepter si la Russie en fait de même. On attend toujours la réponse officielle de Moscou. Elle est venue par le bombardement d'installations électriques ukrainiennes après l'annonce de Donald Trump, ce qui doit signifier que l'accord n'est pas tout à fait finalisé.
Soutien des puissances occidentales
Cela fait quelques temps qu'il en est question. La guerre fait mal aux deux camps. Les frappes de drones ukrainiennes réduisent capacités de raffinage, de production et de financement de la Russie. Moscou tente à nouveau, pour le cinquième hiver d'affilée, de plonger l'Ukraine dans le noir et dans le froid. C'est pour cela qu'il est question de ce cessez-le-feu énergétique au moins depuis l'Assemblée générale des Nations unies en septembre. Avec le soutien des puissances occidentales, en particulier la France et le Canada.
Pression sur l'Ukraine
Si Donald Trump fait cela, c'est aux dépens de l'Ukraine et de Volodymyr Zelensky et donc au bénéfice de la Russie. Là aussi, ce n'est pas une surprise. Il faut se souvenir du guet-apens tendu au président ukrainien dans le bureau ovale en février 2025 avant qu'il soit chassé de la Maison Blanche, puis du plan de paix américain de novembre dernier qui reprenait quasiment intégralement les conditions russes, puis le tarissement de l'aide militaire américaine, sans compter les invitations à des responsables russes lors des différentes instances du G20 organisé par les États-Unis, jusqu'à inviter Vladimir Poutine au sommet et à ce coup de fil entre les deux présidents russes et américains vendredi. Il est assez clair que Donald Trump fait pression sur l'Ukraine pour mettre fin à la guerre.
Attendre le verdict des urnes
C'est vrai que bientôt cinq ans, c'est long. Et depuis qu'il est de retour à la Maison Blanche, cette guerre est un problème pour ce que Donald Trump estime être son image de fin négociateur. Il a lui-même déclenché une guerre en Iran qui déstabilise l'ensemble du Moyen-Orient et pèse sur les prix du carburant et dont il ne sait comment sortir. C'est donc une solution de facilité de s'en prendre à Volodymyr Zelensky à moins d'un mois des élections de mi-mandat. C'est l'horizon actuel du président américain. Tout le monde le sait. Y compris les Européens. Ils savent qu'il ne faut pas le critiquer en public et qu'avec lui, c'est souvent le dernier qui lui a parlé qui a raison. Et le dernier qui lui a parlé, c'est Vladimir Poutine, vendredi. Pour l'instant, il n'y a pas d'autre choix que d'attendre le verdict des urnes aux États-Unis et de reprendre le dialogue ensuite.
À lire aussiTrump assure que la Russie et l'Ukraine ont conclu un «cessez-le-feu énergétique», Zelensky tempère
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.