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Saturday, October 10, 2026

Philippe Couillard craint que l’aide médicale à mourir aille trop loin

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L’ex-premier ministre du Québec Philippe Couillard s’inquiète de l’élargissement de l’accès à l’aide médicale à mourir (AMM) au Canada. Le gouvernement libéral qu’il a dirigé a, pourtant, été le premier au pays à adopter une loi autorisant cette pratique en 2014.

Je ne suis pas sûr que je voterais à nouveau pour cette loi compte tenu de l’élargissement que nous avons constaté ces dernières années, a-t-il déclaré, dans une rare apparition médiatique, à l’émission The House (nouvelle fenêtre) de CBC.

Au début, l’AMM était clairement réservée aux maladies en phase terminale ou préterminale, avec une issue fatale et inévitable. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, poursuit celui qui était neurochirurgien avant de se lancer en politique.

En 2024, le Québec est allé encore plus loin en autorisant les demandes anticipées d'AMM. Les personnes vivant, par exemple, avec l’alzheimer ont pu ainsi soumettre une demande avant que leur état ne les rende inaptes à consentir.

Des opposants à la loi m'avaient prévenu : "Votre motivation est bonne, mais vous verrez, une fois la porte ouverte, vous ne la refermerez pas et elle s'ouvrira encore plus." Et c'est ce qui s'est passé.

J'espère que nous n'avons pas agi trop vite.

Le Québec est l’endroit dans le monde qui a le plus recours à cette procédure. En 2024-2025, l’AMM était responsable de 7,9 % des décès dans la province, selon la Commission sur les soins de fin de vie.

D’autres pays qui ont autorisé la pratique enregistrent des taux moins élevés. C’est le cas des Pays-Bas (5,8 %), de la Belgique (3,8 %) et de la Suisse (2,5 %).

Bien que le projet de loi ait été initialement présenté par le Parti québécois, il a recueilli l'appui de plusieurs partis lorsque les libéraux de Philippe Couillard étaient au pouvoir. L’ancien premier ministre considère l'adoption du projet de loi initial comme l'un des meilleurs moments de la démocratie durant son mandat.

Quatre personnes derrière un bureau durant une conférence de presse.

Le dossier de l'aide médicale à mourir a fait l'objet d'une collaboration transpartisane au fil des années. (photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Philippe Couillard se rassure lorsqu’il se souvient de ce qui l’a poussé à faire adopter cette loi. Je pense à des patients précis que j'ai connus au cours de ma carrière médicale et qui souffraient tellement.

Un débat toujours en cours

Après avoir institué sa propre loi, en 2019, le gouvernement fédéral a annoncé cette semaine qu'après mûre réflexion, il renonçait à étendre l'AMM aux personnes souffrant uniquement de maladie mentale.

Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a néanmoins déclaré que la nouvelle loi à venir ouvrira la porte à la possibilité pour les citoyens de donner leur consentement préalable si les provinces où ils habitent le permettent.

Il y a beaucoup de dissensions dans les différents groupes d’experts et de politiciens qui se sont penchés sur le sujet de l’inclusion ou non des troubles mentaux comme facteur unique justifiant une demande d’AMM, explique la professeure Isabelle Marcoux, en entrevue à l’émission Les faits d’abord sur ICI PREMIÈRE.

Mme Marcoux, qui codirige le consortium de recherche sur l’AMM, estime que ce seront certainement les tribunaux qui auront à trancher la question. Le consortium qu’elle dirige est en train de travailler sur les critères qui font du Québec le champion du monde de l’aide médicale à mourir. Parmi les pistes étudiées : les caractéristiques de population, la facilité d’accès au service, l’acceptabilité sociale ou la façon dont le sujet est traité dans les médias.

À la base, lorsque la loi canadienne a été adoptée en 2016, elle exigeait que le décès d’une personne soit raisonnablement prévisible pour qu’elle puisse avoir droit à ce soin.

En 2019, la Cour supérieure du Québec a toutefois invalidé cette loi. Le fédéral a finalement modifié la loi pour y inclure les personnes qui souffrent de manière intolérable d’une maladie grave et incurable ou d’un handicap, mais dont le décès n’était pas raisonnablement prévisible.

D’après un article (nouvelle fenêtre) de Darren Major et avec des informations de La Presse canadienne

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