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Saturday, October 10, 2026

« Vendetta » policière envers un trafiquant de drogue | « Il y a zéro esprit de vengeance », se défend un commandant du SPVM

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Un haut gradé de la police de Montréal s’est défendu d’avoir orchestré une vengeance personnelle envers un présumé trafiquant de cocaïne arrêté l’année passée. « Je m’intéresse pas à ce que Marc-André Lachance fait nonobstant ce qu’on peut penser ici », a déclaré le commandant Francis Renaud au tribunal.

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Leurs chemins se sont croisés à Playa Del Carmen et à Sainte-Thérèse. Ils se retrouvent maintenant au palais de justice de Montréal.

« Marc-André Lachance, c’est la même chose que n’importe quel criminel du crime organisé. J’essaye de me tenir au courant. J’en connais beaucoup. Marc-André Lachance, en 25 ans j’ai eu affaire avec lui une fois en 2011 et une seconde fois aujourd’hui », a expliqué du tac au tac le policier Francis Renaud.

Le commandant témoignait dans le cadre d’une requête en arrêt des procédures déposée par Marc-André Lachance. Ce dernier est accusé dans une affaire de trafic de cocaïne. Cette ancienne relation des Hells Angels se dépeint comme victime d’une « vendetta » policière menée à son avis par M. Renaud, qui dirige la Division du crime organisée du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’accusé de 43 ans, décrit dans sa requête une « campagne de peur, une intimidation organisée sous le couvert de l’uniforme et une omerta. »

« Je savais qu’on se rendrait ici », a soupiré M. Renaud à la cour en référence à l’audience de vendredi après-midi.

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, ARCHIVES LA PRESSE

Francis Renaud lors d’une conférence de presse

Attaque brutale au Mexique

L’accusé allègue que le haut gradé du SPVM lui en veut en raison d’une histoire survenue au Mexique en 2011. À l’époque, des policiers sont en vacances à Playa Del Carmen. Francis Renaud fait partie du groupe. Il se retrouve au même endroit que des individus criminalisés, dont Marc-André Lachance.

Jusqu’ici, rien de surprenant : des bandits venus profiter du soleil. Un détail attire toutefois l’attention du groupe de policiers vacanciers : ces bandits fraternisent… avec d’autres policiers.

Quelqu’un dans le groupe de M. Renaud décide de prendre une photo de cette scène inopinée en guise de preuve. On le repère, puis on le pourchasse. Il est séquestré et battu. Il sera ramené plus tard à l’hôtel avec de graves blessures.

Le premier réflexe de M. Renaud à l’époque est d’aller chercher un collègue en renfort, a-t-il raconté. Lui et ce collègue ne retrouvent pas la victime malgré leurs efforts. Ils décident alors de rester à l’hôtel dans l’éventualité où la victime parvienne à s’enfuir de ses bourreaux.

« L’évènement du Mexique ça m’a pas blessé. Ça m’a fait quelque chose comme n’importe qui. C’était un ami qui s’est fait battre. Ce n’est pas le fun de voir quelqu’un dans cet état-là. Malheureusement, j’ai choisi un métier où ces choses-là vont arriver. Tant pis pour moi », a laissé tombé le commandant.

Face à face des années plus tard

Juin 2025, à Sainte-Thérèse. Marc-André Lachance est arrêté au terme d’une enquête relative aux stupéfiants. Il est menotté. Francis Renaud se présente sur les lieux, comme il le fait parfois dans ce type d’opérations. Il a relaté au tribunal sa courte conversation avec l’accusé.

« Salut Francis », lui aurait dit M. Lachance sur un « ton monotone assez ferme, mais un peu fâché. »

Après l’avoir salué en retour, M. Renaud l’entend avec surprise faire directement référence à l’évènement du Mexique.

« J’ai arrêté de taper dessus quand j’ai su que c’était une police », aurait plaidé M. Lachance. M. Renaud affirme lui avoir répondu qu’il « n’était pas sûr de ça. »

Il est interrompu par son collègue, le sergent-détective Félix Turgeon. Il avise Francis Renaud que ça ne vaut pas la peine de poursuivre cette veine discussion, puisqu’ils sont visiblement en désaccord.

M. Turgeon a également témoigné vendredi. Selon lui, le ton n’est jamais monté entre les deux hommes, mais il a choisi d’intervenir de façon préventive. Il se rappelle les avoir éloignés l’un de l’autre pour éviter tout débordement. « Je ne parlerais pas de ton qui monte ou d’escalade. Je vois qu’ils sont en train de parler de quelque chose, un évènement dans lequel un policier a été blessé et qu’ils ne s’entendront pas. On sépare les deux parties pour éviter qu’il y ait dégénérescence ou complication à ce moment-là. »

L’accusé se dit repentant

M. Turgeon a ensuite relaté une discussion entre lui et l’accusé après l’arrestation. M. Lachance est alors détenu et semble frustré. Il se sent harcelé par la police. Il l’informe qu’il est repentant par rapport à tout ça. « Il m’a même dit qu’un jour il aimerait rencontrer le policier blessé. Je me suis engagé à faire le message, mais que je n’étais pas garant des résultats », a expliqué le témoin.

Il a aussi mentionné que M. Lachance serait à couteau tiré avec le chapitre South des Hells Angels. Il ne serait donc pas le bienvenu sur la Rive-Sud de Montréal. C’est la raison pour laquelle le commandant Renaud lui aurait demandé « s’il était correct sur la Rive-Sud. »

« Il y a zéro esprit de vengeance. […] Ça fait 15 ans que j’ai pas d’informations sur Marc-André Lachance. Je n’en veux pas. Je n’en ai pas besoin au niveau où je suis », a réitéré M. Renaud dans son témoignage.

Marc-André Lachance, défendu par Me Günar Dubé et Me Xavier Desrosiers, devrait témoigner dans les prochaines semaines. Me Khalid Alguima et Me François Allard représentent la Couronne dans ce dossier.

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