Cold case en France : à Blois, les parents de la "petite martyre de l’A10" jugés 39 ans après sa mort

Le caveau de l’enfant martyr dans le cimetière de Suèvres © RTBF – EVN
Un corps mutilé découvert au bord de l’A10
La découverte, le 11 août 1987, de la dépouille mutilée de cette fillette dans un fossé de l’A10 par deux agents de l’autoroute, à hauteur de Suèvres, village du Loir-et-Cher situé entre Orléans et Tours, a alimenté pendant des décennies la chronique judiciaire.
L’affaire a été marquée par de multiples rebondissements.
Le corps portait des marques de violences, dont des traces de brûlures dues à un fer à repasser et des cicatrices dues à des morsures humaines, attribuées à une femme, selon les médecins légistes et des rapports consultés par l’AFP.
Enquête progresse grâce à l’ADN
A court de pistes, la gendarmerie avait lancé le plus grand appel à témoin jamais initié en France pour tenter d’identifier la victime. Son signalement avait été diffusé dans plus de 30 pays et sa photographie placardée dans 65.000 écoles et 30.000 mairies.
Deux ordonnances de non-lieu rendues en 1991 et 1997 après des recherches infructueuses avaient laissé cette affaire non résolue.
Ce n’est qu’environ trente ans plus tard, en 2018, que les enquêteurs sont parvenus à remonter jusqu’aux parents, grâce à un prélèvement ADN effectué sur le frère de la victime dans une affaire de violence.
La comparaison avec le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) révèle une correspondance avec des traces ADN retrouvées sur les vêtements et la couverture dans laquelle était enveloppé le corps de l’enfant, permettant enfin d’identifier le corps, puis d’interpeller les parents en juin 2018.
Mais plusieurs recours des parents et du parquet de Blois contre l’ordonnance de mise en accusation du juge d’instruction ont retardé la tenue d’un procès. En septembre 2024, la Cour de cassation a finalement ouvert la voie à un procès et validé les chefs d’accusations initiaux.
Ce croquis réalisé le 2 novembre 2026 montre les parents d'Inass Touloub, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, lors de leur procès concernant leur fille Inass Touloub, au palais de justice de Blois, le 2 novembre 2026. © -
La mère prise à partie après la première matinée d'audience
Une poignée de membres du collectif Mouv'Enfants, qui a organisé une action devant le tribunal avant l'ouverture de l'audience, a suivi Halima El Bakhti, 72 ans, sur une centaine de mètres à sa sortie du palais de justice en criant "Justice pour Inass" ou "la honte". Les manifestants de ce mouvement constitué d'anciennes victimes de violences, qui se décrit comme engagé pour les droits et la protection des enfants, ont également collé des photos du visage tuméfié de la fillette sur des murs du palais de justice.
L'accusée, jugée depuis lundi matin devant la cour d'assises du Loir-et-Cher à Blois pour "torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort" sans intention de la donner, s'est retrouvée acculée contre un mur, protégée par son avocat Me Camille Radot. Au moins trois policiers ont dû maîtriser Arnaud Gallais, président du collectif Mouv'Enfants. La mère a ensuite pu quitter les lieux après plusieurs minutes.
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