Un document de travail révèle les grandes lignes d’un rapprochement Canada-UE

Sécurité numérique, minéraux critiques et flotte d’avions-citernes : voilà quelques domaines dans lesquels le Canada et l’Union européenne souhaitent renforcer leur collaboration, selon un document de travail consulté par La Presse canadienne.
Ce document, une ébauche de communiqué de presse, a été préparé en amont d’un sommet majeur prévu à la fin du mois à Montréal.
On y apprend qu'Ottawa et Bruxelles souhaitent permettre aux entreprises canadiennes de soumissionner pour des projets d’infrastructures d'infonuagique et d’intelligence artificielle habituellement réservés aux entreprises européennes, dans le cadre d’un nouvel effort visant à réduire la dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Surnommé Alliance pour l’avenir
, ce partenariat renouvelé prévoit également l’adhésion du Canada au système européen de navigation par satellite Galileo. Il comprend un accord visant à faciliter les investissements européens dans les minéraux critiques canadiens, selon le document qui a fuité.
Il annonce en outre l’achat conjoint de 50 avions-citernes De Havilland de fabrication canadienne qui, selon le document, seront opérationnels pour lutter contre les feux de forêt d’ici 2030.
Plus largement, le document met de l'avant les efforts continus visant à renforcer les liens dans des domaines allant du commerce à l’éducation, en passant par le secteur militaire.
Le Canada et l’Union européenne tentent tous deux de se prémunir contre des États-Unis moins fiables et de porter bien haut l’étendard de l’ordre international fondé sur des règles
.
Selon Patrick Leblond, qui est professeur agrégé à l'École supérieure d'affaires publiques et internationales de l'Université d'Ottawa, le défi consiste à parer aux réactions négatives de la Maison-Blanche et à continuer de renforcer les liens transatlantiques au-delà du prochain cycle électoral.
Le communiqué en préparation, daté du 22 septembre, s’engage à renforcer la souveraineté numérique et à harmoniser les cadres réglementaires grâce au statut de pays associé
accordé au Canada dans le cadre de la proposition de règlement sur le développement de l'informatique en nuage et de l'IA de la Commission européenne.
Cela signifie que le Canada serait traité comme un pays membre lorsqu’il s’agira de soumissionner pour des contrats relatifs aux infrastructures numériques critiques.
Cette disposition donne suite à la proposition formulée le mois dernier par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, visant à faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne.
Dans la mesure du possible, les entrepreneurs européens ont déjà tendance à privilégier les entreprises canadiennes plutôt que les entreprises américaines en raison des contrôles à l’exportation que les États-Unis ont tendance à imposer sur les ventes vers les marchés de pays tiers, a expliqué Wendy Gilmour, vice-présidente de l'Institut de la Conférence des associations de la défense.
Cependant, convaincre les entreprises technologiques canadiennes orientées vers le marché américain de se tourner vers l’Europe pourrait constituer un obstacle.
Les entreprises canadiennes ont mis du temps à se lancer, car elles sont tout simplement habituées à travailler avec le marché américain
, a souligné Mme Gilmour.
C’est facile. On y parle anglais. C’est tout simplement plus simple que de travailler dans un environnement réglementaire européen comprenant 27 pays différents.
Lors du Sommet Canada-UE, prévu les 29 et 30 octobre à Montréal, le premier ministre Mark Carney accueillera Mme von der Leyen, le président du Conseil européen, António Costa, et d’autres dirigeants de l’Union européenne.
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