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Thursday, August 20, 2026

Négociations commerciales | Les provinces divisées alors que le ministre LeBlanc est de retour à Washington

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(Ottawa) Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, est de retour à Washington jeudi pour rencontrer son homologue Jamieson Greer, alors que le sablier des négociations commerciales continue à s’écouler. Les provinces sont acculées au pied du mur et divisées.

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« Trump est très faible. […] Je pense qu’on doit se battre », a affirmé le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew. Pas question pour lui de rétablir la vente d’alcool américain dans sa province.

Des 10 premiers ministres des provinces, il est celui qui a eu les mots les plus durs depuis leur rencontre avec leur homologue fédéral la veille. Mark Carney leur avait notamment demandé de ramener la vente d’alcool américain sur leur territoire.

Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, les trois plus grandes provinces au pays et celles qui sont les plus durement touchées par la guerre commerciale n’ont toujours pas indiqué si elles allaient accéder à la demande du premier ministre. Cet enjeu est l’un des irritants majeurs dans le camp américain.

« C’est le Québec, puis le Québec seul, qui décide de cette question-là. Et quand j’aurai davantage d’informations, je vais pouvoir prendre une décision », a déclaré la première ministre du Québec, Christine Fréchette, mercredi soir. Cette dernière disait être en attente de réponses du fédéral.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

La première ministre Christine Fréchette

Elle a affirmé jeudi que ses questions avaient été « en bonne partie répondues » lors d’un long appel avec le premier ministre Mark Carney jeudi matin. « Maintenant, on doit analyser ces réponses-là et puis déterminer l’impact que ça représente sur l’économie québécoise et, une fois cette analyse-là faite, je pourrai vous revenir avec un positionnement », a-t-elle dit sans donner plus de détails.

Le premier ministre ontarien Doug Ford, qui s’était rapidement imposé comme le capitaine Canada au début de la guerre commerciale, ne s’est toujours pas adressé aux médias, n’a tenu aucun évènement public et n’a émis aucune déclaration. Il avait dit la semaine dernière qu’il n’allait pas remettre l’alcool américain sur les rayons de la LCBO – l’équivalent ontarien de la SAQ – sans avoir l’assurance que le secteur manufacturier de sa province serait protégé.

Négociations toujours en cours

Le ministre LeBlanc et la négociatrice en chef du Canada, Janice Charette, poursuivent les négociations avec le représentant américain au Commerce à un peu plus de 24 heures du nouvel échéancier établi par la Maison-Blanche.

Une entente semble imminente depuis que le président américain Donald Trump a annoncé mardi soir qu’il suspendait pendant trois jours l’imposition de droits de douane de 50 % sur des centaines de produits canadiens totalisant 28 milliards de dollars.

Des matériaux de bois, le ciment, les meubles, les vins, bières et spiritueux et les produits de papier et de carton pourraient alors être frappés par cette nouvelle surtaxe. Le président menace le Canada d’une nouvelle salve tarifaire parce qu’il en a contre la réplique canadienne aux droits de douane qu’il a imposés en 2025.

PHOTO KYLIE COOPER, ARCHIVES REUTERS

Le président américain, Donald Trump

Mardi soir, M. Trump a annoncé qu’un accord était imminent et qu’il prévoyait le retour du projet d’oléoduc Keystone XL, entre autres choses. Depuis, très peu de détails sur l’éventuelle entente ont coulé depuis.

Les deux parties ont dit être près d’un accord et que les négociations portaient désormais sur des détails. On ignore toujours quand un accord sera conclu et ce qu’il contient.

Le média américain Bloomberg a rapporté que les États-Unis seraient prêts à réduire de moitié les droits de douane sur l’acier et l’aluminium pour les faire passer de 50 % à 25 % et à limiter à 15 % ceux sur les automobiles. La Presse n’a pas été en mesure de confirmer ces informations auprès de sources canadiennes.

Le président Trump, lui, a déclaré que les Américains feraient certaines concessions, sans les énumérer. Mais il a surtout crié victoire, vantant un accord éventuel qui éliminerait « tous les droits de douane » que le Canada impose sur les produits agricoles américains. Le ministre LeBlanc s’est voulu rassurant mercredi, disant que le système de gestion de l’offre était protégé « dans les textes qu’on est en train de finaliser » et qu’Ottawa avait maintenu la ligne dure sur cet aspect des négociations.

Cette rencontre entre les deux parties survient 24 heures après que le ministre a regagné Ottawa pour s’entretenir avec le premier ministre Mark Carney et ceux des provinces.

Mercredi, l’ambassadeur Greer s’est dit « convaincu d’avoir conclu un accord qui non seulement continuera de protéger les travailleurs, les emplois et les chaînes d’approvisionnement américaines, mais qui renforcera véritablement l’économie nord-américaine ».

L’étendue des concessions canadiennes demeure toujours inconnue et le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, demande formellement au premier ministre Carney de rencontrer les chefs de partis à Ottawa pour les mettre au parfum de la situation actuelle.

Dans une lettre qu’il a envoyée au premier ministre, dont La Presse a obtenu copie, M. Blanchet demande une rencontre « dans les plus brefs délais », notamment pour « discuter des garanties qui doivent être obtenues pour protéger les intérêts du Québec ».

Le Québec ne doit pas être la monnaie d’échange d’une entente conclue à Washington.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Il dit constater « avec inquiétude » que l’accord qui semble être en voie de se conclure pourrait favoriser « certains intérêts ailleurs au Canada au détriment de ceux du Québec ».

« Nous sommes en droit de connaître la nature des concessions qui seraient actuellement convenues avec l’administration américaine, ainsi que les impacts qu’aurait un éventuel accord sur le Québec, ses producteurs, ses entreprises, ses travailleurs et ses compétences », écrit-il.

Le bureau du premier ministre n’a pas commenté la lettre transmise par le chef bloquiste.

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