De l’ingérence étrangère dans l’élection québécoise? Possible, croit lan Lafrenière

« On s’est assurés d’être prêts s’il y a des tentatives d’ingérence », lance Ian Lafrenière. Le ministre sortant de la Sécurité intérieure indique que la surveillance s’est accrue au cours des derniers mois, alors que le Québec entrait en période préélectorale et électorale.
Dans une entrevue accordée dans le cadre du balado Le Radar politique, Ian Lafrenière révèle également avoir demandé une cote de sécurité très élevée afin de pouvoir obtenir des renseignements sensibles en cas d’ingérence étrangère ou de la part de groupes criminalisés.
Aujourd’hui, je n’ai aucune raison de croire qu’il y a une tentative d’ingérence dans nos élections, mais je n’ai aucune raison de croire non plus que personne ne pourrait l’essayer. Je suis incapable de vous dire que ça n’arrivera pas. Ce serait insouciant. Alors, on est prêts. On fait une lecture de ce qui se passe, parce que c’est arrivé dans d’autres nations.
Il souhaite que les corps policiers, les contrôleurs routiers et même les agents de la faune soient mis à contribution pour partager des renseignements au sujet de potentielles menaces envers les élus, mais également envers la démocratie au sens large.
Et pourquoi voudrait-on faire de l’ingérence dans les élections québécoises?
J’inverse votre question. Pourquoi je ne le ferais pas au Québec si mon but est insidieux et économique?
, réplique-t-il.
Il y en a qui pourraient s’en prendre à notre économie. Est-ce que c’est pour faire rentrer un parti politique plus qu’un autre? Je ne fais même pas ce calcul-là. Moi, je pense que des organisations criminelles, qui proviennent aussi d’autres nations et qui veulent attaquer notre économie, c’est quelque chose de très possible. Je pense que c’est rassurant pour la population de savoir qu’on est clairvoyants. On sait que ça peut arriver, donc on a mis nos systèmes ensemble et on se parle.
Jusqu’à maintenant, le ministre de la Sécurité intérieure affirme avoir principalement reçu des informations lui indiquant que des tentatives d’ingérence pour fraude économique surviennent de manière presque quotidienne au Québec
. Il fait surtout référence à ce qu’on appelle du phishing
, soit des courriels malicieux d'hameçonnage que des gens reçoivent.
Mais, il ajoute : De s’en prendre à notre système électoral, pour l’instant, je n’ai aucune raison de croire que c’est arrivé
.
En attente de la cote de sécurité très élevée
Si des tentatives d’ingérence étrangère survenaient au Québec aujourd’hui, il ne serait pas nécessairement mis au courant, aussi surprenant que ça puisse paraître. Ian Lafrenière ne détient pas la cote de sécurité très élevée
nécessaire pour obtenir ce genre de renseignement.
En toute transparence, depuis déjà quelques mois, j'ai demandé de ravoir ma cote de sécurité que j'avais quand j'étais policier au SPVM, ou quand j'étais dans les Forces armées, pour avoir accès à ce renseignement-là. Le monde a changé. Avec les partenaires fédéraux, quand on veut savoir les menaces qui ont été partagées, on doit avoir cette cote de sécurité là.
Cette cote donne accès à des renseignements confidentiels et classifiés.
Il a demandé son renouvellement auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Pour l’obtenir, une enquête approfondie est menée et dure habituellement plusieurs mois, même lorsqu’il s’agit d’une cote échue.
Il y a plusieurs collègues des autres provinces qui l’ont fait aussi pour qu’on puisse partager de l’information
, dit-il. Actuellement, malgré qu’il soit ministre de la Sécurité intérieure et vice-premier ministre, il peut se faire refuser la divulgation d’informations jugées sensibles.
La semaine passée, j’étais avec un de mes collègues qui est aussi vice-premier ministre d’une autre province et il avait une information. On était dans un échange, puis, tout d’un coup, il m’a demandé : "As-tu ta cote de sécurité, toi?" Je lui ai répondu : "Je ne l’ai pas encore reçue, donc ne me partage pas l’information". Il était très sensible à ça. Moi aussi. Vous voyez, les gens prennent ça au sérieux.
Ian Lafrenière ne confirme cependant pas si d’autres ministres du gouvernement Fréchette ont également fait la demande pour obtenir cette cote de sécurité.
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