Australie : les touristes qui dépassent la durée de leur visa pourront être placés en détention

L’Australie veut afficher davantage de fermeté face aux dépassements de visa. Les touristes qui restent dans le pays au-delà de la durée autorisée pourront désormais être interpellés et placés dans un centre de rétention, a confirmé vendredi Matt Thistlethwaite, ministre délégué aux Affaires étrangères. Une mesure qui s’inscrit dans une réforme plus vaste de la politique migratoire annoncée la veille par le ministre de l’Intérieur Tony Burke.
Le gouvernement australien prévoit la création de 250 places supplémentaires en rétention et le recrutement de 100 agents chargés de retrouver les personnes dont le visa a expiré, de les inciter à partir volontairement ou, si nécessaire, de préparer leur éloignement.
Le parti travailliste au pouvoir en Australie nie dur comme fer resserrer ses règles en matière de visas pour contrer la montée de l’extrême droite, avec le parti One Nation qui est désormais l’une des formations les plus populaires du pays et promet de tailler drastiquement dans l’immigration.
"Quelques nuits" en rétention
Le gouvernement entend faire de cette nouvelle politique un outil de dissuasion. "Si vous dépassez la durée de votre visa touristique ou de votre visa étudiant, vous serez interpellé et passerez quelques nuits dans un centre de rétention", a déclaré Matt Thistlethwaite, selon des propos rapportés par plusieurs médias australiens. Les autorités assurent cependant ne pas vouloir reproduire les opérations spectaculaires menées aux États-Unis depuis l’arrivée de Trump par la police fédérale de l’immigration, l’ICE.
Tony Burke a défendu une approche qui doit, selon lui, avant tout "encourager les départs volontaires". Mais il estime que l’absence de conséquence concrète pour de nombreux titulaires de visas expirés a contribué à banaliser les séjours irréguliers.
L’Australian Border Force, l’agence chargée du contrôle des frontières et de l’immigration, devrait ainsi recevoir des moyens supplémentaires. Le gouvernement envisage notamment de transformer l’ancien centre de quarantaine de Melbourne en structure de rétention.
Ce tour de vis répond aussi à une pression politique et économique croissante autour du logement, des infrastructures et de la hausse de la population.
Le gouvernement travailliste veut ramener la migration nette à 245.000 personnes durant l’exercice en cours, puis à 225.000 par an à partir de 2027-2028. Selon les dernières données publiées par le Bureau australien des statistiques, la migration nette s’élevait encore à 292.100 personnes sur l’année achevée en mars 2026. Elle est en recul par rapport au niveau observé précédemment, mais demeure supérieure à la trajectoire fixée par le gouvernement. Le plan ne cible pas uniquement les personnes en séjour irrégulier.
Canberra prévoit également de restreindre les possibilités de faire venir des proches pour certains étudiants internationaux, de limiter les visas vacances-travail de longue durée et de ralentir le traitement de certaines demandes de visas.
Le ministre australien de l’Intérieur, Tony Burke, a déclaré cette semaine que le traitement des demandes de visa vacances-travail en attente en provenance du Royaume-Uni avec qui le pays à un accord particulier continuerait à avancer lentement, après un nombre record de 80.000 demandes l’année dernière.
Pour les autres nationalités, M. Burke a précisé que le nombre de visas pour une deuxième année de séjour serait ramené à 45.000, contre 57.000 l’année dernière, et que les demandeurs seraient tenus d’effectuer 88 jours de travail en zones rurales ou éloignées. Ceux qui souhaitent rester une troisième année devront participer à un tirage au sort, seules 5000 places étant disponibles.
Graham Carson, 55 ans, un avocat australien qui prenait le bain de soleil avec sa famille, a expliqué à l’AFP que ces mesures répressives étaient "ironiques".
"Nous renvoyons des criminels en Angleterre, ce qui, d’une certaine manière, est plutôt drôle, étant donné que c’étaient eux qui envoyaient leurs bagnards chez nous", a-t-il ironisé.
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