Relations Canada-UE | Continuité ou nouveau départ ?

Si l’on en croit les dirigeants et les médias canadiens et européens, le sommet Canada-Union européenne à Montréal constitue un moment marquant de leur relation. Mais cet évènement est-il vraiment historique, ou s’agit-il plutôt d’une vaste opération de relations publiques ? La Presse fait le point avec un expert.
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Quelle importance revêt ce sommet Canada-Union européenne ?
Pour Patrick Leblond, professeur agrégé à la faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa, il n’y a pas de doute : cette rencontre revêt une grande importance dans le contexte actuel, où la relation du Canada avec son partenaire auparavant le plus fidèle, les États-Unis, s’est « effritée ». En même temps, à l’international, d’autres grands États « n’ont plus peur d’utiliser leur puissance, la force et la coercition » pour atteindre leurs objectifs.
Dans ce contexte, le Canada ne peut se protéger et promouvoir ses intérêts seul, explique le professeur. L’Europe, elle, « croit encore à la démocratie, à l’ouverture des frontières », des valeurs partagées par les Canadiens, d’où l’importance d’opérer un rapprochement avec l’UE. Les liens Canada-UE sont relativement étroits depuis plus de 50 ans (voir capsule), mais récemment, « la relation est devenue beaucoup plus stratégique qu’elle ne l’était auparavant », souligne le professeur.
Après tout, ce sommet, qui en est à sa 21e édition, est aussi la « culmination » de plusieurs rencontres ayant lieu tout au long de l’année et « permet de faire avancer » des dossiers, rappelle-t-il.
En quoi consiste le débat entourant le statut de « membre associé » ?
Après s’être rétractée, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a encore évoqué la possibilité que le Canada devienne un « membre associé » jeudi. Certains pays, comme l’Allemagne ou la France, rejettent l’emploi de ce terme, parce que celui-ci désigne selon eux un État en voie de devenir membre de l’UE, explique M. Leblond.
Ce statut n’existe pas officiellement. Toutefois, dans le passé, l’Allemagne a proposé que l’Ukraine, en processus d’adhésion à l’UE depuis des années, devienne « membre associé ». Ce statut lui aurait permis d’assister à certaines réunions et de jouir de quelques privilèges de l’UE d’ici son intégration complète.
Est-ce à dire que certains États européens ne veulent pas d’un rapprochement avec le Canada ?
Les pays réfractaires « ne sont pas contre la collaboration plus étroite, plus étendue, plus profonde avec le Canada, au contraire », estime le professeur. Seulement, « ils ne veulent pas dénaturer le terme » et envoyer le message que le Canada se joindra à l’UE bientôt, ce qui n’est pas le cas, précise-t-il.
Par ailleurs, peu de temps après la première sortie d’Ursula von der Leyen sur l’éventuel statut de « membre associé » du Canada, la présidente du Parlement européen a suggéré que des pays « partageant les mêmes idées » que l’UE pourraient jouir du même statut un jour. L’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient en faire partie, si les 27 États membres acceptaient, proposait-elle.
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