Budget fédéral : Conner Rousseau réclame 1,5 milliard d’euros d’efforts aux grandes fortunes pour débloquer les négociations

Les conditions sont-elles enfin réunies pour reprendre les négociations budgétaires au sein de l'Arizona ? Une semaine après les réserves exprimées par le vice-Premier ministre socialiste Frank Vandenbroucke, le président de son parti, Vooruit, Conner Rousseau, reste prudent. Interrogé ce mercredi par Rachel Crivellaro, responsable éditoriale politique à la RTBF, il ne donne pas encore son feu vert.
"On va d'abord regarder ce que le Premier ministre propose et met sur la table", répond-il d'emblée. Une chose est toutefois certaine, Vooruit attend de Bart De Wever une proposition "plus juste et plus équitable". Le parti socialiste flamand refuse que l'assainissement budgétaire repose principalement sur les travailleurs, les pensionnés et les soins de santé.
Au moins 1,5 milliard d'euros d'efforts pour les plus fortunés
Le principal point d'achoppement reste la contribution des grandes fortunes. Alors que les pistes actuellement évoquées représenteraient environ un milliard d'euros, notamment à travers les sociétés de management, les comptes-titres et les multipropriétaires, Conner Rousseau réclame davantage.
Il pointe aussi un déséquilibre dans la précision des propositions. Les économies envisagées dans les pensions et les soins de santé sont déjà détaillées, tandis que les mesures visant les plus fortunés demeurent, selon lui, beaucoup trop floues.
Le président de Vooruit avance un objectif de 1,5 milliard d'euros pour rétablir un meilleur équilibre. Il se dit personnellement favorable à une taxe sur les millionnaires inspirée des travaux de l'économiste Gabriel Zucman, sans en faire une condition absolue. Ce qui compte, insiste-t-il, c'est le montant effectivement mis à contribution.
"Un euro qui est payé par les millionnaires, on ne doit pas chercher dans les soins de santé."
Malades de longue durée : pas question de limiter les indemnités à deux ans
Sur les économies sociales, Conner Rousseau trace également une limite. Interrogé sur l'éventualité de supprimer les indemnités des malades de longue durée après deux ans, notamment en cas de burn-out, il rejette cette piste.
"De dire dans une loi que tu peux seulement avoir un burn-out pour deux ans, ça ne marche pas comme ça, je crois."
Il défend plutôt une politique combinant investissements dans les soins de santé et accompagnement vers le retour au travail.
Pour autant, Vooruit ne refuse pas toute réforme de la sécurité sociale. Son président se dit prêt à lutter contre les abus, à condition de ne pas se concentrer uniquement sur les allocataires sociaux. La fraude doit, selon lui, être combattue aussi bien en bas qu'en haut de l'échelle sociale, notamment à travers certains usages abusifs des sociétés de management.
Une hausse de TVA finalement plus juste ?
Autre déclaration notable : Conner Rousseau estime qu'une augmentation de la TVA de 21 à 22 %, pourtant écartée face à l'opposition du MR, aurait pu constituer une solution plus équitable que certaines mesures actuellement envisagées.
"Comme socialiste, moi personnellement, je suis contre une hausse de TVA", précise-t-il, avant de reconnaître qu'une telle mesure aurait permis, selon lui, de mieux protéger les travailleurs, l'indexation des salaires et les soins de santé.
Une manière de souligner que les compromis budgétaires ne se jugent pas uniquement à l'aune de chaque mesure, mais aussi de la répartition globale de leurs conséquences.
" On doit éviter " la chute du gouvernement
Malgré ces divergences, Conner Rousseau ne veut pas provoquer de crise gouvernementale. Il affirme conserver du respect pour Bart De Wever, tout en rappelant les différences idéologiques qui les séparent : l'un est nationaliste et conservateur, l'autre socialiste et progressiste.
À la question de savoir si un accord reste possible, sa réponse est sans ambiguïté : "Mais on doit y arriver."
Et lorsqu'on lui demande si la chute du gouvernement constitue une option, il répond : "Non, on doit éviter ça. On doit vraiment éviter ça."
La ligne de Vooruit se précise donc. Pas de refus de négocier par principe, ni de volonté de faire tomber l'Arizona, mais pas davantage de chèque en blanc au Premier ministre. Pour Conner Rousseau, la reprise des discussions dépendra avant tout de la capacité de Bart De Wever à présenter un effort budgétaire plus équilibré, et surtout chiffré avec la même précision pour les grandes fortunes que pour les pensionnés et les travailleurs.
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