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Sunday, November 1, 2026

Contraception masculine : un premier stérilet pour homme en cours d’élaboration, prêt l’emploi d’ici 2033

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Quinze minutes de pose, pas d’hormones, pas de points de suture et un dispositif totalement réversible. C’est ce que propose le tout premier stérilet masculin au monde développé par le CHU de Lille.

"C’est un dispositif qui est entièrement mécanique. Il n’y a vraiment aucune hormone et il n’y a pas de médicaments", nous explique Dominique Prasivoravong, l’un des quatre membres de l’équipe qui développe ce stérilet.

Après quatre années de recherche, ce stérilet pourrait bien transformer le marché de la contraception. Et permettre enfin de ne pas mettre toute la charge mentale de la contraception sur les femmes. Mais comment fonctionne-t-il concrètement?

Comme une vasectomie, mais avec le côté réversible

L’idée, c’est de reproduire le principe de la vasectomie.

L’idée, c’est de reproduire le principe de la vasectomie, mais avec un retour en arrière possible : "Ce dispositif fait environ un centimètre. Il se pose sur les canaux déférents qui ont comme fonction de transporter les spermatozoïdes. Le but, c’est de venir se fixer sur ces canaux et d'agir de façon à bloquer la fertilité, pour que les spermatozoïdes ne se retrouvent plus dans le sperme. Et le gros avantage, c’est d’être réversible : en enlevant ce dispositif, on récupère sa fertilité", ajoute Dominique Prasivoravong.

Une fois le dispositif posé, on est tranquille pour trois ans. Pourquoi trois années ? "Car la réglementation impose que l’étude clinique dure le même temps que l’autorisation de mise sur le marché. La première fois qu’on le commercialisera, on va revendiquer trois ans, même si l'efficacité pourrait être plus longue. Mais pour lancer le plus rapidement le dispositif, on va mener l’étude sur trois ans", explique Dominique Prasivoravong.

Pour quelle protection ?

Avec la mise en place de ce stérilet, la volonté est d’arriver à une efficacité proche de la vasectomie qui s'élève à 99%. "Ça sera l’objet des études cliniques, qui viendront démontrer la performance du dispositif", explique Jessica Schiro, qui fait également partie de l'équipe de recherche.

Ces études cliniques seront aussi utiles pour vérifier si le dispositif pourrait s'avérer douloureux à porter, à l'image du stérilet chez certaines femmes. "Pour évaluer la douleur, il faudra attendre les premières implantations chez l’homme. Mais il y aura un suivi médical qui sera de toute façon obligatoire avec l’utilisation de ce stérilet, comme pour les femme. J'y vois un progrès pour la santé de l’homme et pour la préventions des maladies liées aux testicules", ajoute la chercheuse.

Des prototypes en phase de test qui seront disponibles d’ici 2033

Avant sa commercialisation, il reste encore pas mal d’étapes à franchir. Notamment des essais précliniques qui seront menés en partenariat avec l’Université de Liège. Si tout va bien, la première implantation dans le cadre d’une étude clinique devrait arriver en 2030. Et la commercialisation en 2033 au plus tôt.

En attendant, si la Belgique fait figure de bon élève en matière d’accès aux méthodes contraceptives, la charge de cette contraception repose encore majoritairement sur les femmes. C’est l’un des constats de la première étude exploratoire sur la perception de la contraception réalisée par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

"L’idée, c’est de proposer également aux hommes des solutions de contraception pour alléger la charge contraceptive qui est aujourd’hui portée essentiellement par les femmes. On voit que les femmes commencent à bouder un peu les méthodes hormonales, et qu’après avoir eu des enfants, elles n'ont peut-être plus envie de supporter ça. Il y a une rélle volonté de passer le relais. C’est dans ce sens-là qu’on développe ce dispositif, en plus des autres méthodes actuellement en cours de développement", ajoute Jessica Schiro.

D’ici sept à dix ans, la situation pourrait donc évoluer. Et proposer une solution supplémentaire à la vasectomie, au préservatif ou à la méthode thermique avec le slip chauffant. Mais attention : même en cas de mise en place de ce dispositif, il faudra toujours utiliser des préservatifs pour se protéger des infections sexuellement transmissibles (IST). 

Enfin, il faudra convaincre les sceptiques. "Si les mentalités ont déjà changé, il faudra continuer à travailler là-dessus", conclut Dominique Prasivoravong.

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