La Vérif : les Québécois, les plus taxés d’Amérique du Nord?

Est-ce que les Québécois sont trop taxés? Éric Duhaime, qui fait du coût de la vie un élément central de sa campagne électorale, estime que oui. Il promet d’ailleurs des milliers de dollars en baisse d'impôts.
Les Québécois, qui paient énormément d’impôts, les citoyens les plus taxés du continent
, martèle le chef du Parti conservateur du Québec.
Vérification faite : la réponse dépend du calcul utilisé. Tour d’horizon.
La méthode traditionnelle
Si on veut mesurer le poids de la fiscalité, la méthode la plus traditionnelle, c’est de prendre l'ensemble des prélèvements fiscaux prélevés par l’ensemble des administrations publiques sur un territoire donné
, explique le titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, Luc Godbout. On divise ça par la taille de notre économie.
C’est la méthode la plus usuelle
pour calculer le fardeau fiscal, selon l’expert, et celle qui permet les comparaisons avec d’autres pays ou provinces. Elle comprend à la fois les particuliers et les entreprises.
Au Québec, le taux de pression fiscale, c’est-à-dire l'ensemble des taxes et impôts, est de 38,6 % du produit intérieur brut (PIB), selon le Bilan de la fiscalité au Québec 2026 de la Chaire de recherche.
C’est plus que toutes les autres provinces canadiennes. Selon M. Godbout, le ratio du Québec serait également supérieur à ceux des États-Unis et du Mexique.
En se basant sur ce calcul, Éric Duhaime a raison quand il affirme que les Québécois sont les plus taxés d’Amérique du Nord.
Et si on exclut les entreprises?
Si on se concentre uniquement sur les particuliers, le portrait est différent.
La Chaire de recherche a appliqué au Québec le système d’imposition de chacune des provinces canadiennes en examinant les impôts sur le revenu, les cotisations sociales et les taxes à la consommation.
Le poids appliqué au Québec par le système en vigueur est plus élevé que celui de toutes les provinces, sauf une province
, détaille M. Godbout. Il s’agit de la Nouvelle-Écosse.
Autrement dit, si le système d’imposition néo-écossais était appliqué au Québec, les Québécois paieraient 4,1 milliards $ de plus à l’État.
Dans ce cas-ci, il serait donc faux de dire que les citoyens de la Belle Province sont les plus taxés du continent.
Considérer l’argent qui revient dans les poches du contribuable
Dans son dernier calcul, Luc Godbout ajoute les crédits d’impôt remboursables et les allocations familiales.
En appliquant le système des provinces de l’Atlantique au Québec, les Québécois paieraient plus d’impôts
, conclut le chercheur.
C’est donc dire qu’en considérant les impôts sur le revenu, les cotisations sociales et les taxes à la consommation, ainsi que les crédits d’impôts remboursables et les allocations familiales, les Québécois ne sont pas les plus imposés au pays.
La Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et le Nouveau-Brunswick dépassent le Québec à ce chapitre.
En résumé, le Québec a effectivement le fardeau fiscal le plus lourd en Amérique du Nord, mais les transferts de l’État, comme les crédits d’impôts et les allocations, réduisent la pression sur les contribuables.
Avec la collaboration de Sarah Rahmouni.
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