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Wednesday, September 23, 2026

Les Zébrures, festival des francophonies: «Un théâtre de résistance et de reconstruction»

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C’est le plus grand festival des théâtres francophones. Les Zébrures s’ouvrent ce mercredi 23 septembre à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine, la plus vaste région française. Europe, Asie, Afrique, Amérique… les compagnies viennent du monde entier pour présenter leurs créations. « Nous avons voulu que ce festival soit un rendez-vous de l'espoir, de la beauté et de la poésie. » Entretien avec le directeur, Hassane Kassi Kouyaté.

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RFI : Dans le domaine du théâtre, où en est aujourd'hui la francophonie ou les francophonies ?

Hassane Kassi Kouyaté : Je dirais que la créativité est au beau fixe. Il y a de jolis projets artistiques, par contre, nous souffrons comme tout le monde des problèmes économiques et financiers. J'ai constaté que c'est partout pareil, sur tous les territoires francophones. Je ne vois pas un territoire qui soit épargné par les coupes drastiques ou par des décisions qui rendent les créations difficiles.

Parmi les particularités de l’édition 2026 des Zébrures, vous promettez un regard tourné vers l'Est. Vers quel Est ?

L’Est, jusqu’en Inde, en Corée… parce qu’on est toujours au centre de quelque part, au nord de quelque part… Nous avons voulu penser à notre Est à partir de Limoges.

Le festival s’ouvre avec La Terre qui s'en va sous nos pieds. Qui est derrière cette production libanaise ?

C'est un spectacle de la compagnie Basinga et du collectif Kahraba du Liban. Il s’agit d’une co-réalisation entre deux compagnies avec une coproduction de plusieurs structures libanaises et françaises, dont nous.

Beaucoup de spectacles viennent d'Afrique : Le silence des tabous d’Ulrich N’toyo, L’enfant-soldat née Musique mis en scène par Serge Wolfsperger, Chacun pour un, deux pour tous d’Edouard Elvis Bvouma… La scène africaine semble être en bonne forme. Parmi les temps forts, cette année, Mansa Moussa Roi d’or - Les Ballets africains.

L'écriture du texte est de Mamadou Condé et la chorégraphie de Georges Monboye. La directrice artistique Manana Cissé est une figure très importante des ballets de Guinée. Elle fait partie de cette ancienne génération qui œuvre à la transmission et aux transitions entre les anciens et les nouveaux ballets. Nous avons la chance que ce spectacle soit chorégraphié par le grand chorégraphe ivoirien Georges Monboye. Et c'est vraiment une co-réalisation de plusieurs pays d'Afrique. Les Ballets africains font écho à plusieurs danses de toute l'Afrique, mais la pièce est portée par la Guinée et produite par l'État guinéen.

Hassane Kassi Kouyaté, directeur artistique des Zébrures, festival francophone de la création théâtrale.
Hassane Kassi Kouyaté, directeur artistique des Zébrures, festival francophone de la création théâtrale. © Christophe Péan

Concevoir un festival de théâtres francophones suppose toujours de relever l’enjeu des langues. La cartographie des langues présentes, qu’est-ce qu’elle montre ?

Dans cette édition, nous allons entendre plusieurs langues. Par exemple, on va entendre les langues créoles, le wolof, plusieurs formes de français, puisqu’il y aura des Québécois aussi. À Limoges, comme d’habitude, on fera l’expérience d’une sorte de melting-pot de langues.

Lors d’une table ronde intitulée « Tracas de la création en fracas », vous allez aussi discuter de la création indienne Requiem pour un théâtre qui n'a pas pu voir le jour. Pourquoi ?

Parce que les producteurs ou les productions qui s’étaient engagés oralement se sont désistés à la dernière minute. On peut désister suite aux problèmes, mais quand on le fait à trois mois de l'événement, ça devient compliqué, même si nous comprenons plutôt les raisons de ces désistements qui sont souvent indépendantes de la volonté des gens qui ont décidé. Mais beaucoup de structures dans le monde sont actuellement confrontées aux difficultés financières.

Aux Zébrures, nous allons évoquer beaucoup les fracas et les tracas et les dommages de guerre, mais pour aller vers la résilience et la construction. Beaucoup de textes parlent de résistance, de résilience, de reconstruction. Nous avons voulu que ce festival soit un rendez-vous de l'espoir, de la beauté et de la poésie.

À l'occasion de la Journée internationale des sourds, vous avez programmé un spectacle en langue des signes. Est-ce un public qu'on a tendance à oublier ?

Nous avons une personne responsable pour les questions d'accessibilité. Nous travaillons pour l’inclusion des publics. Nous avons un projet sur l'accessibilité de tous les publics et surtout des publics avec des handicaps, pour ne pas les exclure de la programmation, d’abord artistiquement, puis en ce qui concerne l’accueil sur place, afin de rendre tous les spectacles accueillants pour toutes ces personnes qui sont souvent à la marge des programmations.

Les Zébrures, le festival des Francophonies – des écritures à la scène, du 23 septembre au 3 octobre 2026, à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine.

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