Au fait, que signifie vraiment PHP ? L’acronyme a deux significations, une officielle, l’autre historique
Le sigle PHP signifie officiellement « PHP: Hypertext Preprocessor », un acronyme dont la première lettre renvoie au sigle lui-même. Mais à sa naissance en 1994, le langage portait un nom bien plus modeste.
On parle beaucoup de PHP ces temps-ci, non sans raison : le langage qui est derrière une multitude de sites web est victime de deux failles de sécurité très graves. Heureusement, des correctifs ont été déployés le 21 octobre 2026 et ils sont maintenant en cours d’installation ; si vous avez un site sous WordPress, il est facile de vérifier sa version PHP.
Toute cette affaire est l’occasion de faire un bref pas de côté, pour faire un petit point de culture générale en informatique, car PHP est un acronyme qui a historiquement deux significations. Il existe en effet une explication officielle, ainsi qu’un sens historique.

Quand on demande à la foire aux questions du site officiel PHP.net ce que veut dire PHP, la réponse a tout l’air d’une vanne de développeur : « PHP : Hypertext Preprocessor », soit un préprocesseur hypertexte, c’est-à-dire un programme informatique qui fabrique les pages web avant de les envoyer au navigateur, pour les afficher à l’internaute.
Sauf que le premier mot du sigle est le sigle lui-même, ce qui embrouille beaucoup de monde, reconnaît la documentation.

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En fait, c’est ce qu’on appelle un acronyme récursif. On retrouve ce même clin d’œil chez GNU, le projet de système d’exploitation libre dont le nom signifie « GNU’s Not Unix ». C’est l’exemple le plus connu, mais on en trouve d’autres, comme l’émulateur WINE, dont le nom signifie… « Wine Is Not an Emulator ».
Au départ, une simple page personnelle
Mais PHP n’a pas toujours voulu dire PHP : Hypertext Preprocessor. Si l’on remonte beaucoup plus loin dans le temps, à l’année 1994, on tombe sur un certain Rasmus Lerdorf. L’homme, né au Groenland, passe à l’époque une partie de son temps à écrire des petits programmes en langage C pour garder un œil sur les visites de son CV en ligne.
Ces petits scripts gagnent un nom général : les Personal Home Page Tools (soit les outils de page personnelle). Le code associé est publié en juin 1995 et vous l’avez certainement compris : c’est là d’où vient le nom de PHP, qui renvoie à ces Personal Home Page Tools (seule la référence à Tools a été perdue en cours de route, évitant un PHPT).
PHP a cependant mis du temps à stabiliser son identité : le nom a changé encore plusieurs fois, avec des variantes comme FI (Forms Interpreter), PHP/Fi ou même Construction Kit (en version longue Personal Home Page Construction Kit). Ces renommages se succèderont jusqu’à la fin des années 1990, avant que PHP ne finisse par s’imposer.

Changement d’échelle, changement de nom
Si Rasmus Lerdorf a écrit les deux premières versions de PHP, c’est à partir de PHP 3 que le projet prend plus d’ampleur. On passe alors d’un projet qui est porté par une seule personne à un noyau d’équipe : Andi Gutmans et Zeev Suraski, deux Israéliens, réécrivent le moteur en 1997 pour un projet de commerce en ligne. PHP 3 sort en 1998.
C’est à partir de là que le nom final de PHP est fixé, et que le sens récursif du nom est retenu. Cela pouvait se comprendre : il s’agissait d’effacer l’idée d’un outil à usage personnel, qui peut donner l’impression d’une technologie limitée, et pour illustrer le passage à une autre échelle, avec un langage très largement remanié.
Sans doute que cela aurait été commercialement moins vendeur de dire que l’on peut faire tourner des boutiques en ligne avec un langage qui s’appelle « page personnelle ». C’est en tout cas ce que laisse entendre le site officiel de PHP.
PHP rejoint ainsi la liste des langages dont le nom raconte une histoire, avec C, héritier d’un langage baptisé B, SQL, d’abord appelé SEQUEL, Python, hommage aux Monty Python, et JavaScript, qui n’a presque rien à voir avec Java.
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