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Tuesday, November 3, 2026

Congédiement de sept policiers | D’autres crises qui ont secoué le SPVM

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Les allégations de racisme et de discrimination contre plusieurs agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont, depuis quelques mois, décrites comme l’une des « pires crises de confiance » de l’histoire de l’organisation. Rappel en six temps sur des scandales qui ont ébranlé la confiance des citoyens – et les piliers de l’institution.

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Lisez l’article « Allégations de racisme et de discrimination : le SPVM congédie sept policiers »

Crise Philippe Pichet (2017-2018)

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

L’ex chef du SPVM Philippe Pichet, en 2017

En février 2017, l’émission J.E. révèle que la Division des enquêtes internes fabrique de fausses preuves visant à faire taire des policiers lanceurs d’alerte. Une « guerre intestine » sévissait depuis deux décennies entre différentes factions d’enquêteurs sur les stupéfiants. En décembre, le directeur du SPVM, Philippe Pichet, est suspendu de ses fonctions par le ministre de la Sécurité publique. Menacé de destitution, il quitte lui-même son poste en juin 2018. Le Tribunal administratif du travail a reconnu la Ville coupable de « harcèlement psychologique » à son endroit en novembre 2025, car il est demeuré à l’emploi du corps policier comme lieutenant-inspecteur, sans recevoir de tâches.

Mort de Fredy Villanueva (2008)

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Stationnement où Fredy Villanueva a été tué, en 2008

Le 9 août 2008, Fredy Villanueva, un jeune homme de 18 ans originaire du Honduras, meurt après avoir reçu des projectiles de l’agent Jean-Loup Lapointe, dans Montréal-Nord. Deux autres personnes sont blessées dans cette fusillade. Il jouait alors aux dés dans un parc avec des amis, dont son frère Dany, qui avait des antécédents judiciaires. Le lendemain du drame, une émeute éclate pendant plusieurs heures dans un quartier à proximité. L’affaire suscite de vives réactions parmi les organismes communautaires et dans la société civile. En 2013, l’Assemblée nationale modifie la Loi sur la police pour encadrer la tenue d’enquêtes indépendantes lorsqu’une personne décède lors d’une intervention.

Affaire Barnabé (1993-1996)

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE BANQ, ARCHIVES LA PRESSE

Article de La Presse sur l’affaire Barnabé

Le 14 décembre 1993, le chauffeur de taxi Richard Barnabé, 38 ans, est brutalement interpellé et arrêté par des policiers. Il est sévèrement battu dans le poste de quartier 44, dans Rosemont–La Petite Patrie. Il en meurt le 2 mai 1996, après 28 mois dans le coma, sans jamais s’être réveillé. Le directeur Jean-Pierre Auger et le lieutenant Michel Pohu sont destitués, une décision prise par le Commissaire à la déontologie policière en 1998. Quatre policiers impliqués sont aussi condamnés au criminel.

Décès d’Anthony Griffin et de Marcellus François (1987 et 1991)

CAPTURE D’ÉCRAN TIRÉE DE BANQ, ARCHIVES LA PRESSE

Article de La Presse sur la mort de Marcellus François

Le 11 novembre 1987, Anthony Griffin, un jeune homme noir de 19 ans, reçoit une balle en plein front du policier Alan Gossett, dans le stationnement du PDQ 15 dans Notre-Dame-de-Grâce. Jugé à deux reprises pour homicide involontaire, l’agent s’en tire sans condamnation. Puis, le 3 juillet 1991, Marcellus François, 24 ans, subit le même sort. Il est abattu par un membre de l’escouade tactique après avoir été confondu avec le suspect d’une affaire qui ne le concerne pas. Le rapport du coroner, l’année suivante, blâme le « racisme institutionnel » enraciné dans le service de police. Les deux évènements provoquent d’importantes manifestations dans la communauté noire de Montréal, en plus de porter un grave coup à ses relations avec la police.

Le 7 octobre rouge (1969)

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Des jeunes prennent la pose sur des motos de police abandonnées, le 7 octobre 1969.

Le 7 octobre 1969, alors qu’ils ne sont pas autorisés à le faire, 3800 policiers et 2400 pompiers de Montréal déclenchent une grève illégale pour réclamer un meilleur salaire. Les services d’urgence s’absentent des rues pendant 16 heures. En soirée, une foule qui compte des chauffeurs de taxi s’attaque au garage de Murray Hill, un service de limousine qui venait d’obtenir le contrat pour relier la ville à l’aéroport de Dorval. Des militants souverainistes et des membres d’un groupe de motards criminels se joignent notamment à la foule de plus de 800 personnes. Bilan des agitations : un caporal de la Sûreté du Québec meurt, une trentaine de personnes sont blessées et 2 millions de dollars en dégâts (14 millions aujourd’hui) sont enregistrés.

L’enquête Caron (1950-1954)

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Jean Drapeau, troisième à partir de la gauche, alors procureur à la commission d’enquête sur l’affaire Caron

L’une des plus grandes commissions d’enquête québécoises du XXe siècle, qui porte sur le vice commercialisé et la corruption, l’enquête Caron révèle un climat de tolérance généralisée des policiers à l’égard de la prostitution, des maisons de jeu et du crime organisé dans le quartier Red Light à Montréal. Une vingtaine de policiers sont condamnés, dont deux directeurs, Albert Langlois et Fernand Dufresne, qui sont jugés comme ultimes responsables. Pendant trois ans, plus de 370 témoins sont entendus et plus de 1000 pièces à conviction sont déposées en preuve. Procureur à cette commission, un certain Jean Drapeau est ensuite rapidement propulsé à la mairie de Montréal.

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