Des centaines de personnes attendues au premier Sommet des Laurentides
Des centaines de représentants de villes et d’organisations des Laurentides se réunissent ce lundi à Sainte-Agathe-des-Monts pour un sommet présenté comme une « COP » à échelle régionale. Au menu, un échange de bonnes pratiques pour affronter les défis environnementaux et sociaux qui touchent les quelque 700 000 habitants de la région.
On reproche souvent aux villes de travailler en vase clos, explique en entrevue le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau. « Pourtant, on a tous des objectifs communs sur plein de sujets similaires, comme l’environnement. » C’est là qu’une rencontre qui rassemblera une cinquantaine de municipalités prend tout son sens. « On vient partager les succès de chaque ville, de chaque bout de territoire. »
Par exemple, l’expertise en foresterie développée à Mont-Laurier pourrait aider Saint-Jérôme, qui se trouve dans un cadre plus urbain. « Mais maintenant, grâce à ce sommet-là, les experts en foresterie de là-bas [peuvent transmettre] leur savoir, des réglementations, des politiques, des façons de faire qu’on va pouvoir appliquer ici du jour au lendemain. On n’aura pas besoin de repayer un professionnel pour refaire une démarche qui a déjà été faite. »
Une meilleure collaboration serait particulièrement bénéfique sur le plan environnemental, souligne Joey Leckman, conseiller municipal et maire suppléant de la Ville de Prévost. « Si je fais un règlement pour limiter l’usage de pesticides, mais que la ville en amont ne le fait pas, c’est un non-sens. »
Il existe déjà une bonne entente entre les municipalités des Laurentides, estime M. Leckman, mais il espère pousser plus loin la collaboration. « Il y a aussi une conjoncture particulière propre aux Laurentides », renchérit Rémi Barbeau. « Depuis la dernière élection, les élus sont beaucoup plus au diapason. » Il parle d’une « cohésion beaucoup plus naturelle » qu’auparavant entre les villes de la région.
L’économie sociale comme levier
Le secteur de l’économie sociale sera appelé à contribuer aux « pratiques phares » qui émergeront du sommet et qui seront mises en place pour « élever les Laurentides », ajoute M. Leckman. « C’est la priorité de développer l’économie sociale. »
Au-delà du simple fait de réutiliser (par exemple en achetant dans une friperie), l’économie sociale permet une « circularité des capitaux » encore plus importante, selon lui. « L’argent que je ne prends pas pour acheter un chandail qui est fait ailleurs, c’est de l’argent qui reste à l’échelle locale. On voit l’effet multiplicateur. »
L’économie sociale est souvent mal comprise, voire stigmatisée, pensent les deux élus. Pourtant, « quand on prend les chiffres [relatifs à] l’économie sociale pour les Laurentides, ce sont des centaines de millions de dollars, des milliers d’emplois », note Rémi Barbeau.
Faire affaire avec des coopératives, par exemple, peut même s’avérer très rentable pour les villes, croit ce dernier. En offrant des ristournes aux villes au lieu de simplement empocher des profits, les coopératives permettent aux villes d’investir ailleurs, comme dans les infrastructures, où les besoins sont criants.
Joey Leckman souhaite que la démarche de concertation qui a mené à ce premier Sommet des Laurentides se poursuive bien au-delà de l’événement de lundi. Un objectif que partage son collègue de Saint-Jérôme, qui espère que cette journée servira de « levier » pour encourager la collaboration intermunicipale.
Ce reportage a été financé grâce au soutien de la Caisse d’économie solidaire de Desjardins, et a été rédigé en toute indépendance éditoriale.
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