Sénégal: des centaines de travailleurs se mobilisent avant une grève générale annoncée pour trois jours

Quelques centaines de travailleurs sénégalais sont descendus ce mardi 20 octobre dans l'après-midi à Dakar à l'appel du Front national pour la défense du travail (FSDT), un collectif qui rassemble 13 Cette marche annonce une grève générale de 72 heures à compter de mercredi. Malgré l'appel du gouvernement à lever leur mot d'ordre, les syndicats campent sur leur position.
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Les syndicats n'entendent pas céder aux demandes du gouvernement ; leur plan d'action est prévu depuis plusieurs jours et va se dérouler comme prévu. À l'image des syndicats représentés – les enseignants, les soignants, les transporteurs entre autres –, les revendications sont nombreuses, mais elles se rejoignent, explique notre correspondante à Dakar, Pauline Le Troquier. On retrouve par exemple la révision du nouveau Code du travail du Sénégal, promulgué le 3 septembre 2026. Celui-ci laisse la possibilité à un employeur de garder un salarié en CDD pendant quatre ans, ce que les syndicats jugent inacceptable. Eux se battent pour plafonner cette durée à deux ans.
Moussa Ba, agent au ministère de la Santé, est venu réclamer, comme de nombreux collègues, la prime de logement dont il devrait bénéficier avec ce statut. Certains de ses collègues perçoivent des primes de logement depuis des années : « Nous sommes de la même catégorie, on a le même niveau de responsabilité, on fait le même job... mais nous, par contre, on y a pas droit. C'est absurde. » Moussa Ba voudrait que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l'Assemblé nationale, Ousmane Sonko, « fassent la paix ». « S'ils continuent leur guéguerre, c'est la population qui va en pâtir. On en a marre de tous les deux », ajoute-t-il.
Parmi les manifestants réunis ce 20 octobre, il y avait beaucoup d'amertume vis-à-vis de l'ancien duo Diomaye-Sonko. Les deux hommes politiques sont accusés d'avoir beaucoup promis à leur arrivée au pouvoir. Mais les syndicats estiment qu'il n'y a pas eu d'avancées concrètes depuis. Pire, ils dénoncent même des reculs. En cause notamment : une vague de licenciements jugés abusifs dans de grandes sociétés nationales, ainsi qu'un recul du pouvoir d'achat des travailleurs. C'est sans doute ce point-là qui réveille la colère actuelle.
Pour le gouvernement, cette grève n'a pas lieu d'être : la contestation a lieu en pleine rentrée scolaire et à seulement 11 jours du début des Jeux olympiques de la jeunesse au Sénégal. Pour le ministre de l'Éducation nationale, choisir ce moment pour contester revient à saboter les efforts de toute une nation. « Le patriotisme aurait dû imposer le respect de l'image du pays », une « trêve », « le temps que les visiteurs retournent chez eux », estime-t-il.
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