Paolo : on a vu la série thriller française d'HBO déconseillée aux moins de 16 ans, et on ne va pas vous mentir

On a vu la série française Paolo diffusée sur HBO Max, et voici ce qu’on en a pensé.

Par Clément Schmidt
Électron libre du cinéma français, le réalisateur Sébastien Marnier a patiemment développé, au fil de sa carrière, un style aussi reconnaissable que rafraîchissant. Qu’il s’agisse de L’Heure de la sortie, d’Irréprochable ou encore de L’Origine du mal, le cinéaste s’est spécialisé dans l’exercice du thriller psychologique teinté de critique sociale, transformant ces bals de faux-semblants en véritables jeux de massacre pour notre plus grand plaisir.
Présentée en compétition internationale au dernier Festival Séries Mania, Paolo marque la première incursion du réalisateur en terre de séries. Cette nouvelle proposition est-elle à la hauteur de ses œuvres précédentes ? On a vu la série, et on ne va pas vous mentir…
De quoi ça parle ?
La vie ordinaire de Paolo bascule lorsqu’il recroise la route de Téophane, un ancien camarade d’école aujourd’hui candidat aux élections municipales. Ce qui commence comme une simple admiration et une volonté de soutenir la campagne se transforme rapidement en une obsession dévorante…
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Qui est au casting ?
Porté par l’acteur Jérôme Niel (Fumer fait tousser, Balle perdue 2), le casting de Paolo est l’occasion pour les spectateurs de retrouver des comédiens aux parcours hétéroclites.
De Philippe Katerine à Zahia, en passant par David Ayala (D'argent et de sang), Guilaine Londez (Benedetta), Guslagie Malanda (Saint Omer), Yoann Gasiorowski de la Comédie-Française, ou encore la jeune Marie Oppert, la série fait brillamment dialoguer les corps et les profils, construisant ainsi une galerie de personnages marquants et hauts en couleur.
Ça vaut le coup d'œil ?
Au fil des années, le thriller s’est définitivement installé comme le genre phare des plateformes de streaming. Plus facile à produire que la science-fiction ou la fantasy, plein de suspense donc toujours prenant, il est peu à peu devenu une sorte de formule toute faite, à laquelle beaucoup de spectateurs ne demandent plus rien. Comme si, habitué à ces pièges éculés, le public y trouvait désormais quelque chose de presque réconfortant. Et c’est là, à ce moment précis, parce que l’on pense avoir tout vu, que nous baissons notre garde… et que le piège Paolo se referme tendrement sur nous.
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Tendrement, voilà un mot étrange pour parler d’un thriller. Pourtant, il y a quelque chose de tendre dans le machiavélisme de Paolo. Car la descente aux enfers concoctée par Sébastien Marnier n’a rien de brutal : elle a lieu sur la pointe des pieds. C’est en effet à pas de loup que Paolo se faufile dans ce monde qui n’est pas le sien, c’est par gentillesse qu’il se met à rendre des services, et c’est avec cette même douceur qu’il propose un soir un massage à cet ami retrouvé, éreinté par une dure journée de travail. Que pourrait-il y avoir de mal à ça ?
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Tout le machiavélisme de la série se trouve là, dans cette douceur inconfortable, troublante même pour le spectateur : qui est cet homme, ce fou, ce prédateur sournois, et pourquoi est-il aussi… gentil ? Un paradoxe moralement ingérable, donc particulièrement fécond, sur lequel toute l’intrigue va se construire.
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Faisant de l'Ambiguïté le maître-mot de son univers, Sébastien Marnier compose, épisode après épisode, une partition infernale, imprévisible, sidérante même parfois, où chaque carte est constamment rebattue, faisant naître terreur et beauté scène après scène, le tout au service d’une histoire si riche thématiquement que nous pourrions passer des heures à en disséquer les moindres détails : violence du déterminisme social, injonctions masculines, état des lieux de la démocratie, homosexualité refoulée…
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Tous ces thèmes ne sont pas nécessaires pour faire un grand thriller. Ils le sont pour faire une grande série. Et voilà ce qu’est Paolo : c’est une grande série.
Le premier épisode de Paolo est disponible sur la plateforme HBO Max. Un nouvel épisode sera ensuite diffusé chaque vendredi.
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