Budget fédéral | Le Québec réclame une hausse des transferts en santé

(Québec) À la veille du dépôt du budget fédéral, le Québec demande d’être compensé pour la « mégadéduction » d’Ottawa qui le privera de 1 milliard par année.
Publié à
Caroline Plante La Presse Canadienne
« Je vous ai déjà dit que cette mégadéduction me causait des maux de tête », a déclaré en mêlée de presse mercredi le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau.
« Les Tylenol que j’aimerais retrouver dans le budget de demain, c’est une hausse des transferts en santé qui pourrait venir soulager les pressions que ça va imposer », a-t-il signalé.
La « mégadéduction à la productivité » a été annoncée le 15 septembre dernier par le premier ministre du Canada, Mark Carney.
Elle doit permettre aux entreprises de déduire l’entièreté de leurs dépenses en biens, comme l’achat de machinerie, de matériaux de construction ou de nouvelles technologies.
Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement du Québec déplore que cette « mégadéduction » ait été annoncée « de façon unilatérale, sans consultation ».
« Si le gouvernement du Québec procédait à l’harmonisation avec cette mesure fédérale, celle-ci entraînerait un important manque à gagner pour les finances publiques », souligne-t-on.
Dans ce contexte, M. Marceau demande au gouvernement fédéral de faire sa part, et de répondre aux besoins croissants en santé.
Il souligne que l’entente sur les transferts en santé arrive à échéance au printemps prochain.
« On aimerait notamment qu’il y ait un plancher de croissance du transfert en santé de 5 % », a affirmé le ministre.
« Ensuite, il y a des ententes sectorielles […] en santé mentale, etc. […] On aimerait qu’elles soient renouvelées, mais aussi incorporées à la base du transfert en santé », a-t-il ajouté.
En ce qui a trait aux demandeurs d’asile, le Québec exige de se faire rembourser d’ici au 31 mars 2027 toutes les dépenses qu’il a engagées en 2024.
« C’est un dossier qui traîne en longueur inutilement », a dénoncé le grand argentier du Québec, qui souligne que la facture s’élève désormais à 690 millions.
Il réclame la création d’un mécanisme permanent, pour « qu’on ne fasse pas une renégociation chaque année pour savoir comment on va se faire rembourser ».
Le Québec demande également du financement pour ses infrastructures, « un vrai transfert en bloc, sans condition », qui lui permettrait de travailler « sur ses priorités ».
Enfin, M. Marceau a réitéré qu’à l’heure des négociations avec Washington, « la gestion de l’offre ne doit faire l’objet d’aucune concession ». « Ce n’est pas négociable », a-t-il insisté.
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