The Daily Newsstand · Free, Always
Friday, October 16, 2026

« Roi de la crypto » : Aiden Pleterski n’aurait jamais investi l’argent de ses clients

Translate

À Toronto, la Couronne a démontré, expertise comptable à l'appui, qu'Aiden Pleterski n'a jamais investi l'argent de ses clients dans les devises étrangères ou les cryptomonnaies, contrairement à ses promesses. Surnommé le « roi de la crypto », il est inculpé de fraude et de blanchiment d'argent pour des faits remontant au début des années 2020.

La Couronne soutient depuis le début du procès qu'Aiden Pleterski a utilisé l'argent de ses investisseurs pour se payer un train de vie somptueux et rembourser ses dettes.

Au septième jour des audiences, elle a appelé, vendredi, à la barre des témoins, l'expert-comptable judiciaire de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario, Albert Ciorma, pour prouver ce qu'elle avance.

À lire aussi :

M. Ciorma explique d'abord la façon dont il s'y est pris pour comprendre la multitude de relevés et transactions bancaires, de comptes courants et des soldes des cartes de crédit du jeune accusé.

Je m'en suis servi pour dresser une chronologie des entrées et sorties d'argent et pour relever une trace écrite de toutes ses transactions, dit-il en précisant qu'il s'est attardé à la période allant de janvier 2020 à août 2022.

Des avoirs mirobolants

Les relevés que la Couronne projette sur grand écran indiquent dans des colonnes et sur plusieurs lignes la date, le nom de ses investisseurs ou de ses compagnies, les montants versés, les montants retirés, les paiements par Interac et la nature des transactions.

On apprend, par exemple, qu'Aiden Pleterski a cumulé 36 322 116,17 $ grâce à l'argent de ses investisseurs, dont certains ont témoigné contre l'accusé au début du procès.

Une illustration judiciaire du procès.

Le procureur Scott Patterson (au lutrin) interroge l'expert-comptable judiciaire Albert Ciorma, le 16 octobre 2026, au septième jour du procès d'Aiden Pleterski, qui est surpris en train de se retourner vers le prétoire.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Les relevés indiquent en outre qu'Aiden Pleterski recevait toujours à l'époque la Prestation canadienne d'urgence, soit 2000 $ par mois au début de la pandémie, pendant qu'il engrangeait des revenus faramineux grâce à l'argent de ses clients.

Le procureur Scott Patterson demande à M. Ciorma si les fonds dans ce compte courant de l'accusé viennent de l'entreprise de courtage FXChoice, où les investisseurs pensaient qu'Aiden Pleterski plaçait leur argent.

Le nom de cette compagnie apparaît en haut de tous les contrats que les investisseurs avaient signés à l'époque.

Non, ces fonds de 36 millions ne proviennent pas de FXChoice ni d'autres plateformes de négociation de cryptomonnaies, poursuit-il.

Une illustration judiciaire du procès.

Le juge Shaun Nakatsuru, de la Cour supérieure de l'Ontario, prend le temps de soulever des objections, au nom d'Aiden Pleterski, puisque l'accusé se défend sans avocat.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

L'ex-associé de l'accusé, Mitchell Learning, avait expliqué, il y a une semaine, qu'il s'était aperçu, en 2022, que la compagnie FXChoice ne possédait pas 311 millions de dollars comme Aiden Pleterski le lui avait fait croire.

M. Ciorma confirme aujourd'hui qu'il n'a jamais vu un solde de 311 millions dans aucun des comptes de l'accusé, ce qui confirme les déclarations de Mitchell Learning.

L'ancien associé avait déclaré qu'Aiden Pleterski avait fermé l'entreprise FXChoice après s'être assuré d'avoir pris une capture d'écran du compte où étaient censés se trouver les 311 millions de dollars.

Mode opératoire de l'accusé

La Couronne a indiqué jusqu'à présent qu'Aiden Pleterski sollicitait des investissements de la part de personnes qui avaient entendu parler de lui, par les réseaux sociaux, les médias ou des connaissances, à cause de son génie en matière de finances.

Aiden Pleterski faisait croire à ses investisseurs qu'il disposait plus de 300 millions de dollars en réserves pour les protéger contre tout risque et toute perte de capital, alors que son fonds de commerce n'était que de 30 à 50 millions de dollars.

Aiden Pleterski, surnommé le « roi de la crypto », pénètre dans le bâtiment de la Cour supérieure de justice à Toronto, le 5 octobre 2026.

1:21

Aiden Pleterski, surnommé le « roi de la crypto », pénètre dans le bâtiment de la Cour supérieure de justice à Toronto, le 5 octobre 2026.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Il leur offrait des profits de 1 à 5 % par semaine et il leur offrait de conserver 30 % de leurs avoirs au moment de retirer tout leur argent de sa compagnie, les gains et le capital initial.

La plupart des investisseurs qui ont témoigné ont mentionné qu'ils avaient tout perdu dans l'aventure et les plus chanceux n'avaient pu récupérer qu'une infime partie de leur capital.

Les relevés, que la Couronne affiche maintenant à l'écran, confirment la présence de tous les montants d'argent que les investisseurs d'Aiden Pleterski lui ont donnés pour qu'il les investisse dans FXChoice au Belize.

Les documents mentionnent que les parents d'Aiden Pleterski lui reversaient également d'importantes sommes dans son compte.

Une illustration du procès.

L'expert-comptable judiciaire a analysé en détail toutes les transactions bancaires faites par Aiden Pleterski de janvier 2020 à août 2022.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le procès a démontré que ses parents lui avaient donné des fonds pour investir dans ses plateformes de devises étrangères, de cryptomonnaies et de commodités, comme l'or.

Autre fait intéressant, l'expert-comptable explique qu'Aiden Pleterski payait ses dettes de crédit qui s'élevaient en 2020 à près de 5 millions de dollars.

Le jeune homme a aussi emprunté durant cette période des avances en espèces de sa compagnie de crédit pour la somme de 609 000 $.

Des dépenses somptuaires

Les relevés affichent par ailleurs des transactions qui prouvent le train de vie somptueux que se payait l'accusé à l'époque.

Aiden Pleterski a ainsi acheté des voitures de luxe totalisant 5 625 458,88 $. Chaque facture d'achat pour une McLaren, une Audi, un Range Rover est affichée et accompagnée d'une traite bancaire d'un même montant.

Il s'est par ailleurs offert des voyages en avion privé au pays, aux États-Unis et dans les Antilles pour la somme de 870 000 $.

Un autre montant de 498 206 $ lui a permis de s'équiper en systèmes de sécurité (on comprend que c'était pour protéger sa propriété ou ses voitures de luxe).

Non, non, tous ces fonds qui ont servi à payer tous ces montants ne proviennent pas de FXChoice, répète M. Ciorma.

Une illustration judiciaire du procès.

Le procureur Scott Patterson a démontré qu'Aiden Pleterski n'a jamais placé l'argent de ses investisseurs chez le courtier FXChoice, contrairement à ce qu'il leur avait fait croire.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Le comptable judiciaire montre du doigt des noms de plateformes d'échange comme Simplex ou Vantage FX sur différentes lignes des relevés.

Simplex est à la fois un crypto-processeur de paiements et une plateforme de paris en Bitcoin en ligne, dit-il.

M. Ciorma mentionne par ailleurs que l'accusé a bien investi des fonds dans différentes plateformes de change et d'échange, soit 113 000 $, mais qu'il a été perdant, puisqu'il n'a pu récupérer que 4000 $.

Les documents montrent en outre qu'Aiden Pleterski achetait des articles de mode de luxe chez Christian Dior ou Burberry, mais dont la nature n'a pas été divulguée.

Ces dernières données contrastent avec le fait que l'accusé porte le même costume-cravate gris depuis le début de son procès.

À côté de ces montants exorbitants qui s'affichent ligne par ligne sur les relevés bancaires de l'accusé, figurent de petits montants pour ses achats courants chez Starbucks, Amazon, Best Buy, Walmart et Loblaws.

View the original on Radio-Canada →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.