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Saturday, August 15, 2026

Incendies volontaires en milieu naturel : en Belgique, on recherche rarement les causes… et encore moins les auteurs

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Pour Stéphane Thiry, le commandant de la zone de secours Luxembourg, cette situation est aberrante.

Depuis quelques années, souligne-t-il, "on constate une augmentation de 10% au minimum des interventions sur les incendies en milieu naturel". Mais selon les statistiques, il n’y a pas de "feux de forêt" observe-t-il, ironique : "les statistiques existantes vont tenir compte d’incendies de plus de 30 hectares. Et donc, automatiquement, si vous n’en renseignez pas, c’est comme si vous n’aviez pas eu d’incendies".

En France, l’incendie de Fontainebleau porte sur des centaines d’hectares. Au Limbourg, par contre, la nuit dernière, un incendie n’a ravagé "que" 8 hectares d’une zone densément boisée ; il ne sera donc pas référencé dans les statistiques concernant les feux de forêts.

Les incendies en milieu naturel n’ont pas été repris dans les risques principaux.

Le commandant des pompiers luxembourgeois ne s’arrête pas là : "Si vous prenez l’analyse de risques de la Région wallonne, vous verrez que les incendies en milieu naturel n’ont pas été repris dans les risques principaux (rapport du Cortex sur l’analyse régionale des risques ndlr.). Pourtant, la question des incendies en milieu naturel devient extrêmement problématique".

Quentin Grégoire, commandant des pompiers de la zone de secours Vesdre Hoëgne & Plateau, le confirme : "On constate l’évolution du phénomène climatique dans tous les sens du terme, de plus en plus de canicules, de sécheresse, d’orages intenses […]. Le nombre d’interventions augmente, en peu de temps, mais de manière très intense […]. La pression est de plus en plus importante sur le personnel".

"Contrairement au bâti, dans le milieu naturel, on ne recherche pas aujourd’hui les causes et donc ça ne permet pas de peaufiner la prévention et la planification de la prévention dans le temps" déplore le commandant des pompiers de la zone luxembourgeoise.

Stéphane Thiry a donc mouillé sa chemise. Il est parti dans le Var, en France, fin de l’année dernière, pour suivre une formation donnée par la RCCI, une formation intense se souvient-il. Il s’agissait d’analyser huit situations d’incendie par jour.

On s’est fixé comme objectif en 2027 d’au moins former deux équipes.

Son but est clair : créer un projet pilote dans sa zone. Depuis, il n’a pas chômé. Il a rallié des partenaires : la zone de police de Famenne-Ardenne, le Département wallon de la Nature et des Forêts (DNF). Il a également obtenu l’accord du procureur du roi en province de Luxembourg.

Deux, voire trois équipes suivront ses traces l’an prochain, dans le Var. "On s’est fixé comme objectif, en 2027, d’au moins former deux équipes (voire trois) ; donc ça veut dire policiers, pompiers et agents forestiers", s’enthousiasme le pompier. "Ces équipes entreraient vraiment dans cette phase pilote pour mettre tous les petits détails au point pour arriver d’ici deux, trois ans à avoir une démarche qui est solide et qui peut déjà porter ses fruits".

Le projet pilote prévoit aussi une base de données calquée sur celle de la cellule française. Elle recenserait les données météo (température, taux d’humidité, vitesse du vent), la superficie calcinée, l’origine présumée, le type de relief.

Si Stéphane Thiry défend ce projet si ardemment, c’est que, pour lui, la mise en place d’une cellule RCCI a deux atouts majeurs.

Le premier concernerait une prévention plus précise et efficace : "Plus vous connaissez les causes réelles des incendies, plus vous allez pouvoir cibler vos campagnes de prévention, sur les causes, mais aussi dans le temps, puisqu’on va pouvoir choisir le bon moment pour faire telle ou telle campagne", plaide le commandant de zone.

L’autre aspect viserait les auteurs d’incendies volontaires. "C’est pour ça que la police est également présente. La cellule RCCI peut mettre en évidence des faits de type volontaire, criminel. Et donc à ce moment-là, c’est la justice qui va prendre le relais, ce qui va quand même supprimer une certaine impunité".

La version belge de la RCCI est ambitieuse : traquer les incendies en milieu naturel de manière méthodique, scientifique et systématique.

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