Ottawa prévoit 11,2 milliards sur 4 ans pour la lutte contre l’itinérance
Ottawa promet une collaboration avec les provinces et les territoires pour lutter contre l’itinérance, avec notamment une enveloppe de 11,2 milliards sur 4 ans, dans l’objectif d’« ouvrir la voie » pour mettre fin à l’itinérance d’ici 10 ans. Le gouvernement du Québec s’attend à ce que les sommes soient versées « sans condition ».
« Nous allons travailler avec les provinces, les territoires et les partenaires autochtones pour relier le logement aux services de santé mentale, de traitement des dépendances et de soins communautaires », a déclaré le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, lors du dépôt du nouveau budget fédéral.
Dans cette optique, le gouvernement de Mark Carney accordera 11,2 milliards de dollars sur quatre ans, à compter de 2027-2028, et 17,8 millions de dollars par année par la suite. Ces sommes serviront à financer la construction de logements de transition et de logements permanents, des installations pour les soins, et des mesures de soutien à l’emploi, à la formation et au revenu. Une partie de cette enveloppe sera octroyée par l’entremise de Maisons Canada.
À travers le budget 2026, Ottawa dit proposer un « partenariat renouvelé » aux provinces et aux territoires. Puisque le financement de services psychosociaux relève normalement du provincial, des sommes devront être négociées avec le Québec et les autres provinces.
Le nouveau budget prévoit aussi le renouvellement pour 10 ans de l’initiative Vers un chez-soi, du Programme de lutte contre l’itinérance chez les vétérans et de l’Allocation canadienne pour le logement.
Le nombre de Canadiens en situation d’itinérance est estimé à 65 000, souligne le gouvernement de Mark Carney. Au Québec, plus de 12 000 personnes vivaient dans la rue en avril 2026, selon les plus récentes données du gouvernement.
Une « approche globale » à préserver
« Le Québec prend note de la contribution du gouvernement fédéral à la lutte contre l’itinérance. Le gouvernement du Québec s’assurera que les sommes annoncées sont versées rapidement, sans condition et dans le respect des compétences du Québec », a réagi le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, par voie de communiqué.
La lutte contre l’itinérance est l’une des priorités du nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon. Deux jours après la formation de son Conseil des ministres, le premier ministre a annoncé un investissement d’urgence de 28 millions de dollars voué à créer 1000 places supplémentaires en halte-chaleur.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a dit ressentir de l’« espoir » après le dépôt du nouveau budget fédéral. « J’ai espoir que cette prise de volonté politique qui est partagée va faire qu’on va avancer plus rapidement [pour lutter contre l’itinérance] », a-t-elle dit en mêlée de presse jeudi en fin de journée. « L’idée, c’est qu’il faut que les programmes aient de la flexibilité pour qu’on soit agile dans différents modèles qu’on va vouloir essayer », a ajouté la mairesse.
« Il y a une approche globale à préserver », souligne Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qualifiant ces sommes d’« importantes ». « Pour nous, ce qui va demeurer essentiel, c’est que ces orientations-là et les modalités de déploiement de ces financements qui vont venir soient dans le respect d’une approche globale et de notre politique nationale de la lutte contre l’itinérance. »
Même son de cloche pour Eric Edström, porte-parole du Réseau solidarité itinérance du Québec. « Il va falloir garder une certaine vigilance, à savoir cet argent-là, comment est-ce qu’il va être distribué pour le respect de l’approche globale, des spécificités des provinces », a-t-il déclaré en entrevue avec Le Devoir, notant aussi les besoin particuliers en région.
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