Prestation de serment des députés libéraux | La « reconstruction » n’est pas terminée

(Québec) Malgré une députation qui a doublé, la « reconstruction » du Parti libéral du Québec (PLQ) n’est pas terminée, prévient Charles Milliard. En contexte minoritaire, il se place comme le « gouvernement en attente » et tend déjà la main aux électeurs francophones « sceptiques ».
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« On a raison d’être fiers, mais cette fierté doit s’accompagner d’une bonne dose de lucidité et d’humilité. […] Il reste beaucoup de Québécois dont nous devons regagner la confiance », a déclaré lundi le nouveau chef de l’opposition officielle lors de la prestation de serment des députés libéraux au Salon rouge.
Les 39 nouveaux élus du PLQ (un recomptage a cours dans la circonscription de Vachon) ont tous prêté serment au peuple du Québec et à sa constitution, écartant du même coup le serment au roi. Près de la moitié d’entre eux ont lu leur serment en français et en anglais, certains s’appuyant sur la Bible.
Dans son discours, M. Milliard s’est adressé directement aux francophones qui boudent toujours son parti.
« Je sais que plusieurs d’entre vous demeurent sceptiques à notre endroit. Je sais que nous devrons faire plus pour retrouver votre confiance et je n’ai pas l’intention de vous demander de me croire sur parole », a-t-il dit.
« Je vous tends la main. Donnons-nous le temps d’apprendre à mieux se connaître [et] à mieux se comprendre », a-t-il plaidé.
L’ancien premier ministre Jean Charest, dont le fils Antoine Dionne Charest a été assermenté député de la circonscription de Verdun, a aussi admis « que le Parti libéral du Québec est toujours en construction ».
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Antoine Dionne Charest
« Il faut gagner la confiance dans les régions du Québec où on n’a pas connu le succès espéré chez les francophones en particulier. Ce travail-là commence dès aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Un « gouvernement en attente »
Si Charles Milliard accepte la main tendue du premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon, il pose déjà ses conditions : « Nous ne marchanderons jamais nos valeurs. »
« Lorsqu’une proposition du gouvernement ira à l’encontre de nos convictions, nous le dirons clairement et nous exercerons pleinement nos responsabilités », a-t-il dit.
Pour régler des crises, le gouvernement trouvera en nous un partenaire fiable et ouvert. Mais pour créer des crises de toutes pièces, il trouvera en nous un adversaire coriace.
En mêlée de presse, Charles Milliard s’est dit « intraitable » sur les questions de l’immigration, de l’assainissement des finances publiques et contre l’organisation d’un référendum.
« La tenue d’un référendum, on va s’opposer à ça de toutes les façons possibles. On se rappelle que c’est l’article 1 du gouvernement minoritaire actuel », a-t-il asséné.
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Le chef libéral lors de son discours.
À Paul St-Pierre Plamondon qui a utilisé le symbole du lys qui fleurit pour illustrer le « destin d’un peuple » vers son indépendance, Charles Milliard répond que « nous sommes fiers d’arborer le lys et nous le trouvons tout aussi éclatant aux côtés de la feuille d’érable ».
Signe que la collaboration sera fragile entre les rouges et les bleus, le député péquiste Pascal Bérubé s’en est pris sur X aux « convictions » des libéraux en matière de français.
« Il est étonnant que près de la moitié des membres de son caucus ont fait le choix de faire leur premier geste solennel à l’Assemblée nationale, soit leur serment au peuple québécois en bilingue », a-t-il ironisé. Mais Charles Milliard n’y « voit pas de problème ».
Le chef libéral a aussi lancé une pointe aux conservateurs d’Éric Duhaime, en promettant « plus de science [et] moins de raccourci intellectuel » au Parlement. Il faisait à ce moment-là référence aux propos de la députée Maïté Blanchette Vézina au Devoir, qui a promis de « brasser la cage », y compris celle de la science.
Message au caucus
À ses députés, dont 23 d’entre eux font leurs premières armes, Charles Milliard leur a servi un avertissement : ils devront jouer en équipe.
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Les députés du Parti libéral du Québec
« Il viendra des moments où on va devoir faire des choix. Accepter de ne pas avoir le dernier mot et faire passer l’intérêt de l’équipe avant nos préférences personnelles. Cette exigence-là, elle vaut pour moi, mais elle vaut aussi pour chacun d’entre vous », a-t-il dit.
D’ailleurs, il confie à Madwa-Nika Cadet le rôle de whip en chef – sorte de préfet de discipline – et à la vétérane Filomena Rotiroti la présidence du caucus. Il nomme son homme de confiance, André Fortin, dans le siège stratégique de leader parlementaire. Il sera appuyé de la seule élue libérale à Québec, Julie White.
Autres changements, Pascal D’Astous devient son chef de cabinet en remplacement de Marie-Pier Richard, qui hérite du rôle de directrice de cabinet adjointe et responsable du cabinet de Montréal.
Futur président ?
Paul St-Pierre Plamondon prévoit ouvrir la nouvelle législature une semaine plus tard que prévu, le 24 novembre. D’ici là, une question fera l’objet de négociations entre les partis : qui sera nommé président de l’Assemblée nationale ?
Charles Milliard a déjà prévenu que les élus libéraux ne seront pas candidats à ce poste. Le député de Viau, Frantz Benjamin, qui était troisième vice-président avant les élections, n’est pas déçu du choix de son chef.
« L’orientation du Parti libéral est très claire. Je suivrai les orientations de mon chef », a-t-il dit.
Québec solidaire assermentera ses députés mardi et le Parti conservateur jeudi. Pour sa part, le premier ministre désigné dévoilera son Conseil des ministres mercredi.
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