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Wednesday, September 30, 2026

Campement Notre-Dame | Le nombre de tentes explose

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Malgré le froid qui commence déjà à s’installer, le nombre de tentes du plus gros campement de personnes itinérantes de Montréal, rue Notre-Dame, a atteint un sommet depuis quelques semaines, selon des chiffres obtenus par La Presse.

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L’organisme communautaire L’Anonyme, qui offre plusieurs services sur place dans sa halte-répit, en dénombre près de 200, un peu plus ou un peu moins selon les journées. C’est 100 de plus qu’au printemps ; 50 de plus qu’au pic de l’été dernier. Un décompte de La Presse le 17 septembre en a révélé quelque 190.

Certains des nouveaux venus dans ce qu’on appelle familièrement « la friche », une longue bande gazonnée de 3,6 kilomètres de long qui borde la rue Notre-Dame dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, sont dans la rue depuis peu. Plusieurs arrivent de refuges ou d’autres campements, observent les intervenants de L’Anonyme.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Une roulotte de l’organisme L’Anonyme fait partie des ressources offertes aux personnes installées dans le campement de la rue Notre-Dame.

« Il y a des gens [qui viennent] de partout dans la ville. C’est de plus en plus vu [par les gens de la rue] comme un endroit où aller. Tant qu’à piquer ta tente, tu vas avoir des services », dit le directeur général de l’organisme, Julien Montreuil. Outre la roulotte de L’Anonyme, plusieurs refuges sont situés à quelques minutes de marche. Cela cause un effet boule de neige, note M. Montreuil : plus les ressources sont nombreuses, plus il y a de gens qui s’installent ici pour en bénéficier. « On a une halte avec 15 places et une toilette. Ça n’a pas de sens. On n’est pas en mesure d’aider [tout le monde]. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

Le directeur général de l’organisme L’Anonyme, Julien Montreuil

Le campement Notre-Dame revient ponctuellement dans l’actualité. En mai, la Ville de Montréal avait annoncé que des « mesures spécifiques » seraient adoptées. En septembre, un bébé y a été retrouvé avec sa mère intoxiquée. La mairesse Soraya Martinez Ferrada avait alors dit vouloir « plus de pouvoir d’agir » et être « en train de regarder toutes les options, même légales, pour voir ce [qu’elle peut] faire de plus ». Ça n’a pas empêché le campement de grossir.

« Plus de chicanes »

François Beaucage fait partie des nouveaux arrivants. Il a planté sa tente il y a dix jours, après avoir passé un an dans un refuge du quartier et l’été dans un campement installé dans un parc tout près. Le campement a été démantelé. Il s’est installé sur la friche, où il avait déjà passé quelques mois en 2019. « Le plus dérangeant, c’est le bruit des voitures. Si c’était la mer, ça serait mieux », lance à la blague l’homme de 52 ans.

M. Beaucage est un gars d’Hochelaga. Il veut rester dans son quartier. Il connaît quelques personnes qui vivent en bordure de Notre-Dame. Il compte sur les organismes locaux pour se procurer certains biens et apprécie la proximité d’une épicerie vendant des repas chauds. « Si j’ai besoin d’aide, j’ai du monde », dit-il.

Il espère trouver une autre solution d’ici décembre, mais s’il le faut, il est équipé pour passer l’hiver dehors. Il nous montre les couvertures rouges qui recouvrent le sol d’une de ses deux tentes – il dort dans la petite – et les bougies qu’il utilise pour se tenir au chaud la nuit.

Dans le campement, la hausse de population se fait sentir. « Il y a plus de chicanes, plus de vols », raconte Nicolas Moïse, qui vit depuis deux ans à l’extrémité est de la friche.

M. Moïse a eu le temps de s’installer de manière relativement confortable. De grandes bâches abritent un salon et une cuisine, où il dispose des condiments nécessaires pour se faire à manger – mayonnaise, ketchup, moutarde. Il a même planté une petite clôture autour du terrain qu’il occupe. « On était juste trois dans ce coin. On est rendus quoi, sept, huit », dit-il en pointant d’autres tentes.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Un décompte de La Presse le 17 septembre a révélé qu’il y avait quelque 190 tentes dans le campement de la rue Notre-Dame.

La situation exacerbe aussi les enjeux de cohabitation avec les autres résidants, comme en témoigne la hausse des signalements à la ligne 311 de la Ville de Montréal, qui recueille les plaintes des citoyens. Selon un reportage publié dans Le Journal de Montréal à la fin de septembre, on compte plus de 100 requêtes concernant le campement Notre-Dame depuis le début de l’année, contre 60 pour l’ensemble de 2024.

Carolina Ciliberto habite dans un appartement situé directement en face de la friche. Dans sa cour, tout son mobilier de jardin est enchaîné au sol. « L’autre soir, ça criait à tue-tête. J’ai traversé et je suis allée leur dire que c’était assez. Ils ont arrêté », raconte-t-elle. Malgré les inconvénients, Mme Ciliberto demeure nuancée. Elle promène régulièrement son chien dans le secteur sans incident et elle n’a pas peur de sortir. « Ces gens-là, il faut bien qu’ils vivent quelque part, dit-elle. Quand ils dépassent les limites, je ne me gêne pas pour leur dire. »

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