France : les cours suspendus lundi dans « 400 à 500 » lycées, débat sur les violences

Par mesure de sécurité, les cours seront « totalement ou partiellement » suspendus dans 400 à 500 lycées lundi en France, à la veille d'une nouvelle journée de blocages redoutée par le gouvernement, qui se défend de faire un usage disproportionné de la force.
Parti mi-septembre d'un lycée de Créteil en région parisienne, le mouvement des lycéens – qui réclament notamment plus de moyens humains et financiers, et dénoncent les absences non remplacées de professeurs et le délabrement des bâtiments – s'est propagé à toute la France. La dernière semaine a été marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Des lycéens français brandissent des pancartes lors d'une manifestation organisée par les fonctionnaires pour réclamer de meilleures conditions de travail et davantage de moyens, à Paris, le 29 septembre 2026.
Photo : Reuters / Tom Nicholson
Façades incendiées, professeurs agressés : sur les 3700 lycées du pays, entre 400 et 500
ont dû suspendre leurs cours vendredi, parce que les conditions de sécurité matérielles n'étaient pas remplies
ou que des membres du personnel ont été directement visés
.
Il y en aura probablement autant lundi, mais avec une reprise partielle des cours
, a indiqué dimanche le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, en entrevue à France 2 et à France Inter.
Depuis les premiers blocages, 78 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés, [...] 24 établissements ont été incendiés ou saccagés
et, en incluant les dégradations de logements de fonction, la facture atteint probablement entre 20 et 30 millions d'euros (entre 32 et 48 millions de dollars canadiens
), a résumé le ministre.

Les lycéens dénoncent la dégradation de leurs conditions d'apprentissage.
Photo : Reuters / Abdul Saboor
Lycéens violentés
Invité dans une émission face au coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, le ministre a de nouveau accusé ce parti de gauche radicale d'avoir incité au blocage
et favorisé la flambée de violences.
Jeudi, les services du premier ministre, Sébastien Lecornu, avaient estimé que le mouvement basculait vers des violences urbaines
, y voyant une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche
.

Des agents de la police antiémeute font face à des élèves manifestants qui mènent une action de blocage devant l’école Le Corbusier, à Aubervilliers, au nord de Paris, le 1er octobre 2026.
Photo : Getty Images / LOU BENOIST / AFP
S'il y a quelqu'un qui est responsable de cette mobilisation, c'est vous! Parce que cette situation, c'est la conséquence de 10 années de politique macroniste, de 10 000 suppressions de postes d'enseignants, de refus de revalorisation du point d'indice des fonctionnaires
, a répliqué dimanche Manuel Bompard.
Ce dernier a aussi fustigé des interventions absolument disproportionnées des forces de l'ordre
. Quand vous avez un lycéen qui perd un œil
dans un tir de flashball, un autre qui prend une grenade lacrymogène dans les yeux
ou une jeune étudiante qui se fait étrangler pendant plusieurs minutes, votre devoir [...], c'est aussi d'apporter votre soutien à ces lycéens violentés
, a-t-il dit.
La semaine dernière, plusieurs organisations, dont le Syndicat de la magistrature (SDM), le syndicat CGT ou la Ligue des droits de l'Homme, avaient accusé le gouvernement et les forces de l'ordre de réprimer
la jeunesse avec des moyens disproportionnés
face à la grande vulnérabilité
des manifestants, essentiellement des enfants
, soulignait le SDM.
5000 interpellations

Des policiers français interpellent un manifestant.
Photo : Getty Images / RICHARD BOUHET
Les forces de l'ordre ne répriment pas la jeunesse
, mais protègent
élèves et étudiants désireux de porter pacifiquement leurs revendications
, a répondu dimanche le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, déplorant des accusations graves et sans fondement
.
Depuis lundi, les autorités ont dénombré, en marge du mouvement, plus de 5000 interpellations – 1700 pour la seule journée de vendredi –, dont environ 85 % de mineurs.
Un adolescent de 16 ans a été interpellé à la suite de l'agression d'un enseignant à La Ciotat (sud), aspergé d'essence. Un autre, âgé de 15 ans, soupçonné d'avoir actionné un vaporisateur enflammé sur le visage d'une passante à Marseille (sud), a dû se présenter au tribunal en vue de sa mise en examen pour acte de barbarie
.
Deux personnes ont aussi été placées en garde à vue à Belfort (est) pour avoir participé au tabassage d'un policier. Une de ces personnes a toutefois elle-même déposé une plainte pour tentative de meurtre
, a annoncé dimanche son avocat.
Un acte III
des lycéens est prévu mardi.
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