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Monday, October 26, 2026

Construction | Un entrepreneur perd sa licence pour « extrême négligence »

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Un important promoteur immobilier de Montréal vient de perdre sa licence de construction après avoir « enfreint à répétition toutes les lois qui régissent l’industrie », selon la Régie du bâtiment du Québec (RBQ).

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Swimko gérait parmi les « pires chantiers » jamais visités par un inspecteur du travail de carrière, avec un incendie, des effondrements et des milliers de dollars d’amendes à la clé.

Un témoin a même suggéré au tribunal que le représentant de l’entreprise a volontairement orchestré la chute d’une façade centenaire d’Outremont, en 2024, qui devait pourtant être préservée et intégrée à une nouvelle construction.

« Les chantiers de Swimko sont chaotiques, la gestion des chantiers est déficiente et il existe un manque de coordination, d’encadrement et de surveillance », a tranché la Régie, la semaine dernière. « Non seulement Swimko enfreint les lois, mais elle ne corrige pas les manquements qui lui sont reprochés et les reproduit à répétition. Ce comportement s’explique par une extrême négligence et une insouciance déréglée. »

Swimko a construit ou fait construire plusieurs centaines de condos et de maisons dans les dernières années, à Montréal et dans la couronne nord.

L’entreprise, qui agit à la fois comme promoteur et entrepreneur général, appartient à l’homme d’affaires Berish Schwimmer. Swimko est notamment derrière une tour de 22 étages dans Griffintown, quatre immeubles sur l’avenue Van Horne et un gratte-ciel en cours de construction en plein centre-ville de Montréal, le 1050, de la Montagne.

En entrevue avec La Presse, M. Schwimmer nie complètement la version des faits retenue par le tribunal administratif. Il plaide qu’il avait renoncé à la licence de construction de Swimko avant l’audience et n’avait donc « aucune raison » d’y défendre son point de vue. Son avocate n’aurait pas assisté aux échanges.

« Nous n’avons rien contesté, nous n’avons admis aucune faute, a fait valoir M. Schwimmer. Nous n’étions pas présents à cette audience. »

« Ce sont de très beaux bâtiments, nous respectons les lois, ils ont été construits correctement. Nous avons une opinion différente » de celle de la RBQ, dit-il.

« Manque de compétence et de probité »

Ce n’est pas l’opinion de la Régie du bâtiment.

Dans sa décision de 50 pages, la régisseuse Martine Brodeur décrit une pléthore de problèmes sur les chantiers de Swimko. La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), la Commission de la construction du Québec (CCQ) et la RBQ ont déposé des centaines de pages de rapports accablants pour l’entreprise.

Les organismes publics y évoquent notamment de mauvais branchements électriques qui causent un incendie, une charpente de toit qui s’effondre en faisant un blessé ainsi que des employés de sous-traitants payés au noir et sans cartes de compétence. L’entreprise viole certains ordres d’arrêt de travaux prononcés pour assurer la sécurité des ouvriers. Swimko a aussi été expulsée du programme de Garantie de construction résidentielle (GCR) en 2024, obligatoire pour livrer des habitations neuves.

« La preuve ne laisse aucun doute quant au manque de compétence et de probité de Swimko et de son dirigeant, M. Schwimmer », estime la régisseuse Brodeur. Elle cite aussi le témoignage d’un sous-traitant de l’entreprise, qui assure qu’un représentant de Swimko a ordonné à ses employés de couper et de retirer la structure qui soutenait la façade patrimoniale du 1110, avenue Van Horne à Outremont, puis de quitter « immédiatement les lieux ».

Le mur – dont la Ville exigeait le maintien dans un projet immobilier – s’est effondré le 12 février 2024. Lorsqu’un inspecteur du travail s’est présenté sur les lieux, un représentant de Swimko l’a traité de « clown » et ses ordonnances d’arrêt de travail ont été violées, toujours selon la décision.

Cette version de l’histoire est « 100 % fausse », assure Berish Schwimmer en entrevue. « Le sous-traitant sur le chantier a fait une erreur et a coupé les poteaux. Nous avions investi environ 200 000 $ pour soutenir une façade. Pourquoi aurions-nous causé son effondrement ? »

Une autre entreprise visée

La décision de la Régie du bâtiment portait aussi sur l’entreprise A.T. Construction, fondée par un ancien contremaître de Swimko et qui avait pris son relais sur plusieurs projets – dont la tour du 1050, de la Montagne. La RBQ a jugé que son fondateur était impliqué dans les fautes de Swimko et lui a donc aussi retiré sa licence.

Dans la décision de la RBQ, « il y a de fausses informations, il y a de la manipulation des mots, de la manipulation des faits », a réagi son propriétaire, Alex Torosian, par la voix de son avocat. Il a fait valoir que l’entreprise avait un historique vierge avec les organisations de contrôle de l’industrie de la construction. « La décision qui a été rendue le 19 octobre va être contestée. »

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