Rue Berri à Montréal | Un sens unique envisagé vers le nord, et plus de verdure

La rue Berri a beau être éventrée depuis neuf mois au centre-ville, Montréal n’a pas encore décidé comment elle compte reconstruire ce secteur mal aimé. Trois scénarios sont toutefois à l’étude, dont une transformation importante de l’artère, qui serait mise en sens unique vers le nord au profit de trottoirs plus larges et davantage de verdissement, a appris La Presse.
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Des ébauches préliminaires de cette future rue Berri, entre Sainte-Catherine et Ontario, ont été présentées à l’administration de Soraya Martinez Ferrada, le 13 octobre dernier, lors d’une rencontre avec le Service de l’urbanisme et de la mobilité (SUM).
Le premier scénario conserverait une voie automobile par direction, avec des espaces de stationnement des deux côtés. La piste cyclable bidirectionnelle serait élargie de 5 mètres du côté ouest. Les trottoirs seraient aussi agrandis, mais jusqu’à 45 cases pour se garer seraient conservées pour les automobilistes.
Quant au deuxième scénario, ce serait un copier-coller du premier, mais sans stationnement du côté ouest. Résultat : il y aurait une plus grande séparation entre la piste cyclable et la chaussée, mais environ 20 espaces de stationnement devraient être retranchés.
C’est le troisième scénario qui propose une refonte plus importante, alors que la rue Berri deviendrait à sens unique vers le nord. La mesure permettrait d’offrir plus d’espace aux piétons avec l’élargissement du trottoir de presque 5 mètres du côté ouest. Jusqu’à quatre rangées d’arbres seraient plantées et de la verdure serait ajoutée à plusieurs espaces publics.
En contrepartie, ce scénario aurait pour effet de rediriger la circulation. Les autocars n’auraient alors accès à la gare qu’en provenance du sud. Là encore, une vingtaine d’espaces de stationnement seraient retirés.
Tous les scénarios incluent des pistes cyclables bidirectionnelles, qui regroupent les deux sens sur le même côté de la chaussée. Autrement dit, le scénario avec une piste cyclable unidirectionnelle de chaque côté ne serait plus à l’étude, notamment pour éviter la traversée devant la gare d’autocars qui fait craindre des accidents.
Des contraintes… et des craintes
En juillet, en annonçant son intention de revoir le projet d’aménagement, la mairesse Martinez Ferrada avait indiqué que son administration envisageait d’asphalter temporairement la rue, d’ici la livraison d’un site permanent et définitif. À ce moment, elle n’était toutefois pas en mesure d’indiquer combien tout cela coûterait aux Montréalais.
Mais en coulisses, certains craignent que cette volonté de la mairesse fasse en sorte que des travaux déjà en cours soient faits inutilement. On appréhende par exemple que des bases de lampadaires soient installées, pour ensuite être retirées, ou que des puisards doivent être déplacés. Des spécialistes estiment même que la situation pourrait entraîner des dépassements de coûts de plus de 15 millions, en plus de retarder l’échéancier pour deux années supplémentaires.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada
Plusieurs contraintes se posent. D’abord, le tunnel du métro passe directement sous l’axe de la rue, parfois à aussi peu que 60 centimètres de la surface, près de la rue Ontario. La plantation d’arbres au-dessus du tunnel doit encore être vérifiée avec la Société de transport de Montréal (STM).
Le cabinet de la mairesse n’a pas émis de commentaire. Jusqu’en 2028 minimalement, la rue Berri sera lourdement entravée en raison de travaux sous la station de métro Berri-UQAM. Une fois ce chantier terminé, la piste Berri, l’une des plus utilisées de la métropole, doit en principe être restaurée. Un détour a pour l’instant été aménagé dans la rue Atateken, mais il est loin de faire l’unanimité.
Dans sa forme actuelle, la réfection de la rue Berri est évaluée à 65 millions et les travaux, menés de concert avec la Société de transport de Montréal (STM), sont en cours depuis janvier.
Le tout doit s’échelonner jusqu’en novembre 2028, avec d’abord la réfection de la membrane d’étanchéité du tunnel du métro, puis les travaux d’infrastructure et de voirie et, enfin, l’aménagement au niveau du sol. Ce n’est qu’à ce moment que la révision de la Ville entrerait véritablement en jeu.
Pour l’heure, aucune mesure concrète de sécurisation des intersections n’a encore été présentée, mais la Ville envisagerait des zones d’attente pour vélos et des phases de feux protégées. La sécurisation des intersections était l’une des mesures phares du Bureau du coroner quand, en juillet 2021, Robert LeBlanc est mort au coin des rues Berri et Ontario alors qu’il circulait en BIXI. Il se serait avancé alors que le feu en direction opposée virait au jaune, et un cycliste qui descendait la côte Berri l’aurait percuté de plein fouet.
Des rencontres doivent encore se tenir, après quoi une recommandation sera faite aux élus d’ici la fin de l’année, voire au début de 2027. La solution pourrait ultimement combiner des éléments des trois scénarios. Des études de circulation seront aussi nécessaires pour mieux comprendre l’effet sur les axes Saint-Denis, Saint-Hubert et les rues locales.
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